‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 36 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

des choses qui ne l’inquiètent nullement; car il sait que toutes les fois qu'une armée refuse d'obéir, c'est que les fautes du général ont causé quelque désastre, ou que, par des actes coupables, il a montré sa cupidité. Quant à lui César, sa vie entiére témoigne de son intégrité, et les guerres des Helvétes, de son heureuse fortune. C'est pourquoi, ce qu'il voulait ajourner à quelques jours, il va le faire tout de suite. La nuit suivante, à la quatriéme veille, il lévera son camp, afin de savoir au plus vite quel est le sentiment qui les domine, l'honneur et l'attachement au devoir, ou la frayeur. Si personne ne le suit, il n'en partira pas moins avec la dixième légion toute seule; elle a son entière confiance, et elle sera sa cohorte prétorienne. » César avait toujours eu pour cette légion des prévenances particulières, et il:se fiait entièrement à son courage. :

XLI. Ce discours changea d'une maniére extraordinaire la disposition des esprits; les soldats manifestérent un grand enthousiasme et le plus vif désir de marcher à l'ennemi. La dixiéme légion le fit remercier aussitót par les tribuns militaires de la bonne opinion qu'il avait exprimée sur son compte, et elle l'assura qu'elle était prête à

innocentiam perpetua vita, felicitatem Helvetiorum bello esse perspectam. Itaque se, quod in longiorem diem collaturus fuisset, repræsentaturum, et proxima nocte de quarta vigilia castra moturum, ut quam primum intelligere posset, utrum apud eos pudor atque officium , an timor valeret. Quodsi preterea nemo sequatur, tamen se cum sola decima legione iturum, de qua non dubitaret, sibique eam prætoriam cohortem futuram.» Huic legioni Cæsar et indulserat precipue, et propter virtutem confidebat maxime.

XLI. Hac oratione habita, mirum in modum converse sunt omnium mentes, summaque alacritas et cupiditas belli gerendi innata est; princepsque decima legio per tribunos militum ei gratias egit , quod de se optimum judicium fecisset , seque esse ad bellum gerendum paratissimam confirmavit. Deinde relique legiones cum tribunis militum et primorum ordinum centurio-

entrer en campagne. Ensuite les autres légions s'empressérent d'exprimer leurs regrets à César, par l'intermédiaire des tribuns et des centurions des premiéres compagnies : « elles n'avaient ni hésité, ni tremblé ; elies n'avaient jamais cru qu'il leur appartint de juger de la conduite de la guerre, car c'était le droit du général. » Il accepta leurs excuses, s'informa du chemin qu'il fallait suivre auprés de Divitiac, celui de tous les Gaulois auquel il accordait le plus de confiance, et partit, comme il l'avait dit, à la quatrième veille, én faisant un détour de cinquante milles, afin de conduire son armée à travers un pays découvert. Le septiéme jour, il était encore en marche, quand il apprit par les éclaireurs que les [troupes d'Arioviste se trouvaient à la distance de vingt mille pas.

XLII. Informé de l'approche de César, Arioviste lui envoie des ambassadeurs : « l'entrevue qui lui a été demandée, il peut l'accepter maintenant, car César s'est rapproché de lui ; et il pense qu'il ne courra aucun danger. » César accueillit cette proposition. Il pensait que le Germain était revenu à de meilleures idées, puisqu'il offrait spontanément ce qu'il avait refusé d'abord; et les bienfaits si

nibus egerunt, uti Cæsari satisfacerent : «se nec unquam dubitasse, neque timuisse, neque de summa belli suum judicium, sed imperatoris esse existimavisse. » Eorum satisfactione accepta et itinere exquisito per Divitiacum , quod ex aliis ei maximam fidem habebat, ut millium amplius quinquaginta circuitu Iocis apertis exercitum duceret, de quarta vigilia, ut dixerat, profectus est. Septimo die, quum iter non intermitteret, ab exploratoribus certior factus est Ariovisti copias a nostris millibus passuum quatuor et viginti abesse.

XLII. Cognito Czsaris adventu, Ariovistus legatos ad eum mittit: «quod antea de colloquio postulasset, id per se fieri licere, quoniam propius accessisset ; seque id sine periculo facere posse existimare. » Non respuit conditionem Cesar, jamque eum ad sanitatem reverti arbitrabatur, quum id, quod antea petenti denegasset , ultro polliceretur ; magnamque in spem veniebat pro

ipw C

Page 1