‹ Guerre des GaulesChapitre 29 sur 66 · XXV. César s'en aperçut. Aussitôt il ordonna · texte numérisé non relu

XXV. César s'en aperçut. Aussitôt il ordonna

aux galères, bâtiments très peu connus des Bretons et meilleurs manœuvriers que les autres vaisseaux, de se détacher de la ligne des navires de transport, de s'avancer brusquement en faisant force de rames, et de s'établir de manière à prendre Tennemi en flanc ; puis, dans cette position , où elles auraient devant elles Tennemi à découvert, de réloigner et de le maintenir à distance en employant contre lui les frondes, les traits et les machines. Cette manœuvre fut d'un grand secours. La forme de nos galères, le mouvement rapide de nos rames, l'aspect de nos machines de guerre tout à fait nouveau pour leurs yeux, tout cela les troubla. Ils cessèrent d'avancer et hrcnt môme quelques pas en arrière. Cependant nos soldats hésitaient encore à sauter hors des navires,

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à cause de la profondeur de Teau. Alors le Porte- Aigle de la dixième légion donne l'exemple. Après avoir invoqué les Dieux en faveur de la légion, il crie d'une voix forte : « Sautez, cama- « rades, si vous ne voulez pas livrer TAigle aux « Barbares 1 Pour moi, j'aurai rempli mon devoir « envers la République et envers le Général ». A ces mots, il s'élance dans la mer et marche droit à Pennemî, PAîgle haute. Alors nos soldats s'exhortent mutuellement à ne pas souffrir un tel déshonneur, et se précipitent en masse du haut du vaisseau. Ce que voyant, ceux des vaisseaux voisins s'élancent à leur tour, et tous ensemble s*avancent contre l'ennemi.

XXVI. Le combat s'engagea de part et d'autre avec une égale vigueur. Toutefois les nôtres, ne pouvant ni garder leurs rangs, ni s'établir avec solidité, ni suivre leurs enseignes, se confon* daient pêle-mêle, ceux d'un vaisseau avec ceux d'un autre vaisseau, selon les caprices du hasard, de telle sorte que notre armée était dans un très grand désordre. Les ennemis avaient cet avantage de connaître parfaitement les endroits où l'on avait pied. Dés qu'ils apercevaient du rivage quelques soldats descendant d'un vaisseau, vite ils poussaient leurs chevaux contre eux et les atta-

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quaient dans la situation gênante où ils les voyaient. Ils se mettaient un grand nombre autour d'une poignée de Romains, pendant que les autres, prenant Tarmée en âanc, la criblait de traits. César, s'étant rendu compte de ce qui se passait, fit remplir de soldats les chaloupes des galères, ainsi que les embarcations faisant le service de vigies. Aussitôt qu'il apercevait des soldats en péril, il envoyait à leur aide. Les nôtres ne se sentirent pas plus tôt sur la terre ferme, que, suivis de toute Tarmée, ils chargèrent l'ennemi et le mirent en fuite. Par malheur, notre cavalerie n'était pas là, n'ayant pu réussir à effectuer la traversée et à toucher Pile ; de sorte quMl ne nous fut pas possible de poursuivre bien loin les Bretons. Ce fut la seule chose qui manqua, ce jour là, à la Fortune ordinaire de Cësar.

XXVII. A peine ralliés, les Bretons se hâlè« rent de députer à César pour demander la paix. Ils s'engagèrent à livrer des otages et à faire tout ce qui serait exigé. Avec les députés ils renvoyèrent TAtrébate Comm, qui, ainsi qu'on Ta dit, avait été chargé par César d'une mission en Bretagne. Aussitôt débarqué, Comni avait été saisi et jeté dans les fers, bien qu'il se présentât au nom de César et comme porteur de ses com-

mandements. Après la bataille, les Bretons lui rendirent la liberté. En demandant la paix, ils rejetèrent cet acte de violence sur la multitude. Ils prièrent César d*avoir égard à leur ignorance et de leur pardonner. César leur reprocha de lui avoir fait la guerre sans motif (i), et après lui avoir envoyé spontanément des députés sur le Continent .pour lui demander la paix. Il ajouta qu'il voulait bien leur pardonner leur erreur, et exigea des otages. Les Bretons en livrèrent une partie immédiatement; pour les autres, ils pré* tendirent quMls avaient à les faire venir de très loin, qu'ils les remettraient sous peu de jours. Ils licencièrent leur armée, et de toutes parts César vit venir à lui les chefs, lui apportant leur soumission et celle de leurs Cités.

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