‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 89 sur 280 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

et méme les hommes d'un âge mûr qui avaient quelque résolution ou quelque importance, s'étaient réunis sur ce point, et y avaient rassemblé tous les navires qui se trouvaient dans le pays. Aprés les avoir perdus ils n'en avaient plus en réserve pour se retirer, ou pour défendre leurs places. Ils se rendirent donc à César avec tout ce qu'ils possédaient. César décida qu'ils seraient traités avec uno rigueur extréme, afin que les ambassadeurs fussent à l'avenir plus respectés par les barbares. Il fit mettre à mort tout le sénat, et vendit les autres à l'encan *.

XVII. Tandis que: ces événements se passaient chez les Vénétes, Quintus Titurius Sabinus, avec les troupes que César lui avait envoyées, arriva sur les frontières de Unelles. Ce peuple était commandé par Viridovix qui exerçait en méme temps un empire absolu sur toutes les cités soulevées contre nous, et chez lesquelles il avait levé une armée trés-nombreuse. Peu de jours aprés [l'arrivée de Sabinus], les Aulerques Éburoviques ?, et les Lexoves, aprés avoir tué leurs sénateurs, parce qu'ils ne voulaient point déclarer la guerre, fermérent leurs portes ** et se réunirent à Viridovix ; de plus, une foule d'hommes perdus et de voleurs, etatis, in quibus aliquid consilii aut dignitatis fuit, eo convenerant, tum navium quod ubique fuerat, in unum locum coegerant ; quibus amissis reliqui neque quo se reciperent, neque quemadmodum oppida defenderent, habebant. Itaque se suaque omnia Cæsari dediderunt. In quos eo gravius Cæsar vindicandum statuit, quo diligentius in reliquum tempus a barbaris jus legatorum conservaretur. Itaque omni senatu necato, reliquos sub corona vendidit.

—. XVII. Dum hec in Venetis geruntur, Quintus Titurius Sabinus cum bis copiis, quas a Cesare acceperat, in fines Unellorum pervenit. His præerat Viridovix ac summam imperii tenebat earum omnium civitatum, quz defecerant, ex quibus exercitum magnasque copias coegerat. Atque his paucis diebus Aulerci Eburovices, Lexoviique, senatu suo interfecto, quod auctores belli esse nolebant, portas clauserunt seque cum Viridovice conjunxerunt ; magnaque preterea multitudo undique ex Gallia perditorum ho-

que l'espoir du pillage et le désir de guerroyer éloignait du travail des champs et de leurs occupations journaliéres, se réunirent de tous cótés. Sabinus se tenait renfermé avec toutes ses troupes dans un camp qui réunissait tous les avantages, tandis que Viridovix qui avait pris position en face de lui à deux mille pas environ de distance, lui donnait tous les jours l’occasion de combattre en déployant son armée en ligne; le général romain, par son inaction, se faisait non-seulement mépriser de l'ennemi, mais encore railler par ses propres soldats; et les Gaulois le croyaient tellement effrayé qu'ils avaient l'audace de s'approcher au pied des retranchements. Sabinus agissait ainsi dans l'idée qu'un lieutenant ne devait combattre contre une si grande multitude d'ennemis, surtout quand le général en chef était absent, qu'avec l'avantage de la position, ou lorsqu'il se présentait une occasion favorable.

XVIII. Sabinus ayant confirmé lesennemis dans l'idéequ'il avait peur, choisit parmi ses auxiliaires gaulois un homme intelligent et rusé. Il le décide en lui promettant de grandes récompenses à se rendre auprés de l'ennemi, et il lui dit ce qu'il doit faire. Celui-ci passe dans le camp des Unelles,

minum latronumque convenerat, quos spes prædandi studiumque bellandi ab agricultura et quotidiano labore revocabat. Sabinus idoneo omnibus rebus loco castris se tenebat, quum Viridovix contra eum duum millium spatio consedisset , quotidieque productis copiis pugnandi potestatem faceret, ut jam non solum hostibus in contemptionem Sabinus veniret, sed etiam nostrorum militum vocibus nonnihil carperetur; tantanique opinionem timoris prebuit, ut jam ad vallum castrorum hostes accedere auderent. Id ea de causa faciebat, quod cum tanta multitudine hostium, presertim eo absente, qui summam imperii teneret , nisi æquo loco aut opportunitate aliqua data legato dimicandum non existimabat.

XVIII. Hzc confirmata opinione timoris idoneum node hominem et callidum delegit , Gallum , ex his quos auxilii causa secum habebat. Huic magnis præmiis pollicitationibusque persuadet, uti ad hostes transeat, et quid fieri velit, edocet. Qui ubi pro per-

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