‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme] (volume 2)Chapitre 58 sur 85 · ET CRUE ASIA · texte numérisé non relu

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anglaise. Une foule anxieuse, accourue aux remparts, avait les yeux fixés dans la même direction, La ligne de l’océan était en effet toute blanche de voiles qui grandissaient d'heure en heure, et augmentaient en nombre à mesure qu'elles approchaient.

* La flotte, commandée par l'amiral Boscawen, était partie de Spithead le 19 février, sans attendre le général Ambherst, retenu en Allemagne, Amherst était entré à Halifax au moment où l'amiral, lassé de l’attendre, appareillait pour l'expédition, Il avait été rejoint dans l'intervalle par les contingents de milices fournis par les colonies anglaises, Le 28 mai au matin, cent cinquante-neuf voiles, c’est-à-dire vingt-deux vaisseaux de ligne, dix-sept frégates, deux brûlots et cent dixhuit transports, portant douze mille hommes de débarquement, sortirent du havre d'Halifax, et mirent. le cap sur Louisbourg 1 Ils avaient été séparés durant le trajet par les vents contraires ; mais le 3 de juin les dernier: transports avaieut rejoint le reste de la flotte das la baie de Gabarus.

Avant de quitter Halifax, Amherst avait pris ses dispositions pour la descente : il avait divisé ses troupes en trois brigades, dont le commandement désigné d'avance par Pitt lui-même, était confié aux brigadiers généraux

1— 11,936, d'après Entick, General History of the late war ; 11,112, d'après le Journal de Knox, sans compter l'artillerie, les rangers et les officiers. Or, selon Mante, History of the late war in North America, le corps des artilleurs était de 324 hommes, et celui des rangers de 538; ce qui forme un total de 11,974, auquel il faut ajouter le corps des officiers. Par conséquent, l’armée entière dépassait de beaucoup 12,000 hommes,

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Whitmore, Lawrence et Wolfe, Le plus jeune de ces officiers, Wolfe, qui n'avait que trente et un ans, avait attiré tout particulièrement l'attention du grand ministre. Ilavait connu sa belle conduite lors de l’infructueuse expédition contre Rochefort, et avait deviné en lui un capitaine capable de relever la glaire des armes anglaises.

James Wolfe était né à Waterham, dans le comté de Kent, d’une famille originaire de Limerick. Il avait montré dès l'enfance un goût si prononcé pour la vie militaire, qu'à l’âge de treize ans et demi il s’était embarqué avec son père, le lieutenant-colonel Edward Wolfe, pour l'expédition qui alla si inutilement se faire déeimer devant Carthagène. Une maladie due à son faible tempérament, le rendit à sa mère avant le départ de læ flotte. Il semble qu’une santé aussi délicate aurait dû le porter vers une carrière paisible ; mais sa jeune ambition avait été allumée par les récits de son père, qui avait conquis ses grades dans les armées de Marlborough et du prince Eugène ; il ne rêvait que la gloire militaire. Il avait seize ans lors de sa première campagne dans les Flandres. C'était alors un grand jeune homme mince, d’une constitution en apparence trop faible pour le métier de la guerre. Il était d’ailleurs franchement laid, avec des cheveux roux, un

front et un menton fuyants, qui lui donnaient un profil semblable à un angle obtus, dont la pointe serait au bout du nez. Son teint ordinairement pâle mais diaphane, s’animait facilement et prenait une teinte rose au feu de la conversation ou de l’action, Rien ne révélait en lui le militaire, qu’une bouche ferme et des

yeux d’où jaillissaient des éclairs à travers des prunelles d’un bleu d'azur, Avec tout cela, il y avait dans s: personne etses manières quelque chose de sympathique qui attirait vers lui.

