LIVRE VII
leurs villes et derrière leurs remparts. Les Allobroges placent le long du Rhóne des postes nombreux, et gardent leurs frontiéres avec un grand soin et une grande vigilance. César, sachant que l'ennemi était supérieur en cavalerie, et voyant toutes les routes fermées, ne pouvait obtenir aucun secours de la Province et de l'Italie, et il envoya des députés au delà du Rhin, en Germanie, vers les cités qu'il avait soumises l'année précédente ; il en tira des cavaliers et ces fantassins armés à la légére qui ont l'habitude de combattre dans leurs rangs. Comme ils n'avaient que de mauvais chevaux, il prit à leur arrivée ceux des tribuns et des autres officiers, et méme ceux des chevaliers romains et des vétérans, et il les leur distribua.
LXVI. Pendant que ces choses se passaient, les troupes envoyées par les Arvernes se rassemblérent, ainsi que les cavaliers demandés à toute la Gaule. Quand ces forces considérables furent réunies, et au moment où César se rendait chez les Séquanes, en traversant l'extrémité du pays des Lingons pour porter plus facilement secours à la Province, Vercingétorix, en trois journées de marche, vint s'établir à dix mille pas environ des Romains; aprés avoir réuni en conseil les commandants de la cavalerie, il leur
danum dispositis præsidiis, magna cum cura et diligentia suos fines tuentur. Cæsar, quod hostes equitatu superiores esse intelligebat, et interclusis omnibus itineribus, nulla re ex Provincia atque Italia sublevari poterat , trans Rhenum in Germaniam mittit ad eas civitates, quas superioribus annis pacaverat, equitesque ab his arcessit et levis armature pedites , qui inter eos proeliari consuerant. Eorum adventu, quod minus idoneis equis utebantur, a tribunis militum reliquisque, sed et equitibus Romanis atque evocatis, equos sumit Germanisque distribuit. |
LXVI. Interea dum hzc geruntur, hostium copiæ ex Arvernis, equitesque qui toti Gallie erant imperati, conveniunt. Magno horum coacto numero, quum Cesar in Sequanos per extremos Lingonum fines iter faceret , quo facilius subsidium Provinciz ferri posset, circiter millia passuum x ab Romanis trinis castris Vercingetorix consedit : convocatisque ad consilium præfectis equi-
montre que le jour de la victoire est arrivé : « les Romains fuient vers la Province et se retirent de la Gaule; cela lui suffit pour obtenir, quant à présent, la liberté ; mais c'est trop peu pour la paix et le repos de l'avenir, car ils reviendront aprés avoir réuni de plus grandes forces, et ils he cesseront point leurs attaques. ll faut donc tomber sur eux pendant les difficultés de la marche. Si l'infanterie s'arréte pour protéger leur retraite, les Romains ne pourront point faire la route ; s'ils abandonnent leurs bagages, ce qui lui parait plus probable, pour ne s'occuper que de leur salut, ils perdront tout à la fois les choses les plus nécessaires et leur dignité. Quant à leurs cavaliers, pas un seul d'entre eux n'osera seulement s'avancer en avant de leurs colonnes, on ne doit point en douter. Pour leur inspirer encore plus de confiance, il rangera toutes ses troupes en avant du camp, ce qui épouvantera l'ennemi. » Les cavaliers s'écrient que « chacun doit s'engager par les serments les plus sacrés à ne point se retirer sous son toit, à ne point approcher de ses enfants, de ses parents, de sa femme, avant d'avoir fait passer deux fois són cheval à travers les rangs de l'ennemi. » :
tum, venisse tempus victoriæ demonstrat: «fugere in Provinciam Romanos Galliaque excedere : id sibi ad præsentem obtinendam libertatem satis esse ; ad reliqui temporis pacem atque otium pa- . rum profici : majoribus enim coactis copiis reversuros, neque finem bellandi facturos. Proinde [in] agmine impeditos adoriantur. Si pedites suis auxilium ferant atque in eo morentur, iter facere non posse; si (id quod magis futurum confidat) relictis impedimentis, sux saluti consulant, et usu rerum necessariarum et dignitate spoliatum iri. Nam de equitibus hostium , quin nemo eorum progredi modo extra agmen audeat, et ipsos quidem non debere dubitare. Id quo majore faciant animo, copias se omnes pro castris habiturum et terrori hostibus futurum.» Conclamant equites, «sanctissimo jurejurando confirmare oportere, ne tecto recipiatur, ne ad liberos, ne ad parentes, [ne] ad uxorem aditum habeat, qui non bis per agmen hostium perequitasset. »