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la fortune du royaume, Le grand commoner était le premier à le penser et à le dire,
“ [lavait une telle confiance en sa force, dit lord Brougham, qu'il renversait la maxime des gouvernants : ne forcez pas un obstacle quand vous pouvez le tourner, Il dédaignait de s’insinuer à où il pouvait pénétrer d'assaut, et de persuader quandil pouvait commander ”,
William Pitt est un des exemples les plus frappants de ia puissance de la parole. Il n’eut peut-être jamais d'égal au parlement comme orateur et comme debater, Son éloquence franchissait l'enceinte des communes, et faisait tressaillir la nation toute entière. Pénétrant avec la même intensité dans la chaumière du paysan et dans le palais du noble lord, elle y réveillait le patriotisme assoupi, faisait vibrer toutes les âmes à l’unisson de la sienne, leur communiquait cette passion pour la grandeur et la gloire de l'Angleterre, qui fut le but unique de sa vie,
Ce grand homme avait les défauts de ses qualités. Sa hauteur le rendait insupportable à ses collèvues, qu'il traitait comme des subordonnés, et qu'il ne cessait d'humilier en leur faisant constamment sentir sa supériorité, Il avait le ridicule des petits esprivs, la vanité ; il était comédien, en prenait les airs, affectait des poses théâtrales, On sait aujourd’hui qu’il n’était pas inaecessible à la corruption.
Mais le peuple anglais ne voulait pas voir ses défauts ; il se reconnaissait en lui, sentait qu’il était son âne, son expression, sa force, Appelé à gouverner un peuple libre, Pitt aimait sincèrement la libarté, Ses concitoyens le savaient, et se livraient à lui comme
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lui se livrait à eux, confiants dans un égal patriotisme, û
En un mot, il avait élevé la nation anglaise à sa hau |
teur, ‘“ Tel était, dit Hume, le crédit dont jouissait le à
gouvernement, que le peuple souscrivit à tous les |
emprunts avec l'empressement le plus extraordinaire, p
Un esprit ‘raccoutumé d'audace et de résolution parut l
Los animer les ‘mées de terre et de mer, L'amour de la l’ fe gloire miliuire se répandit jusque dans les dernières L classes du peuple, Ce passage subit de Pindolence à té J'activité, de l'indifférence au zèle, de la crainte à ex
l'audace, fut produit par l'influence et l'exemple d'un fle
ministre 1”, ui
Chasser la France de l'Amérique et de l’Inde, lui a
fermer toutes les mers et la confiner sur le continent, fo
telle était la politique entreprise par Pitt avec sa volonté Cé
de fer, Il ne soupconnait pas que de son vivant même,
la France s’en vengerait en faisant l'indépendance
américaine, Il avait maintenant sous la main les hommes qu'il
lui fallait pour ses grands desseins. Durant la prochaine Ut
campagne, Ferdinand de Brunswick, disciple du grand red
Frédéric, allait venger la défaite de Cumberland au les
Hanovre ; Clive, dans l'Inde, poursuivre sa victoire de qu
Plassey ; Wolfe, se révéler en Amérique. sio
| Ce fut vers l'Amérique qu’il tourna d’abord son he
ù attention et ses plus formidables armements. Le plan des col
- opérations fut réglé d’après les conseils de l'homme le d'a
mieux entendu dans les affaires d'Amérique : l'illustre me
& Franklin, alors délégué de la Pennsylvanie à Londres. en
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FT ESS 1— Hume, Histoire d Angleterre. pot