VI. César nVtait plus qu*à douze mille pas
(i8k.j de l'ennemi, lorsque, conformément à la convention, les députés revinrent. Ils nous trouvèrent en marche, et supplièrent César de ne pas s'avancer plus loin. Voyant que César ne voulait tenir aucun compte de leurs prières, ils lui demandèrent d'envoyer pour le moins à sa cavalerie, qui marchait en avant-garde, défense d^engager Tac-
« conllucnt du W'aal et de la Meuse, qui, de nos jours, est à « Gorcum, se trouvait, alors beaucoup plus à l'Est, vers le « fort Saint-André. César ne se serait donc pas trompé en « comptant 80,000 pas (118 kilom.) depuis la jonction du Waal et de la Meuse jusqu'à rcmbouchure de ce dernier fleuve.
(V. Vie de César, t. a — p. 143 — note ij.
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tion. Il fallait leur laisser le moyen d'expédier
des députes chez les Ubes. Dans le cas où les chefs et le Sénat de cette nation s^engageraient par serment à les recevoir, ils promettaient de se soumettre aux conditions de César. Cette affaire serait conclue dans trois jours. César avait la conviction que tous ces détours n'avaient qu'un but, c'était d'obtenir un déléri de trois jours pour donner à la cavalerie absente le temps de rallier l'armée. Toutefois, il répondit que pour ce jour-là il se contenterait d'avancer de quatre mille pas (6 kilom.) pour trouver de l'eau, qu'ils pouvaient venir là, le lendemain, en grand nombre, et qu'il examinerait leur proposition. En attendant, il envoya aux Préfets, qui commandaient la cavalerie et Tavant-garde, Tordre de ne pas attaquer les premiers, et, dans le cas où ils se verraient attaques, de tenir jusqu'à ce qu'il ait eu le temps de les rejoindre avec l'armée.
XII. Cependant notre cavalerie arriva en vue des Germains. Elle était forte de cinq mille chevaux, tandis que la leur n'en comptait pas plus de huit cents, par suite du départ de ceux qui avaient passe la Meuse et qui n'étaient pas encore de retour de cette expédition. Les nôtres étaient sans défiance. Quelques instants auparavant, les dépu-
tés ennemis venaient de quitter César et de solliciter eux-mêmes que les hostilités fussent sus« pendues jusqu'au lendemain. Les Germains se jetèrent sur nous à Timproviste et n'eurent pas de peine à rompre nos escadrons. Nos cavaliers se reformèrent. Ce que voyant, les Germains, suivant la tactique de leur nation, sautent à terre, éventrent les chevaux, démontent un grand nombre de cavaliers et mettent le reste en fuite. Telle est la panique qui s'empare des nôtres, qu'ils ne cessent de courir que lorsqu'ils arrivent en vue de Tarmée. Nous perdîmes dans cette affaire soixante quatorze hommes. De ce nombre fut l'Aquitain Pison, Gaulois d'un réel mérite et qui appartenait à Tune des plus grandes familles de son pays. Son aïeul avait régné et avait reçu du Sénat le titre d'ami. Son frère venait d'être enveloppé : Pison vole à son secours, le dégage, mais il a son cheval tué sous lui et se trouve démonté. Jusqu'au dernier moment il se défend avec un courage héroïque. Enhn, entoure de toutes parts, criblé de blessures, il succombe. Son frère, qui avait déjà quitté le champ de bataille, voit cela de loin. 11 pousse son cheval, se jette au-devant des coups de l'ennemi, et reçoit la mort à son tour.
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XIII. Après ce combat, le sentiment de César fut qu'il n'y avait plus désormais ni députés à entendre, ni propositions à examiner de la part de ces gens-là. Ils avaient eu assez de periidie pour nous dresser un piège, et pour nous attac^ucr au moment même où ils demandaient la paix. Attendre que leurs forces fussent augmentées, et que la cavalerie les eût rejointes, cela lui paraissait le comble de la démence. D'ailleurs, il connaissait la légèreté des Gaulois. Il sentait combien cette seule atlaire allait grandir 1 ennemi dans leur estime, et il ne voulait pas leur laisser le loisir de faire de longues réflexions à ce sujet. Il résolut de livrer bataille immédiatement. Déjà les Lieutenants et le Questeur avaient reçu communication de son dessein, lorsque le hasard vint le servir bien à propos. Le lendemain matin, les Germains, poursuivant toujours leur ruse hypocrite, arrivèrent au camp en grande députation. Tous les chefs et tous les vieillards s'étaient réunis aux autres. Ils avaient deux objectifs: le premier, c'était de nous présenter leurs excuses au sujet de cette attaque de la veille, attaque faite par eux contrairement au droit des gens et en dépit de la demande de trêve sollicitée par eux ; le second, d'obtenir de nouveaux délais au moyen
d'un nouveau mensonge. César ressentit une vraie joîe en voyant qu'ils venaient se livrer euxmcmes. II les retint tous prisonniers (i). Après quoi, il fit sortir du camp toutes ses forces. Quant à la cavalerie, comme il pensait bien qu'elle n'était pas encore remise de sa * panique de la veille, il la relégua à l'arrièrc-garde.