Il est représenté dans ses derniers portraits en uniforme écarlate, serré à la taille, à la facon anglaise, Le col à revers laisse voir la dentelle de la chemise, Ses cheveux noués retombent entre ses épaules, et sa tête est coiffée d’un chapeau tricorne galonné d’or, ‘Des ‘ guêtres aux pieds, l'épée à la ceinture, il porte un crêpe au bras, car il était à cette date en deuil de son père. C’est ainsi que le représente également la statue exécutée peu de temps après sa mort, qui se voit à l’encoignure de la rue du Palais, à la haute ville de Québec,

Avec les talents et la passion qu'il avait pour son art, le jeune Wolfe ne pouvait manquer de monter. rapidement en grade ; il prit part à la victoire de Dettingen, et s’y distingua par sa bravoure et son sangfroid, Au lendemain, il fut créé adjucniit, puis lieutenant, et capitaine la campagne suivante, Un grand deuil l’atteignit alors ; il avait un jeune frère d’une santé plus faible encore que la sienne: tous deux s'aimaient comme des jumeaux, Edouard se battait à côté de lui; ce ne fut pas une balle qui lemporta, mais les fatigues de la guerre, James n’eut pas la consolation de recevoir son dernier soupir ; le devoir le retenait ailleurs. La lettre où il entretient sa mère de cette mort est toute baignée de larmes, et dévoile une âme sensible,

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“Ce pauvre Ned ! il ne lui a manqué que la consolation de voir ses plus chers amis pour quitter ce monde avec la plus grande tranquillité, 11 nous a souvent demandés, J’ai des heures de chagrin quand je réfléchis que j'aurais pu me trouver auprès de lui avant sa mort, Dieu sait que c’est pour avoir été trop exact et pour n'avoir pas su le danger où il était ! cela même ne m'eût pas arrêté si j'avais recu là première lettre du médecin, Je sais que vous ne serez pas capable de lire ces lignes sans verser des larmes, comme j'en verse moi-même en les écrivant ; mais il y a une consolation même à céder de temps en temps à la douleur. Nous le devons à la mémoire de quelqu'un qu’on aime.

“ J'ai gardé sa montre, sa ceinture, ses livres et ses -artes, que je conserverai en souvenir de lui.

“ C’était un bon enfant, honnête, d’une excellente conduite, et remplissant son devoiravec la belle humeur ‘d’un bon officier, Il a vécu et il est mort comme un fils digne de mon père et de vous ; pour moi c’est tout dire.

“ Vous m'excuserez d'appuyer si longtemps sur ce cruel sujet ; mais en parlant ainsi, la vanité et la partialité n’ont aucune part, Je n'ai que le grand désir de rendre justice à sa mémoire, Il n’y a aucune époque de sa vie où j'aie appris à l’aimer davantage que depuis que vous m'avez répété qu'il languissait dans moi: absence, Je mme fais souvent un reproche de passer une heure de ma vie sans penser à lui, car pour un tempérament qui, comme le mien, est trop porté à la gaieté,

il faut souvent se rappeler sa douleur.

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“ Je vous prie de nouveau d’excuser mon ennuyeuse longueur et la manière dont je vous écris, mais je connais votre indulgence ”,

Wolfe avait la plus grande tendresse pour ses parents et un vrai culte pour sa mère, La correspondance qu’il entretenait continuellement avec elle est réellement touchante,

Du continent, Wolfe passa en Ecosse, ct assista à la bataille de Culloden, Certains historiens lui font jouer après la victoire un rôle magnanime au détriment de son général, Le due de Cumberland, traversant avec lui le champ de bataille, aperçcut un Highlander qui, malgré de graves blessures, se tenait appuyé sur un bras et les regardait passer avec un sourire de défi : — “ Tuez-moi cet insolent vaurien qui ose nous regarder avec tant de mépris, dit le duc à Wolfe ”,

— “ Ma commission est entre les mains de Votre Altesse, répondit le brave officier, mais je ne consentirai jamais à devenir un bourreau 1 ?,

A vingt-trois ans, il était déjà lieutenant-colonel, L'étude du latin, du français et des mathématiques absorbait toutes ses heures de loisir. Il eut vers ce temps un chagrin d'amour, qu'il chercha à oublier en sc plongeant dans une suite de dissipations qui ne pouvaient durer, car elles n'étaient pas dans son caractère,

Stationné à Inverness, qui était alors un trou infect au ‘nilieu d’une population vaincue d'hier et encore frémissante du joug ; toujours en lutte avec une santé

1 — Cette anecdote est contestée par l’auteur de la vie de Wolfe.

