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MONTCALM ET LEVIS Post, que de voir les moyens dont ils se servent, selon leurs coutumes sauvages, pour tourmenter leurs victimes ”.
Après trois semaines de pérégrinations, durant lesquelles n’ayant que la chasse pour vivre, il se coucha plusieurs fois -sans manger, ‘il arriva (7 août) en vue du fort Machault ! situé au fond d’une gorge sur une pointe formée par un détour de la Rivière-aux-Bœufs. Il n’y avait pour toute garnison que six Francais et un officier aveugle d’un œil. Sur l'assurance que recut Pisquetumen, le chef de ses guides, qu'il ne serait pas molesté, Post pénétra dans le fort, où les Français firent aux sauvages toute espèce de questions pour savoir si les Anglais allaient venir les attaquer, “ ce dont, dit-il, ils étaient très inquiets ”.
Il ne craignit pas de se hasarder jusqu'aux portes mêmes du fort Duquesne, en entrant dans le village de Kachekacheki, importante bourgade des Loups ou Mohicars, formée de quatre groupes de cabanes, pouvant mettre sur pied deux cents guerriers.
Quinze Francais, sous la conduite d’un officier qui, au dire des sauvages ‘“ était un fin renard”, y étaient employés à construire quelques maisons. Post y fut recu avec de grandes démonstrations de joie, du moins apparentes, par le grand chef King Beaver, qui l'invita à diner à côté de lofficier français, Les hommes du conseil l’accompagnèrent ensuite jusqu'au village voisin, où une réception toute différente l’attendait,. Toute la population l’entoura avec des signes de
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menaves, Les guerriers brandissant leurs couteaux avec des cris, des regards féroces, des traits contractés par la rage, se jetaient sur lui en présentant leurs poitrines nues, comme pour chercher un prétexte pour l’assassiner, et lui disant qu’il n’en avait pas pour longterups à vivre, Heureusement que parmi eux se trouvèrent quelques Indiens qui l'avaient déjà rencontré et qui, en le saluant amicalement, écurtèrent les couteaux. Le frère morave, qui savait habilement manier l'esprit des sauvages, et qui exercait une grande puissance par son air inspiré, sa contenance calme et pleine de douceur, finit par apaiser son farouche entourage. Ils consentirent à écouter son message, mais insistèrent pour qu’il se rendit avec eux au fort Duquesne, où, disaient-ils, il y avait des sauvages de huit uüifférentes nations qui voulaient l'entendre, Post eut beau s'opposer à cette périlleuse démarche, il Ivi fallut s’y résigner.
‘“ Nous arrivâmes, dit-il, dans l'après-midi, en vue du fort dont nous étions séparés par ‘la rivière, Tous les chefs indiens qui s’y trouvaient traversèrent immédiatement et m’entourèrent, pendant que King Beaver me présentait à eux en disant: “ Voici notre frère anglais qui nous a apporté de grandes nouvelles ”. Deux se levèrent et me signifièrent qu’ils étaient contents de me voir; mais un vieil Onontagué sourd se leva et témoigna son mécontentement, Ce sauvage est détesté des autres ; il n'avait rien entendu dire de ce qui s’était passé. Il demeure ici depuis très longtemps, vit constamment dans le fort, et est extrêmement attaché aux Francais.
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