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XIV. Il range son armée sur trois lignes

franchit par une marche rapide les huit mille pas qui le séparent de Fennemi, et, avant que les Germains n'aient eu vent de rien, paraît tout à coup devant leur camp. Les Germains, à cet aspect, sont pris de terreur. Notre brusque arrivée, Tabsence de leurs chefs, tout conspire pour les jeter dans la confusion. Ils n*ont le temps ni de délibérer, ni même de s'armer. Quel parti prendre ? Marcher à notre rencontre ? Rester dans le camp pour le défendre ? Chercher le salut dans la

(i) Cette perfidie, que Caion, comme on le sait, reprocha durement & César en plein Sénat, avait un précédent. En Tannée X3I av. J.-C, Bituit, roi des Arvernes, ayant été défait au confluent de Tfsére et du Rhône par le consul Fabius, demanda ia paix. Le consul Domitius, auquel il s'adressa, Tinvita h venir le trouver pour négocier entre eux les conditions. « Il « Taitira chez lui, sous prétexte d*un entretien, le reçut sous « la foi de Thospitaltté, puis le fit charger de chaînes et Tcn- « voya à Rome. » (Val. Maxime). Et Bituit fut réservé pour le triomphe de son vainqueur.

IJO C.-J. CESAR. •

fuite? On devinait leur atfolement au frémissement et au tumulte qui régnaient dans leurs lignes. Nos soldats, dont Tardeur était excitée par le souvenir du guet-apens de la vellie, se précipitent sur le camp ennemi. Là, ceux des Germains qui ont eu le temps de courir à leurs armes, essaient de tenir et se défendent au milieu de leurs chariots et de leurs bagages. Le reste de la horde, femmes et enfants (car ils avaient abandonné leur pays et franchi le Rhin avec leurs familles au grand complet), se mit à se sauver à la débandade. César lança sur eux sa cavalerie (i).

XV. Les Germains, entendant s'élever de grands cris derrière eux, se retournent. Ils voient que l'on sabre leurs enfants et leurs femmes. Epouvantés, ils jettent leurs armes, abandonnent leurs enseignes, et se précipitent hors de leur camp. Ils arrivent ainsi jusqu^au confluent de la Meuse et du Rhin. Accules à cet obstacle qui arrête leur fuite, ils sont massacrés. Ceux qui échappent au fer s'élancent dans le fleuve et y périssent, vaincus par la fatigue et la terreur, ou emportés parle courant. Les nôtres rentrèrent dans le camp sans avoir perdu un seul homme, et n'ayant qu'un

(i) « César lança sur eux sa cavalerie » — aveu peu honorable pour la civiliiuiion Romaine.

petit nombre de blessés. Ainsi se termina cette guerre, qui menaçait d'être terrible, puisque le nombre des émigrants ne s'élevait pas à moins de quairejcent trente mille. César accorda aux Germains, qu'il avait retenus dans son camp, la liberté de se retirer. Mais ces malheureux redoutaient la vengeance des populations Gauloises dont ils avaient ravagé les champs, et ils ne voulaient pas courir le risque de périr dans les supplices et dans les tortures. Ils répondirent qu'ils préféraient demeurer auprès de César. Ce qui leur fut accordé. XVI. La guerre des Germains une fois achevée, ■ plusieurs motifs inspirèrent à César la résolution de passer le Rhin. Le plus impérieux de ces motifs était celui-ci. Voyant avec quelle facilité les Germains envahissaient la Gaule, il voulait leur apprendre à trembler, eux aussi, à leur tour, pour leurs foyers ; il voulait leur montrer qu'une armée Romaine pouvait et osait passer le Rhin. Puis, cette cavalerie des Usipètes et des Tenctères, qui (ainsi qu'on Ta dit plus haut) était ailée par delà la Meuse fourrager et faire du butin, et qui avait manqué la bataille, s'était, après la déroute de ses compatriotes, réfugiée au delà du Rhin che? les Sicambres, et réunie à eux. César

dcpuia aux Sicambres pour réclamer Texlradition de ces cavaliers qui avaient attaqué en armes et lui et la Gaule. Les Sicambres répondirent : « Le tt pouvoir du Peuple Romain s'arrête au Rhin. « Si César juge que les Germains n^ont pas le tt droit d'entrer en Gaule sans sa permission, de « quel droit prétendrait-il, de son côté, exercer a une autorité quelconque en dehors de la « Gaule? »

En même temps, les Ubes, la seule des nations Transrhénanes qui eut envoyé' des députés à César, la seule qui eut fait avec lui un traité d'alliance et lui eut remis des otages, les U bes imploraient avec instance son secours contre les Suèves, qui les pressaient vivement. « Dans le « cas — disaient-ils — où le souci des affaires de « la Republique ne vous laisserait pas assez de « loisir [pour entreprendre une guerre contre les « Suèves], bornez-vous à franchir le Rhin avec « votre armée. 11 n'en faudra pas davantage « pour nous délivrer présentement, et pour a assurer notre sécurité à venir. Car, la défaite « d'Arioviste et votre récente victoire ont acquis « à cette armée, jusque chez les nations les plus * « reculées de la Germanie, une si grande renom- « mée et un si grand prestige, que ce sera assez

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a pour notre sauve-garde de cette renommée et a de la certitude où Ton sera que vous êtes nos « alliés. » Ils ofifraîent de mettre à notre disposition une grande quantité d'embarcations pour le transport des troupes.

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