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déplorable, il sut se mettre au-dessus du découragement et gagner les bonnes grâces de tous, même des Highlanders, Il avait un fonds inépuisable de bonne humeur, ce que les Anglais appellent good spirits, Avec cela, avait-il coutume de dire, un homme peut passer à travers tous les obstacles, Il trouva cependant longs les cinq ans qu'il passa dans les montagnes d’Ecosse, car il appréhendait de se rouiller au milieu du vide intellectuel qui l’entourait,

“ La crainte de devenir un france vilajn, écrivait-il à sa mère, et de m’habituer aux principes tyranniques du commandement absolu, ou de me laisser aller insensiblement aux tentations du pouvoir jusqu’à devenir hautain, insolent et insupportable, voilà autart de considérations qui me font désirer de quitter le régiment avant l'hiver prochain, afin que par la fréquentation d'hommes qui me sont supérieurs, je connaisse ce que je suis, et que par la conversation avec l’autre sexe, j'apprenne les bonnes manières et les grâces de l'esprit ”,

L'hiver de 1753 le trouve à Paris, au centre de ce beau monde, dont les raffinements l’aturent, Il y est recherché, il s’en enivre, il fréquente la cour de Versailles, se fait présenter au roi, Il reni hommage à cette couronne, dont il va bientôt, de son épée, faire tomber le plus beau joyau. M°° de Pompadour, dans tout l'éclat de sa honte dorée, daigne lui sourire. “ J'ai eu la bonne fortune, écrit-il, d’être placé près d'elle pendant un temps considérable... Elle est extrémement jolie, et par sa conversation je juge qu’elle a beaucoup d'esprit et d'intelligence ?,

Wolfe était devenu courtisan pour le quart d'heure, Entre les exercices d'équitation et de français, il prenait des lecons de danse ; il s'applaudisseit de pouvoir danser passablement le menuet, au dire de son professeur, lorsqu'un ordre brusque, qu’il n’eut que le temps de maudire avant son départ, le ramena en Angleterre, Cela lui fit perdre l’occasion d'aller observer les armées de l’Europe, comme ii le projetait, avant son retour ; il y suppléa à force d’études,

A l'ouverture de la guerre de Sept Ans, sa bonne étoile le conduisit devant Rochefort, où il fit éclater sa supériorité sur les commandants de l'expédition, Ce fut, comme on l’a vu, le commencement de sa fortune militaire,

Le commandement que Jui confia le ministre Pitt, en lassociant à l'expédition de Louisbourg, lui fut cependant peu sensible, 11 le redoutait même, croyant y voir plus de mécomptes que de gloire, et au bout le terme de sa vie, Il était très mauvais marin, et sa santé toujours chancelante achèverait de se perdre sur mer, Des infirmités précoces lui présageaient d’ailleurs une vie bien courte, et il aurait voulu jouir, au moins quelques années, des joies du home qu'il n'avait pas connues, de la vie de famille pour laquelle il avait de fortes inclinations. Il aimait les enfants et il avait in amour en tête : Miss Lowther, fille d’un ex-gouverneur des Barbades. Vivre entre elle et un berceau, dans un petit cottage, au fond d’une campagne paisible, retirée et pittoresque, comme son lieu natal de Westerham, c'était là à peu près toute son ambition. Et il croyait y dire adieu en quittant la terre d'Europe.

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‘“ Puisque j'ai embrassé la profession des armes, mandait-il de Blackheath, en faisant ses préparatifs de voyage, je dois chercher toutes les occasions de servir, et c’est pour cela que je me suis jeté sur le chemin de la guerre d'Amérique, quoique je sache que la traversée seule menace mon existence, et que ma constitution en sera entièrement ruinée et abimée, Je pars cependant sans aucun motif d’avarice ou d’ambition ?

