DCE TRIER ART ALES
78 MONICALM ET LÉVIS
Lorsqu'ils s'en apercurent, Wolfe avait déjà ordonné aux premières compagnies de pousser de l'avant et de charger à la baïonnette.
M. de Saint-Julhien accourut avec une partie de ses troupes, mais déja les Anglais étaient, en nombre, maîtres de la position. Les Français qui n'étaient pas préparés à un combat à l'arme blanche, ne firent qu’une faible résistance, et reculèrent jusqu’à leurs batteries. La nouvelle se répandit en ce moment parmi eux que la brigade de Whitmore avait opéré sa descente à la Pointe-Blanche, et menaçait de leur couper la retraite. Cette brigade, au contraire, avait rétrogradé avec celle de Lawrence, et pris terre sans beaucoup de résistance, sur le côté opposé de l’anse aux Cormorans, où Amherst les suivit avec le reste de ses troupes. Le détachement de M. de Saint-Julhien, assailli de droite et de gauche, fut obligé d'abandonner ses canons et de battre en retraite, Une partie regagna Louisbourg en suivant les bords de la mer, le reste en faisant un circuit à travers
le chevalier de Drucour, et celui du capitaine de Tourville, commandant du vaisseau le Cupricieux. Chacune de ces relations contient de longs et minutieux détails sur le$ opérations du siège. Le Journal de Drucour à lui seul couvre plus de cent pages in-folio. Quoique ces relations soient évidemment écrites indépendamment les unes des autres, elles s'accordent sur les points essentiels.
Une Relation de la descente des Anglais dans l’Ile-Royale, le 8 juin 1758, fait partie de la collection du chevalier de Lévis, J'ai de plus des copies d’un grand nombre de lettres d'officiers civils et militaires qui ont pris part à la défense de Louisbourg, entre autres de Drucour, Lahoulière, Desgouttes, KSaint-Julhien, Franquet, Prévost. Courserac, etc. Cette multitude de pièces fournissent une surabondance de
renseignements qui permettent de les contrôler les uns par les autres,
16 AUX et de
de ses ombre, nt pas qu'une tteries.
1x que e à la etraite.
4e celle istance, \mherst hement gauche, ittre en vant les travers
l'ourville, b ces relae# opérauvre plus t évidemres, elles
le. Royale, svalier de de lettres la défense lière, Desserac, ete.
dance de
bs uns par
les bois, Les Anglais s’emparèrent successivement des batteries de la Pointe-Plate, de la Pointe-Blanche, et poursuivirent les fuyards jusqu’à l'entrée de la clairière ouverte autour de la place, où ils furent arrêtés par le feu des canons que le chevalier de Drucour fit tirer des remparts pour protéger la rentrée de ses troupes Î,
Cent neuf hommes tués, noyés ou blessés du côté des Anglais ; cinquante tués et soixante-dix prisonniers du côté des Francais, voilà tout ce qu'avait coûté cette journée qui décida du sort de Louisbourg. “ Triste et fatale journée pour l'Etat ”, écrivait à Montréal un témoin de cet échec, l'ingénieur Franquet qui, mieux que personne, connaissait les défauts de la forteresse, et prévoyait sa chute inévitable,
Ambherst choisit pour l'emplacement de son camp une rangée de hauteurs intgales, entre lesquelles coule un ruisseau qui se décharge dans la mer au fond d’une petite anse située à l’est de la Pointe-Plate, Cette anse, d’un abord facile, moins éloignée de Louisbourg que la Cormorandière, était tout indiquée comme le point de communication entre la flotte et l’armée, Le débarquement des tentes, des munitions et du matériel de siège y fut commencé le jour même.
Durant la nuit, la rade de Louisbourg fut illuminée par des jets de flammes qui s’étendaient tout le long du rivage, depuis la ville jusqu’au delà de la Grande Batterie. M. de Drucour avait résolu d'abandonner cette position, et faisait incendier tous les édifices qui l’entouraient :
1 Lettre de M. de Saint-Julhien,9 juin 1758. — Cf, Johnstone, The campaign of Louisbourg.
maisons de pêcheurs et autres constructions qui auraient pu servir d’abri aux ennemis. Les jours qui suivirent, le débarquement fut retardé par la fréquence des bourrasques et des brumes qui rendaient l’atterrissage presque impossible, Un grand nombre d’embarcations furent crevées ou démolies dans le cours des opérations,
Ce ne fut que le 18 que les grosses pièces d'artillerie purent être amenées, Dans lintervalle, linstallation du camp sur une ligne irrégulière de deux milles de longueur se fit avec activité. Le terrain débarrassé des arbres fut nettoyé, et un réseau de chemins tracé du rivage aux tentes, A un demi-mille en avant du camp, trois redoutes le jrotégeaient contre les sorties des assiégés ; à quelque üistan: de l'aile gauche, formée de l'infanterie légère, deux blockhouses solidement assis sur des éminences d’où l'œil domine au loin les ondulations du terrain, étaient gardés par des piquets de soldats qui pouvaient signale. d'avance l'approche des partis de Canadiens et de sauvages qu’on savait venir de l’intérieur de Pile ; enfin une dernière redoute construite à la Cormorandière garantissait les derrières du camp contre une surprise du côté du rivage.
La destruction de la Grande Batterie, rendue nécessaire depuis la descente des Anglais, avait amené l'abandon des autres postes extérieurs, à l'exception de l’île de l’'Entrée, Drucour s'était vu forcé, par la faiblesse de sa garnison, de concentrer sa défense dans l’intérieur des murs, Les Anglais se trouvaient ainsi maîtres de la campagne, Wolfe, que sa bouillante ardeur recommandait pour les coups hardis, s’avança à l’ouest de la
qui qui »nce rris- Ca
des
lerie tion s de 6 des 6 du an p, ; des rmée assis dulats de 1e des venir > CoNres du
nécesmené ion de iblesse térieur res de recomt de la
ville avec douze cents hommes, rangea les coteaux qui s’arrondissent autour de la rade, et vint s'emparer du promontoire qui, au nord-est, resserre l'entrée de cette rade !, Les Français avaient construit sur un escarpement qui domine les environs, une batterie qu’ils venaient d'abandonner après lavoir enclouée, Wolfe la rétablit et en monta d’autres le long du rivage pour canonner l’île de l’Entrée et les vaisseaux français. La flotte anglaise qui lappuyait du côté de la mer, lui fournissait par la baie de Lanrembec tous les approvisionnements de bouche et de guerre dont il avait besoin ; du côté de terre, une chaîne de postes, fortifiés par des redoutes, maintenait ses communications avec l’armée.
Dans la nuit du 18, il démasqua ses batteries et ouvrit un feu formidable contre la flotte francaise, qui y répondit avec une égale vigueur. Ceëite canonnade, dort le bruit fit trembler les échos de la rade toute la nuit et tout le jour suivant, produisit cependant peu d'effet, soit d’un côté, soit de l’autre, A l’ouest de la villé, le canon des remparts n'avait cessé d’inquiéter les mouvements des ennemis qui, à cette date, n’avaient pas encore ouvert la tranchée, Ils s'étaient c eupés à perfectionner ieurs travaux de défense et à ouvrir des chemins pour les pièces de siège, ce qui n'était pas très facile dans ce terrain rocailleux, coupé de mnarécages, et exposé en partie au feu de la place, Une sortie forte de trois cents hommes avait été dirigée en
I Ce promontoire sur lequel s'élevait un phare était appelé la Tour de la Lanterne.
ASSET NME PE CPR MBTE