‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme] (volume 2)Chapitre 34 sur 85 · PER · texte numérisé non relu

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siégeait à Versailles, leur envoyait à peine de quoi ne

pas mourir de faim, Le peu de grains ensemencés par

les vieillards, les femmes et les enfants, restés presque

seuls dans les champs, étaient enlevés à l'automne au

nom du roi, qui les payait en assignats dépréciés, que

ce même roi devait renier plus tard, et qu’on retrouve | | | | !

aujourd’hui par liasses dans nos campagnes.

L’intendant poussait la tyrannie jusqu'à faire poser les scellés sur les moulins, afin d'empêcher les habitants de mettre leur grain eu farine 1,

D'autre part, les ofliciers de l’armée régulière semblaient tenir peu de compte des sacrifices de tout genre imposés au peuple. Ils exigeaient des milices les plus durs travaux, et les faisaient servir aux postes les plus dangereux, soit somme éclaireurs, soit comme partisans dans les expéditions avec les sauvages. Ajoutez à cela que, suivant l’habitude des militaires dans tous les pays, ils les méprisaient et traitaient tout haut de lâcheté leur mode de faire la guerre, mode qui leur avait pourtant valu tant de succès, Ce ne fut qu'aux dernières campagnes que lon comprit bien Putilité de combiner ensemble les deux tactiques,

Presque tous ces officiers étaient sans fortune ? et menaient la vie dissipée de leur siècle. Un trop grand nombre aimaient le jeu, et profitaient de l’imprévoyance et de la libéralité des Canadiens pour leur emprunter

1 On ne laissa ouverts que les moulins de ceux des favorisés ou de ceux qui parlèrent un peu haut, et ne parurent pas absolument traitables ”. Mémoires sur le Canada. 2 Journal de Montealm.

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de l'argent, qu’ils prodiguaient ensuite à tout hasard, C'était une nouvelle cause de mésintelligence entre les militaires et les colons,

Au reste, tout en combattant ensemble pour la France, ils avaieut des vues particulières bien différentes, Les soldats français, étrangers au pays, n’y avaient pas d’attaches ; 1ls ne songeaient à se battre que dans l'espérance d’avoir de l’avancement et d'aller en jouir en France, Les Canadiens, au contraire, défendaient leurs propres foyers, combattaient pro œris et Jocis. Ils craignaient avec trop de raison que le roi de France, qui leur donnait si peu de secours, ne finît par les abandonner complètement, après avoir tant contribué à les ruiner, Ils s’inquiétaient de savoir si, à la fin de la lutte, on laisserait une bouchée de pain à leurs familles,

Ces divergences deviennent de plus en plus sensibles à mesure que les événements s’avancent ; on les verra éclater surtout pendant les derniers mois de la guerre. Après la mort de Montcaln, les commandants français eurent le dessein de faire sauter la ville de Québec, s'ils ne pouvaient la garder, et de faire un désert de ses environs, Les habitants furent consternés et protes-

:tèrent énergiquement,

correspondance avec Lévis, ment où tout était désespéré, hi le pays, où toute résisdigne contre les Canadiens pari et rentrent dans leurs foyers ; il rage ontre ia «uiblesse de Vaudreuil, qui ne les fait pas fusiller. )r, le général Murray avait lancé uue

Bourlamaque, dans l’année suivante où trois tance

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proclamation déclarant qu'il incendierait les maisons de tous les habitants qui ne seraient pas trouvés chez eux, et il tenait parole, Les Canadiens avaient fait pour honneur de la France plus qu'ils ne devaient ; mais cela ne faisait pas l'affaire de Bourlamaque et de ses compagnons d'armes, qui auraient voulu terminer la guerre avec plus de distinction, afin de pouvoir lemander des grâces à la cour de Versailles, Les Canadiens n’espéreient plus rien de ce côté ; et il était tout naturel qu'ils cherchaussent à sauver le peu d'épaves qui restaient de leur naufrage,

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Montcaim était le type du soldat français: £ entraînan, prent.atles choses par le bon côté, supportant facilement la fatigue et les privations, Il badine avec Lévis sur lu inaigre pitanec que la disette l’oblige de faire, et sur les divers plats de cheval, apprôtés à toute sauce, que lui sert son cuisinier,

“ Le 4 décembre, — M, l'intendant m'a dit, hier au soir, écrire à M. le général pour que lon mit la guvnison de Montréal au cheval comme celle d'ici, et de vous en prévenir, Nos troupes s’y prêtent ici de bonne crâce, et je ne doute pas qu'il en soit de même de celles qui sont sous vos ordres, Cet article ne regarde que la ville de Montréal. C’est un si petit objet que le fort de Chambly que je doute qu'il faille l’y étendre, d'autant mieux que les soldats n’ont pas déjà été trop contents d’une différence entre eux et ceux du fort

Saint-Jean, sur le fait du pain. Cependant, si l’on voulait qu'ils fussent aussi à la chair de cheval, il faudrait bien qu’ils y passassent comme les autres, Ils ne sont pas de meilleure maison, ni plus difficiles à mener.

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Observez que nous sommes convenus qu'au lieu de 4 donner toute une distribution en cheval et toute une 7 distribution en bœuf, on donne moitié l'un, moitic se

l’autre. Nos soldats l’ont mieux aimé comme cela. Si les vôtres l’aimaient mieux autrement, on peut leur 4 De donner cette douceur, Au reste, on mange chez moi du di cn cheval de toute facon, hors à la soupe : ge: a “ Petits pâtés de cheval à l’espagnole, .

+. Cheval à la mode, à Escalopes de cheval, ns Filet de cheval à la broche avec une poivrade bien à lice, a D Semelles de cheval au gratin, ne e Langue de cheval en miroton, dé Frigousse de cheval, | fn Langue de cheval boucanée, meilleure que celle | E d'orignal, nr à k Gâteau de cheval, comme les gâteaux de lièvres, All | Cet animal est fort au-dessus de l’orignal, du cari- rl bou et du castor ”. ss Il y eut quelques troubles à Montréal, parmi les me troupes et le peuple, lorsqu'on voulut imposer pour an nourriture la chair de cheval, Déjà, au mois précédent, ri la réduction des vivres avait donné lieu à quelques coté désordres ; les soldats qui, faute de casernes, étaient fois logés dans les maisons de la ville, y avaient été excités ri par leurs hôtes ; les troupes de la niarine, moins brisées |

à la discipline que l’armée régulière, refusèrent de se ne : rendre à la distribution des vivres. En l’absence di ne “Er Vaudreuil, alors à Québec, Lévis commandait seul à “Ai RU Monéal ; il réprima ce premier mouvement avec Me #:

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