‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme] (volume 2)Chapitre 47 sur 85 · PRE · texte numérisé non relu

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1— Jrainal ins, même mom, probablement son 1, servait dans le même régiment.

nettre à ln postérité les noms de 8 sarre avait perdu MM. de Moran, uil et npredon; Guyenne, de Patris ; Berry, me et Fiueric ; Béarn, Pons et Douay.

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les esprits, ne cherche qu’à les tromper, soit en augmentant ses victoires, soit en diminuant ses défaites 1 ”?.

Montcalm, couvert de poussière, mais la figure illuminée de joie, parcourut avec son ami Lévis toute la ligne des retranchements, félicita les soldats de leur noble conduite et leur fit distribuer de l’eau-de-vie, du vin et des rafraîchissements,

Toute l’armée, après avoir nettoyé ses armes, couclia le fusil au côté, le long des retranchements, de crainte d’une surprise nocturne ; car l'ennemi avait encore une telle supériorité numérique, que l’on n'osait croire à une retraite définitive, Mais les sentinelles placées aux avant-postes n’entendirent durant le cours de cette belle nuit ctoilée, que les gémissements de quelques blessés agonisant sur le champ de batrille, et les cris sinistres des oiseaux de proie planant au-dessus des cadavres.

A l’aube du jour, Montcalm, déjà sur pied, fit battre la générale et border les retranchements. Les Anglais, à la Chute, sachant qu'il attendait des renforis considérables, crurent qu’il marchait contre eux, et précipitèrent leur fuite, Pendant qu’on ramassait les blessés abandonnés sur le champ de bataille, et qu’on perfectionnait le camp retranché, les volontaires détachés en avant revinrent avec la nouvelle que les retranchements élevés par les ennemis à mi-chemin de la Chute, étaient abandonnés. Ce jour-là, faute de sauvages, on ne put envoyer plus loin à la découverte, Mais dès l'aurore du 10, le chevalier de Lévis sortit du camp

1 Pouchot, Mémoires, vol. I, p. 157.

avec les grenadiers, les volontaires et cent Canadiens, Il trouva à Ja Chute les ruines fumantes du moulin incendié, et partout jusqu’au Portage les débris d’une retraite précipitée, des blessés gisant au bord du chemin, de grandes quantités de haches, de pioches, de souliers abandonnés dans un bourbier, beaucoup &e quarts de farine éventrés et cent cinquante jetés à la rivière, qu'il fit retirer et porter à Carillon, On découvrit même plusieurs jours après, dans la forêt, aux environs du Camp-Brûlé, un grand nombre de cadavres sur des civières, Telle avait été la panique des vaincus qu’ils y avaient abandonné ces malheureux blessés, morts depuis sans aucun secours !, Des éclaireurs envoyés jüsque vers le milieu du lac, s’assurèrent qu’il était libre. L'armée d’Abercromby, qui avait descendu ce même lac en chantant des airs de triomphe anticipé, l'avait ‘ remonté, précipitamment, quatre jours après, vaincue, découragée, couverte de confusion, Elle ne s'était crue

en sûreté qu'après Ôtre rentrée dans ses retranche-

ments, à la tête du lac, où elle continuait à se fortifier.

Le 9 au matin, Montcalm avait chargé son aide de

camp, M. de la Rochebeaucour d'aller porter au gouver-

neur un récit abrégé de la victoire ; il lui annonçait en

même temps, “ qu’il se mettait en mesure de recom-

mencer ce matin-là, si les Auglais en avaient envie ”. Puis il ajoutait : “ Les Canadiens nous ont fuit regretter de n’en avoir pas en plus grand nombre, M. le chevalier de Lévis s'en loue beaucoup ; M. de Raymond et les autres officiers, de Saint-Ours, de la Naudière,

1 Journal de Montcalm.

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MONTCALM ET LÉVIS 425 de Gaspé, se sont signalés, Je n’ai eu que le mérite de me trouver général de troupes aussi valeureuses ”

En passant à Chambly, à trois heures du matin, M. de la Rochebeaucour alla frapper chez M. Péan, pour lui annoncer la victoire: “ Il m'a pensé faire mourir subitement, écrivit celui-ci au chevalier de Lévis, Il m’a trouvé encore endormi. … Je me réveille en sursaut, et la première chose que je lui demande fut : — Quelles nouvelles ? Il me dit : — Elles sont bonnes, et M. le chevalier de Lévis a reçu deux balles. Je fis sur le champ un eri que je ne pus retenir ; mais il acheva :— dans son chapeau. Je vous assure que j'ai senti dans ce moment comment je vons suis attaché, ?

Le 12 au matin, l’armée francaise, rangée en bataille sur le plateau de Carillon, chanta l'hymne de la victoire au bruit des fanfares, des tambours et du canon, Une grande croix dressée par ordre de Montcalm, portait cette inscription que Ini-même avait composée, et dont il avait écrit au-dessous la traduction en vers français,

Quid dux? quid miies? quid strata ingentia ligna ? En signum! en victor! Deus hic, Deus ipse triumphat !

# Chrétien! ce ne fut point Montcalm et sa prudence, Ces arbres renversés, ces héros, leurs exploits,

Qui des Anglais confus ont brisé l'espérance ;

C’est le bras de ton Dieu vainqueur sur cette croix ! ”

1 Sur la croix, l'abbé Piquet, aumônier de l’armée, avait ajouté cette inscription: Non plus ultra, qui jam à Gallis cœsi, vicli fugatique fuistis, Angli, anno 1758, die vero 8 julii seplem contra unum.—"%* Vous n'irez pas plus loin, Anglais, qui, étant sept contre un, avez été battus, vaincus, mis en déroute par les Français, le 8 juillet de l’année 1758 ”,

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Le temps n’a pas respecté ce monument éphémère ; le fort lui-même a été démantelé; mais le nom de Carillon est resté à jamais inscrit dans nos fastes militaires. Le drapeau arboré par les milices canadiennes au jour de la bataille, fut rapporté troué de balles, et suspendu aux voûtes de l’église des récollets de Québec. Echappé presque miraculeusement à l'incendie de cette église, en 1796, il a été conservé depuis comme une précieuse relique d’un autre âge. Aux jours des solennités publiques, quand les Canadiens veulent rappeler les exploits de leurs pères, ils promènent en triomphe le drapeau de Carillon.

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