‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 244 sur 280 · LIVRE Vill · texte numérisé non relu

LIVRE Vill

. VII. Après avoir rassemblé ces troupes, il marche contre les Bellovaques , campe sur leurs frontières et envoie de tous cótés des détachements de cavalerie pour faire quelques prisonniers auprès desquels il püt se renseigner sur les projets de l'ennemi. Les cavaliers s'étant acquittés de leur mission , lui annoncérent qu'ils n'avaient trouvé dans les maisons qu'un petit nombre d'habitants, lesquels n'y étaient pas restés pour lahourer les terres, car sur tous les points la population s'était empressée d'émigrer, mais seulement pour faire le guet. César leur ayant demandé en quel lieu les Bellovaques se trouvaient réunis ct quel était leur dessein, ils répondirent que « tous ceux qui pouvaient porter les armes s'étaient rassemblés dans un seul et méme endroit, ainsi que les Ambianais, les Aulerques , les Calétes, les Vellocasses, les Atrébates, qui avaient placé leur camp sur un lieu élevé, dans une forét entourée de marécages; ils avaient transporté tous leurs bagages dans des bois situés plus loin. Plusieurs chefs avaient provoqué cette prise d'armes, mais la masse obéissait de préférence à Corrée, parce qu'elle connaissait sa haine profonde contre les Romains ; l'Atrébate Commius avait quitté le camp depuis quelques jours pour aller

VII. His copiis coactis, ad Bellovacos proficiscitur, castrisque in eorum finibus positis, equitum turmas dimittit in omnes partes ad aliquos excipiendos, ex quibus hostium consilia cognosceret. Equites officio functi renuntiant, paucos in zdiflcils esse inventos atque hos, non qui agrorum colendorum causa remansissent (namque esse undique diligenter demigratum), sed qui speculandi gratia essent remissi. À quibus quum quzreret Cesar, quo loco multitudo esset Bellovacorum, quodve esset consilium eorum, inveniebat « Bellovacos omnes, qui arma ferre possent, in unum Jocum convenisse; itemque Ambianos , Aulercos, Caletos, Vello-casses, Atrebatas locum castris excelsum, in silva circumdata palude, delegisse ; impedimenta omnia ín ulteriores silvas contulisse; complures esse principes belli auctores, sed multitudinem maxime Correo obtemperare, quod ei summo esse odio nomen populi Romani intellexissent; paucis ante diebus ex his castris

chercher dans la partie de la Germanie la plus rapprochée des secours qui devaient étre considérables. De concert avec tous les chefs, et d'aprés le désir ardent de l'armée, les Bellovaques avaient décjdé que dans le cas oü César, comme on le disait, arriverait avec trois légions seulement, ils lui présenteraient la bataille, dans la crainte d'étre forcés plus tard de combattre contre toutes les troupes dans des conditions plus difficiles et plus désavantageuses. Si César, au contraire, amenait des forces plus considérables, ils devaient rester dans la position qu'ils avaient choisie, et par une guerre d'embuscades empécher les Romains de se procurer des grains et d'autres vivres, ou des nourritures pour leurs chevaux, les fourrages étant peu abondants et ne se trouvant encore, à cause de la saison, que sur quelques points du pays. »

VIII. Informé de ces faits par un grand nombre de rapports qui s'accordaient tous entre eux, César jugea que le plan des barbares était plein de sagesse, et qu'ils étaient loin d'agir dans cette circonstance avec leur légéreté habituelle; il résolut donc d'employer tous les moyens pour leur faire mépriser ses forces et les engager à livrer bataille le plus tót possible, car il avait avec lui de vieilles

Atrebatem Commium discessisse ad auxilia Germanorum adducenda, quorum et vicinitas propinqua, et multitudo esset infinita : constituisse autem Bellovacos, omnium principum consensu, summa plebis cupiditate, si, ut diceretur, Caesar cum tribus legionibus veniret, offerre se ad dimicandum, ne miseriore ac duriore postea conditione cum toto exercitu decertare cogerentur: si majores copias adduceret, in eo loco permanere, quem delegissent ; pabulatione autem, quæ propter anni tempus quum exigua tum disjecta esset, et frumentatione et reliquo commeatu ex insidiis prohibere Romanos. »

VIII. Quæ Casar consentientibus pluribus quum cognovisset, atque ea, quæ proponerentur, consilia plena prudenti: longeque a temeritate barbarorum remota esse judicaret , omnibus rebus inserviendum statuit, quo celerius hostis, contempta suorum paucitate, prodiret in aciem : singularis enim virtutis veterrimas

Page 1