‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 212 sur 280 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

à son tour par les cohortes de la treizième, qui sorties, du petit camp avaient pris position dans un endroit plus élevé avec le lieutenant T. Sextius. Les légions, en arrivant à la plaine, s'arrétérent et attendirent l'ennemi de pied ferme. Vercingétorix ramena ses troupes du bas de la colline dans les retranchements. Dans cette journée, notre perte fut à peu prés de sept cents hommes.

LH. Le lendemain, César convoque ses troupes, et reproche aux soldats leur imprudence et leur cupidité : « c'est d'eux-mémes qu'ils ont décidé jusqu'où il fallait aller, et jugé de ce qu'il fallait faire; ils ne se sont point arrétés quand on a donné le signal de la retraite; les tribuns et les lieutenants n'ont pu les retenir. » 1l leur montre à quels périls on s'expose dans une mauvaise position ; il rappelle ce qu'il a fait à Avaricum, lorsque aprés avoie surpris l'ennemi sans chefs et sans cavalerie, il a laissé échapper une victoire assurée plutót que de s'exposer méme à des pertes légéres, en combattant sur un terrain défavorable. « Autant il faisait cas de leur courage, dont l'élan n'avait été arrêté ni par les retranchements des camps, ni par la hauteur de la montagne, ni par les murs

stiterat. Hanc rursus xij legionis cohortes exceperunt, quz, ex castris minoribus educta, cum T. Sextio legato ceperant locum superiorem. Legiones, ubi primum planitiem attigerunt, infestis contra hostes signis constiterunt. Vercingetorix ab radicibus collis suos intra munitiones reduxit. Eo die milites sunt paullo minus pcc desiderati.

LII. Postero die Cæsar, concione advocata, temeritatem cupiditatemque militum reprehendit, «quod sibi ipsi judicavissent quo procedendum, aut quid agendum videretur, neque signo recipiendi dato constitissent, neque ab tribunis militum legatisque retineri potuissent : » exposito quid iniquitas loci posset, quid ipse ad Avaricum sensisset, quum, sine duce et sine equitatu deprehensis hostibus, exploratam victoriam dimisisset, ne parvum modo detrimentum in contentione propter iniquitatem loci accideret. «Quanto opere eorum animi magnitudinem admiraretur, quos non oastrorum munitiones, non altitudo montis, non murus

, de la ville, autant il blámait leur indiscipline ct leur pré. somption, parce qu'ils avaient cru juger mieux que le général de ce qu'il fallait faire pour vaincre, et du résultat de la bataille; à ses yeux, la soumission et le sang-froid n'étaient pas moins nécessaires à un soldat que le courage et la grandeur d'áme. » |

LIII. C'est ainsi que parla César, et en terminant son discours il ranima le courage des soldats : « Cette affaire, leur dit-il, ne devait point les troubler, et il ne fallait point attribuer au courage de l'ennemi un échec causé par le désavantage de la position. » Il s’occupa ensuite du départ qu'il avait résolu d'avance, fit sortir les légions du camp, et les établit sur un terrain convenable. Vercingétorix descendit aussi dans la plaine, et César, après une escarmouche de cavalerie, où nos troupes eurent le dessus, ramena l'armée dans le camp. ll fit la méme chose le lendemain, et comme il croyait en avoir fait assez pour diminuer la forfanterie des Gaulois et relever le courage de ses soldats, il leva son camp pour se rendre chez les Éduens; l'ennemi ne le poursuivit pas; et le troisióme

* jour il rétablit le pont de l’Allier et y fit passer l'armée.

oppidi tardare potuisset; tanto opere licentiam arrogantiamque reprehendere, quod plus se, quam imperatorem, de victoria atque exitu rerum sentire existimarent : nec minus se- ab milite modestiam et continentiam, quam virtutem atque animi magnitudinem desiderare. » |

Lill. Hac habita concione et ad extremam orationem confirmatis militibus, «ne ob hanc causam animo permoverentur, neu, quod iniquitas loci attulisset, id virtuti hostium tribuereht , » eadem de profectione cogitans quz ante senserat, legiones ex castris eduxit, aciemque idoneo loco constituit. Quum Vercingetorix nihilo magis in equum locum descenderet, levi facto equestri prolio atque eo secundo, in castra exercitum reduxit. Quum hoc idem postero die fecisset, satis ad Gallicam ostentationem minuendam militumque animos confirmandos factum existimans, in Æduos movit castra. Ne tum quidem insecutis hostibus, tertio die ad flumen Elaver pontem reficit, eoque exercitum traduxit.

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