A sa mère, il ajoutait avec un sentiment de mélancolie profonde, et en même temps avec une résolution désespérée : “ Je ne mérite pas autant de considératic: ou d'intérêt que mon père et vous voulez bien m» témoigner, Il désire un rang pour moi, et vous ma conservation, Tout ce que je souhaite pour moi, c’est que je sois prêt en tout temps à rencontrer le sort qu'on ne peut éviter, et à mourir avec grâce et honneur quand l’heure en viendra, soit maintenant, soit plus tard, Une petite part des bonnes choses de ce monde satisferait amplement mes plus grands désirs. Je ne suis pas tenté d’attacher une valeur indue à l’existence, ni je ne souhaite d’être jeté sur le chemin de certaines épreuves pour lesquelles ma nature n’est pas prête. Je veux dire que j'aurais du regret de me voir élever à un poste à la hauteur duquel je ne serais pas. Réflexion faite, le service me coûte cher, Deux cents livres pour la dernière affaire ; cinq ou six cents pour celle-ci, et un emploi que je suis dans le cas de résigner ; de facon que si nous ne réussissons pas, ma position sera désespérée, et mes finances épuisées. Les dames d'ailleurs mépriseront un prétendant battu ; ainsi, d’une manière

ou d’une autre, c’en est fait de moi. Cependant je cours hardiment, de tout cœur et avec joie, sur le chemin de la ruine ”,

Le capitaine Knox, qui vit Wolfe pour la première fois à Halifax, disait qu'il y avait de l’Achille dans ce jeune brigadier !

Tmpétueux, irascible, se laissant parfois aller à des emportements occasionnés par sa nature souffreteuse, d’un esprit plutôt celtique que saxon, désintéressé, plus dévoué à sa patrie qu’à son ambition, modèle de piété filiale, prompt aux épanchements et à l'amitié qu’il savait garder; avec cela exact au devoir, ferme sur la discipline, soldat avant tout, et sachant par suite se faire aimer de l'officier et du soldat, tel était en résumé le caractère de Wolfe.

La traversée de l'Océan avait été pour lui, comme il l'avait prévu, un supplice, Après la prise de Louisbourg, il écrivait à sa mère qu’il aimerait beaucoup mieux faire un siège que de passer quatre semaires en

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Une partie de la flotte avait devancé le vaisseau qui le portait ; enfin, le 2 juin, vers midi, le voile de brume épaisse qui l’enveloppait, se déchira et découvrit les falaises de l’île hérissées d'arbres coniques et sombres, avec la forteresse de Louisbourg à leurs pieds, ceinte de murailles grises, au-äessus desquelles flottaient les couleurs de France, Le soir même, Amherst et Wolfe longèrent la côte pour en reconnaître les points accessibles, et fixèrent la descente au lendemain, à l'aube du jour ; mais une succession de brume et de gros vents la retarda jusqu'au 8.

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La veille de ce jour, à la nuit fermée, l'amiral Durell alla examiner la mer au bord du rivage, et s’assura que l'approche en était possible. A minuit, chacune des trois brigades prit place dans les chaloupes, et attendit l'ordre d'avancer. Celles de Whitmore et Lawrence devaient faire de fausses attaques, la première à la Pointe-Blanche, la seconde à la Pointe-Plate, Un quatriène corps, composé du 28% de ligne, devait achever de tromper l'ennemi, en passant devant la rade de Louisbourg, et simulant une descente à une lieue plus haut dans la baie de Laurembee, tandis que la brigade de Wolfe tenterait le débarquement à la Cormorandière, Chacune de ces brigades était plus nombreuse que toute la garnison de Louisbourg. Celle &@e Wolfe, choisie parmi l'élite de l’armée, était composée du 78" régiment des Highlanders, qui ne comptait pas moins de mille quatre-vingt-quatre hommes, d’un corps d'infanterie légère de cinq cent cinquante hommes, outre douze compagnies de grenadiers et cinq de rangers,.

