ARMES DE MME DE POMPADOU
de sa décadence. : Déjà Dupleix avait été abandonné, Montcalm était à la veille de l’être.
La main de la Pompadour, poussée par une autre femme, avait mis le feu aux quatre coins de l’Europe. La fière Marie-Thérèse d'Autriche avait consenti à souiller sa plume impériale en écrivant elle-même à la maîtresse du roi, et en l'appelant : “ Ma cousine ” L’impératrice avait réussi: le succès fit oublier à la femme l’ignominie de sa démarche.
L'Europe se trouva ainsi à navoir à opposer que deux femmes aux deux plus grands génies militaire et politique du temps: Frédéric et Pitt, La guerre de Sept Ans prépara la grandeur de la Prusse, et donna à la Grande-Bretagne l'empire des mers.
Rarement situation avait paru plus désespérée que celle du roi de Prusse en 1757. Sans autre allié que l'Angleterre, il s'était vu en face de presque toute l'Europe coalisée contre lui, Frédéric IT était un Méphistophélès sur le trône, cynique et sublime, philosophe et histrion, César se disant Brutus. Malgré des prodiges d’audace et d’habileté, malgré d’éclatantes victoires qui l’avaient placé au rang des grands cayitaines, il avait été écrasé par le nombre. Un moment se croyant perdu, il avait songé au suicide, “ Ma chère sœur, écrivait-il à la margravine de Bareuth, il n’y a plus de port et d'asile pour moi que dans les bras de la mort”.
Et à Voltaire :
‘ Pour moi, menacé du naufrage,
Je dois, en affrontant l'orage, Penser, vivre et mourir en roi ”.
Fra val tisn Voll écri a la qu l Les le $ com
aval
]/ accro
nné,
utre rope.
ti à à la ee ine
r à la
l que ure et rre de
nna à
e que ié que toute ait un philooré des es Vicitaines, royant sœur, plus de
mort ”.
Le 3 novembre, le roi de Prusse avait brusquement porté son armée sur la rive gauche de la Saale, Les alliés, confiants dans leur supériorité numérique, s’avancaient vers les hauteurs, pour l’envelopper et lui couper la retraite, lorsque tout à coup Frédéric, par une de ses manœuvres rapides auxquelles il avait habitué ses troupes, opéra un changement de front, Favorisé par des coteaux et des ravins qui dérobaient son mouvement, il fondit inopinément sur le flanc des Francais; plusieurs batteries démasquées sur les hauteurs foudroyèrent en même temps l'infanterie alliée qui se pressait dans la plaine. En vain, le prince de Soubise chercha-t-il, avant la fin du jour, à rétablir le combat par des charges de cavalerie ; tout fut culbuté et mis en déroute. Huit mille prisonniers et trois mille morts furent iaissés sur le champ de bataille : c’était la jouée de Rosbach,
Le nom du vainqueur fut porté aux nues, La France elle-même, la France honteusement vainene, (garée par les idées nouvelles, faisant taire son patriotisme, fut la première à exalter le héros prussien. Voltaire le chanta en vers et en prose ; et d’Alembert écrivit au même Voltaire : “ A Paris, tout le monde a la tête tournée du roi de Prusse ; il y a cinq mois qu'on le traînait dans la boue ”.
L’explication du désastre se trouvait à Versailles. Les désordres de la cour avaient pénétré dans les camps : le soldat se modelait sur le noble corrompu qui le commandait, Le jour de la bataille de Rosbach, il y avait six mille maraudeurs hors du camp! Après la déroute, l’armée inonda la Thuringe comme une horde
de cosaques, et s’y livra aux plus odieux excès, Le F duc de Richelieu, qui avait précédé Soubise dans le D commandement, pillait et autorisait le pillage avec un
tel cynisme, que les-soldats l'avaient surnommé le père B de lu maraude. ‘Ces armées, dit un historien, pleines IT de luxe et de misère, encombrées de courtisanes, de Il
marchands et de valetailles, traînant après elles trois fois plus de bêtes de somme que de chevaux de selle, étalant des bazars ambulants d'objets de mode au milieu de leurs tentes, ressemblaient plus aux cohues de Darius et de Xerxès qu'aux armées de Turenne et de Gustave-Adolphe !”,
On voit par ce tableau que les déprédateurs du Canada n'étaient que les plagiaires du monde de Versailles. C’est là que plusieurs d’entre eux avaient fait leurs premières armes,
En Angleterre, le génie de Pitt organise.t la victoire 5 ; è F.)
avec moins d'éclat et de rapidité que Frédéric, mais
avec la même sûreté de coup d’œil, Quoique les événe- ( ments ne lui eussent pas d’abord été favorables, la Sa » 4 ’ 9 ! ! ! 4 , confiance du peuple anglais n'avait pas été ébranlée, qu depuis surtout que George IT, qui le détestait, l'avait d'h éloïgue du ministère (avril 1757), et avait été forcé, rio trois mois après, de le reprendre sous le coup de l'indi- il 6 gnation publique. Pitt était devenu le véritable souve- thé, rain de l'Angleterre, L’admiration pour lui allait sib] jusqu’au fanatisme : on le proclamait le seul politique ] honnête, le seul incorruptible, le seul capable de relever déf son È ner ie 1 — Henri Martin, Histoire de France, Vol. XV, p. 520. Jos y NC:
£ Sas ;