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— ‘Je ne connais pas, dit-il, ce Swannock (cet Anglais), peut-êcre le connaissez-vous, Moi, Chaouénon, et mon Père (le commandant francais), nous ne le connaissons pas. Je me tiens ici (et en disant cela il frappait la terre du pied) comme un homme sur son propre terrain, Voilà pourquoi, moi, Chaouénon, et mon Père, nous n’aimons pas qu’un Swannock vienne sur notre terrain,
“ Alors il se fit un long silence pendant que le calumet passait de bouche en bouche ”.
Les Français venus avec leurs sauvages demandèrent qu'on leur livrât le frère morave, mais sa suite s’y opposa.
Dans l’après-midi du lendemain (25), il arriva au fort trois cents Canadiens qui annoncèrent que six ecuts autres allaient bientôt les suivre, avec quarante bateaux chargés de munitions. Post fut averti par les siens de ne pas s'éloigner de leurs feux, car, disaient-ils, les Français avaient offert une grande récompense pour sa chevelure, ‘“ Alors, ajoute Post, je me tins constammen au:s31 près du feu que si jy avais été enchainé ”.
Le jour suivant, une grande foule d'officiers français et d’Indiens, au nombre de trois cents, traversèrent la 1ivière, “ Les ofticiers avaient apporté avec eux une table, des plumes, de l’encre et du papier ; je parlai au milieu d'eux avec une conscience libre, et je vis bien par le regard des Français qu’ils n’aimaient pas ce que je disais ”.
Le frère fit alors un long discours, dont il accompagna chaque point par un collier qu’il jetait en terminant au milieu de l'assemblée, Il invita les différentes nations
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à renouer les anneaux de l’amitié d'autrefois, et à rester neutres comme les frères moraves, afin de ne pas encourir la vengeance des Anglais, dont rne grande armée, déjà proche, allait chasser tous les Français du pays.
Les fières paroles du vieillard onontagué avaient résumé d'avance la réponse des autres guerriers, gagnés déjà par les présents de M. Des Ligneris 1, Post en était dans l’étonnement: “Il n’y a pas, dit-il, de peuple plus fier ni d’un esprit plus élevé que les Indiens ”
* Is se croient, ajoute-t-il, les hommes les plus sages et les plus prudents du monde, et qu'ils peuvens écraser à la fois les Français et les Anglais, quand il leur plaira. A leurs yeux les blancs ne sont rien ; cependant ils en sont extrêmement jaloux. — Mon frère, disent-ils, les blancs s’imagineut que nous n'avons pas de cervelle dans la tête, et que eux seuls sont grands et forts. Nous ne sommes qu’une poignée comparés à vous, mais regarde, quand vous courez après le coq des bois, vous ne pouvez pas toujours le trouver; il est si petit qu'il se cache dans les buissons. Et quand vous chassez le serpent à sonnettes, vous ne pouvez pas le découvrir; pourtant il peut vous mordre avant que vous ne l’ayez vu. Dieu vous a donné les êtres apprivoisés, nous ne voulons pas vous les enlever, Il nous a
1— “ Les chefs des différentes nations qui écoutaient cette parole ne daignèrent pas y répondre; ils conseillèrent aux Loups de leur livrer cet Anglais pour le mener à M. Des Ligneris, … les assurant qu'ils ne lui feraient pas de mal, parce qu'il était venu accompagné d’un Loup des Montagnes Mais M. Des Ligneris s'aperçut bien que ce n'était pas leur dessein ”. Vaudreuil au ministre, 15 octobre 1758,
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