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Pour faire des routes, comme on l'a vu plus haut

9. César livra la première guerre où l'esprit de commerce paraisse avoir animé les Homains. Je veux parler des Vénètès soumis, et de l'invasion faite dans les iles Britanviques. Vannes, depuis longtemps, se livrait avec ces iles à un négoce suivi ; le luxe en était presque le seul objet. Les Vénétes recevaient de la Grande-Bretagne quelques marchandises dont des peuples plus éloignés avaient besoin pour les commodités, les jouissances ou les nécessités de la vie. Le nombre de leurs vaisseaux, l'usage qu'ils avaient de la mer, leurs connaissances maritimes leur donnaient une puissance marquée sur tous leurs voisins ; et ils soumettaient à des tributs presque tous les navigateurs. César les combattit. Jusqu'alors ils avaient seuls connu l’An-

gleterre, autant que les nations étrangères pouvaient la connaître. Une partie méme des Gaulois en soupçonnait à peine l'existence : on n'y laissait aborder que les négociants, et encore ne pouvaient-ils fréquenter que les côtes ou les terres voisines de la mer.— Ces défenses n'étaient pas faites pour arrêter César.... Tout était soumis autour de lui, et sans l’Angleterre il aurait eu la douleur de n’avoir plus rien à vaincre... Arrivé dans cette ile, il assembla les marchands pour savoir d'eux et sa grandeur et les nations qui l'habitaient, et les ports capables de recevoir de grands navires... Les Bretons sont vaincus... Telle est la verité historique, queique plusieurs poétes, et l'on se doute bien qu'Horace est de ce nombre, aient soutenu qu'Auguste, qu'ils étaient jaloux de flatter, fut le premier Romain qui soumit ce peuple longtemps indomptable, — De Pastoret, Recherches et observations sur le commerce et le luxe des Romains et sur leurs lois commerciales et somptuaires, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, 2* série, t. III, p. 435, 436. — Le nom latin des Vénétes s'est conservé dans le nom breton de Vannes, qui se nomme encore aujourd'hui Venet.

10. Cette mer est celle de Morbihan, et parait évidemment être la méme que César appelle mare conclusum, dout le nom breton Morbihan a la méme signification que mer renfermée ou petite mer. (DE LA SAUVAGÈRE.) -

11. Interim, c'est-à-dire pendant qu'il était éloigné. Nous avons cru pouvoir rendre cet adverbe par en attendant son retour; on voit par là que César, quoique absent, fait déjà scs préparatifs.

12. Lexoues, peuples de Lisieux et de Bayeux. — Il faut observer généralement qu'on dépouilla les villes gauloises de leurs noms primitifs pour leur donner ceux des associations dont les sénats s'assemblaient dans leurs murs, et dont elles étaient les chefs-lieux ; mais seulement lorsque chacune d'elles n'appartenait qu'à un seul peuple. Au contraire, elles les gardérent quand la rivalité de plusieurs peuples unis pour former une association ne permit pas qu'aucun d'eux donnát son nom particulier à la cité commune. Ainsi, dans la seconde Lyonnaise, Noviomagus devint civitas Lezoviorum, puis Lezovia, et ensuite Lisieux; Mediolanum devint civitas Ebroicorum , puis Ebroïti, et ensuite Évreux; Ingena devint civitas Abrincatum, puis Abrincæ, et ensuite Avranches, etc. Dans la quatrième Lyonaise, Agendicum devint metropolis civitas Senonum, puis Senones, et ensuite Sens ; Augustobona devint civitas Tricassium, puis Tricasses, et ensuite Troyes ; enfin Lutetia devint civitas Parisiorum, ensuite Parisii, et enfin Paris. Mais Rothomag us, aujourd'hui Rouen, qui appartenait aux Velocasses et aux Caleti, garda son nom primitif. De méme Vesuntio, Besancon, ne fut pas appelé civitas Sequanorum parce que plusieurs autres cités, situées au delà du mont Jura, étaient sous la domination des Sequani, (uoNGEz.)

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