Plusieurs vaisseaux étaient déjà embossés à portée de canon vis-à-vis des trois endroits menacés, Dès que les premières lueurs du jour eurent dessiné nettement les lignes de la côte, ils donnèrent le signal de l'attaque par une furieuse canonnade dirigée contre les postes français, Au même instant tous les équipages des chaloupes firent force de rames vers la terre, Du haut des falaises, les détachements francais échelonnés de distance en distance, embrassaient d’un même coup

d'œil tout ce mouvement, Le poste de la Cormoran-

dière n’était défendu que par un millier de troupes 8 révulières aux ordres du lieute- 21/7. nant-colonel de Saint-Jilhien, commandant du régiment d'Artois, et quelques Micmacs ; les autres posies d’un abord moins facile, étaient pour cela moins gardés 1! Quand ils virent s’avancer contre eux cette triple nuée d’embarcations chargées d'innombrables soldats, ils furent déconcertés. Malgré les difficultés que présentait la côte, elle était accessible sur une trop grande étendue pour qu’elle pût être bien gardée par des forces si inférieures en nombre, Les troupes le comprirent et perdirent toute confiance. L'avant-garde de Wolfe devanca les deux autres brigades, et s’approcha pour mettre pied à terre sur la grève de l’anse de la Cormorandière ; mais dès qu’elle fut à la portée du fusil, elle fut assaillie par des décharges de mousqueterie et de canons si bien nourries, que Wolfe reconnaissant l'impossibilité d’une descente en cet endroit, agita en l'air son chapeau pour signifier aux premières embarcations de reculer. Mais les lieutenants Hopkins et Brown quiles commandaient, crurent que c'était au contraire un ordre d'avancer, et poussèrent à toutes forces jusqu'à une pointe de rocher à droite de l’anse, derrière laquelle ils trouvèrent un abri contre les projectiles. Cet escarpement qui paraissait

1 Il y avait à l’anse de la Cormoran:lière.... 985 soldats.

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Journal de Drucour.— Journal non signé.

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inaccessible n’était pas gardé. Les braves officiers, suivis de quelques soldats, s’y élancèrent, et s’accrochant aux broussailles, commencèrent à le gravir. Le vent avait fraichi, et la mer s’y brisait avec violence, Quelques embarcations y furent crevées ou renversées, et quelques soldats noyts, Malgré cela, une partie de l’infanterie légère eut bientôt gravi la hauteur où elle s'établit solidement derrière les taillis et les angles des rochers, Wolfe, apercevant le succès de cette audacieuse tentative, lanca toute sa brigade dans cette direction, et fit prendre les devants à son canot qui toucha un des premiers le rivage. Aiïdé d’une canne qu’il tenait à la main, il sauta de récif en récif aux applarndissements de sa troupe, qui le distinguait à sa taille haute et mince. Il escalada la falaise et rangea ses troupes à mesure qu’elles arrivaient, en ordre de bataille, autant que le terrain le permettait, Elles ne rencontrèrent qu’un petit nombre de soldats et d’Indiens qui firent le coup de feu à travers les taillis, et leur tuèrent ou blessèrent quelques hommes,

Le vent qui joussait la fumée du combat vers le rivage avait dérobé ce mouvement aux Francais 1,

1 Journal du siège de Louisbourg, non signs. Un autre Journal également sans signature, reproche ar commandant de la Cormorandière, M. de Saint-Julhien, de n'avoir pas agi avec assez de célérité. ‘Au lieu, dit-il, de faire avancer son aile gauche, qui était la plus rapprochée de l'ennemi, il détacha de l'aile droite les grenadiers d'Artois et de Bourgogne qui ne purent arriver à temps... L'on pourrait faire une critique bien désavantageuse des manœuvres de cette malheureuse journée ”,

Outre les deux relations manuscrites citées plus haut, lesquelles suffiraient pour guider dans le récit de ce siège, j'ai sous les yeux le Journal même du commandant de Louisbourg,

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