PART PRET ENTRER D REP
DE mer"
centaine d'hommes, Macdonald tomba raide mort, pendant cette fuite, avec plusieurs de ses soldats,
Le capitaine Aubry était sorti du fort avec un détachement de cinq cents hommes, et sans se laisser tromper par le bruit du tambour et des fifres, marcha droit contre le corps de Mackenzie en suivant le bord de la ‘onongahéla, Plusieurs des Français s'étaient armés si précipitamment qu'ils étaient sortis en chemise,
L'engagement de ce côté fut des plus vifs. Les Ecossais n'ayant jamais combattu en guérillas, soutinrent le choc dans la plaine ouverte avec leur intrépidité ordinaire, Les Canadiens se dispersant sur la lisière de la forêt, les décimèrent avec une effroyable rapidité,
L'étrangeté de cette situation toute nouvelle pour les montagnards, les hurlements des Indiens qui faisaient tressaillir les échos, la vue de ces monstres nus, à panaches de plumes, assommant les blessés et leur levant la chevelure, les glacèrent d’épouvante, Ils lchèrent pied et s’enfuirent vers l’éminence dans un désordre indescriptible, Grant accourut pour les rallier et donna l'exemple du courage, mais ni les ordres ni les exhortations ne furent écoutés. L'imprudent major vit alors qu’il était perdu: il reprit le chemin coupé dans la forêt qu'il avait suivi la nuit précédente, espérant rejoindre ses bagages avec son arrière-garde, fortifiée du détachement du major Lewis. Mais quelle fut sa consternation de n’y trouver en arrivant que les cinquante hommes de Bullet! Lewis entendant une fusillade prolongée qui se rapprochait, avait compris que le corps de Grant était en danger et battait en retraite. Il
nort,
létaisser reha bord aient s en
Ecosent le ordi- de la
our les isaient panalevant hèrent gordre donna exhort alors lans la pérant rtifiée fut sa es cin- > fusilque le hite. IL
fit alors volte-face pour courir à son secours, et afin d’y arriver plus vite, il marcha en ligne droite à travers la forêt au lieu de suivre le détour que faisait le chemin, ne soupconnant pas que les deux détachements allaient ainsi se croiser sans se voir, Il fut bientôt arrêté et assailli de front et de côté par des escouades de Canadiens et de sauvages,
Son détachement culbuté en désordre fut acculé à l'Ohio, où une partie de ses gens se précipitèrent affolés et se noyèrent ; quelques-uns réussirent à atteindre la rive opposée et s’échappèrent; le reste prit la fuite vers les bagages. Ils y trouvèrent les débris du corps de Grant, et le piquet de Virginiens de Bullet qui se defendait vañlamment et protégeait la retraite, La plus grande partie de ce piquet se laissa abattre sans vouloir se rendre, et donna ainsi le temps aux fuyards de regagner les bateaux. Grant et Lewis furent faits prisonniers, Leurs ingénieurs étaient au nombre des morts. Des Ligneris avait dirigé l’action générale avec le même sang-froid qu’il avait montré devant l’armée de Braddock,
L'auteur du Voyage au Canada qui prit part à l'action, dit “ qu'on fit trente-cinq prisonniers, dont sept par les sauvages qui les donnèrent au commandant du fort, Les Francais n’eurent qu’un homme de tué et cinq blessés. Le motif de ce peu de perte de la part es Français, ajoute-t-il, c’est qu'ils combattaient derrière les arbres, tandis que l’ennemi, particulièrement les Ecossais, était à découvert”. Les Anglais qui mettaient toujours au plus bas le chiffre de leurs
"4 ‘| à Fi
pertes, avouèrent qu’ils avaient eu deux cent soixantetreize hommes tués, blessés ou perdus.
Dans cette affaire, il n’y eut d’égale à la témérité de Grant que l’intrépidité des Canadiens. Pris par surprise, ils ne perdirent pas un instant leur présence d'esprit, ne se contentèrent pas de garder la défensive, mais “ foncèrent ” sur leurs assaillants qu’ils mirent en déroute, Les Anglais purent se convaincre, une fois de plus, que les Canadiens n'avaient pas de rivaux dans ce genre de guerre.
Les sauvages, selon leur coutume, regagnèrent leurs villages ‘“ après avoir fait leur coup, sans que l’on pût les arrêter 1 ?,
Forbes, qui n'avait pas été prévenu de l'expédition, en fit des reproches à Bouquet, se bornant à ajouter que son ami Grant avait dû certainement perdre la tête,
M. Des Ligneris profita de lentrain imprimé à ses troupes par ce succès pour lancer de nouveaux partis de guerre, afin de s'assurer de la marche de l’armée anglaise. Celui dont les exploits eurent le plus d'éclat, fut un corps de six vents hommes, Canadiens et Loups, qui, sous la conduite du capitaine Aubry, se porta sur le camp retranché de Loyalhannon, Il commenca par enlever une énorme quantité de chevaux et tuer deux cents bestiaux ; il défit ensuite un détachement envoyé à sa renconcre, le poursuivit jusqu’à une première ligne de défense, dont il s’empara après en avoir chassé deux mille hommes, et tint bloqué pendant deux jours le camp retranché lui-même, I] ne se retira que devant
pe —— - —— —— - ——
1— Lettre de M. du Vernys.
nte-
cé de sursence 1sive, nt en » fois ivaux
, leurs n pût
lition, jouter la tête, à ses partis ’armée d'éclat, Loups, ta sur a par
* deux
nvoyé emière chassé < jours devant
les régiments soutenus de l'artillerie, après avoir enterré ses morts qui au reste étaient peu nombreux, et emporté ses blessés, Il avait fait donze prisonniers 1, Les Anglais s'étaient imaginé avoir affaire à douze cents Français et deux cents sauvages 2. Les troupes de l'expédition s’en retournèrent presque toutes à cheval.
Un peu plus tard, une autre bande de quarante-einq Canadiens et sauvages, sous M. de Corbière, fit aux environs de Raystown une centaine de chevelures et sept prisonniers. ‘“ Ces événements, remarque le capitaine Pouchot, doivent paraître extraordinaires, mais on en concevra la possibilité si on considère que les Anglais ne se portaient en avant qu’en tremblant ; que lorsqu'ils étaient attaqués, ils ne pouvaient presque pas juger du nombre de leurs ennemis, parce que nos gens étaient toujours dispersés et cachés derrière des arbres. Les Anglais, au contraire, n’osant s’éparpiller dans un pays inconnu, demeurant toujours en corps, étaient écrasés par le peu d'hommes qui tiraient très juste # ?,
Les deux expéditions de Grant et d’Aubry donnent la mesure des qualités respectives des deux armées. Grant, avec huit cents hommes des meilleures troupes anglaises, est abîmé et mis en complète déroute devant le fort Duquesne ; Aubry, avec six cents Canadiens et deux cen,s sauvages, va bloquer Loyalhannon, défendu par des forces écrasantes, tue cu enlève une grande
1— Journal de Montcalm.