‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme] (volume 2)Chapitre 66 sur 85 · PAYS · texte numérisé non relu

PAYS

donné le chevreuil et les autres bêtes sa”vages, dont nous avons besoin pour vivre, Vous autres, vous êtes venus ici uniquement pour tromper les pauvres Indiens, et leur enlever leurs terres ”.

C'était là le thème sur lequel ils revenaient continuellement, Leurs malheureux restes qui s’éteignent aujourd’hui sur les frontières de l'Ouest sont là pour dire jusqu’à quel point ils avaient raison.

Malgré ces défiances, la mission de Post, favorisée par les circonstances du moment, exerca une influence sensible sur les tribus de l'Ohio. 3

Averti que plusieurs partis étaient déjà en campagne pour lui couper la retraite, il s’échappa furtivement le lendemain, dès le lever du jour, avec six Indiens. C’était un dimanche. Comme il s’éloignait, il entendit tirer les canons du fort. ‘“ Je comptai dix-neuf coups et j'en conclus que c’était la coutume d'annoncer ainsi le jour du Seigneur ”.

De retour à Augusta, son enthousiasme religieux se répandit en actions de grâces envers Dieu, qui l'avait arraché comme miraculeusement de la griffe des tigres.

“ Trente-deux nuits j'ai dormi dans la forêt, sans autre couverture que la voûte des cieux, La rosée m'a parfois pénétré jusqu'aux os. Louange et gloire à Dieu qui m'a fait sortir du nuage épais, lourd et noir où j'étais enfoncé, et m’a remis dans la grande lumière ”.

Par une claire journée du mois d’août, un groupe d’Indiens et de blancs gravissaient une hauteur connue depuis sous le nom de Grant’s Hill, voisine du fort Duquesne, C'était un détachement d’éclaireurs du général Forbes, aux ordres d'un officier virginien.

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Cachés derrière d’épais buissons, ils purent observer à loisir la place et le camp qui l’environnait, Le drapeau de France flottait au-dessus d’une enceinte de remparts, de très petites dimensions, mais paraissant bien fortifiés et armés. En face du fort et à sa gauche, les rivières Ohio et Monongahéla tracçaient deux traits de lumière sur le fond obscur du paysage. En decà des fossés, sur les glacis et dans l’éclaireie du terrain, plusieurs tentes entourées d'un village de wigwams étoilaient le gazon. Au delà du fort Duquesne, en remontant l'Ohio, s’échelonnaient le long de la berge une soixantaine de maisonnettes, tandis que sur l’autre rive une espèce de parallélogramme indiquait quelques travaux de fortifications. Dans l’intérieur du camp indien, d’où s’élevaient de légères colonnes de fumée, grouillaient des attroupements d'enfants et de squaws, et tout un peuple de guerriers et de blancs, voyageurs, soldats ou ofliciers, cireulant dans le voisinage et dans l'enceinte du fort. Tout auprès, en arrière, et comme servant de cadre à ce coin de terre animé, se dressaient à pie et immobiles, dans leur majesté primitive, les escarpements de la rivière drapés dans leur vert manteau de feuillage chatoyant au grand soleil d'été.

Il parut évident aux éclaireurs que les troupes dont disposait M. Des Ligneris étaient beaucoup moins considérables que ne Favait imaginé le général Forbes, d’après les rapports presque toujours mensongers des sauvages, Post avait appris à son passage qu’elles ne comptaient que quatorze cents hommes, ce qui était encore au-dessus de la vérité. Il est vrai que Bigot

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