ETATS
quantité d'animaux, et se retire triomphant sans être entamé ni poursuivi,
Forbes venait alors de convoquer à Easton, de concert avec le gouverneur de la Pensylvanie, William Denny, un grand conseil des sauvages, auquel assistaient les délégués des Cinq-Nations, d’une partie des Loups ou Mohicans et de plusieurs autres tribus. Le déploiement des forces que le général poussait devant lui, avait produit son effet sur l'imagination des Indiens qui, rôdant sans cesse du fort Duquesne au camp anglais, se rendaient plus que jamais compte de la faiblesse des Français, et sacrifiaient leurs sympathies à leurs intérêts. Durant les séances interminables du conseil, il y eut force discours, force protestations d'amitié, acceptation de branches de porcelaine ; enfin, il fut décidé d'envoyer un messager avec de nouveaux colliers aux tribus de l'Ohio. Le choix tomba naturellement sur Frédéric Post, Pisquetumen devait l'accompagner comme au premier voyage. — ‘“ Frère, s’écria l’Indien avec ivresse en le voyant, je suis heureux de te reprendre entre 1 *s bras ; je ne te laisserai plus partir ”. Mais le soir même, Pisquetumen était étendu ivre-mort sur la route. Impossible de partir ce jour-là. Arrivés au camp du général Forbes, ils furent recus avec de grandes démonstrations d'amitié, Une escorte de cent hommes, aux ordres du capitaine Haslet, lui fut donnée pour l'accompagner jusqu'au pied des Alleghanys.
Ur: petite escouade qui le conduisit plus avant dans ;a forêt, fut en partie détruite à son retour par les euerriers d’une des tribus auxquelles le frère morave
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allait porter le calumet de paix, Son curieux Journal, qui rappelle les Relations des Jésuites, n’en reflète pas moins une grande tranquillité d'esprit,
Dans ces SaUVages solitudes, la nature semblait menaçante comme les hommes. « Cette nuit, écrivait Post, les loups ont fait une terrible musique ”. Une autre nuit, le cri sinistre des hiboux ÿ faisait chorus.
Le 13 novembre “ nous nous habillâmes aussi bien que possible, en costume Sauvage... Le lendemain soir nous entendimes les sT0s canons du fort Duquesne, Chaque fois que je regardais du côté de cette place, J'éprouvais une sinistre impression; cette vue seule me semblait horrible et noire ”.
La réception faite à Kachekacheki avait été de mauvais augure, Le village était Gésert, Les guerriers, à la veille d'arriver de l'expédition contre Loyalhannon, n'avaient pas encore essuyé sur leurs haches le sang des Anglais. C'était ce parti qui avait mis en pièces la petite escorte de Post. Le sergent Henry Osten fait prisonnier dans cette rencontre, était condamné à être brûlé. L'affreux eri de guerre l'avait accueilli à son
apparition, et il avait Passé par la bastonnade avant d'entrer au village. Les esprits étaient d'ailleurs soulevés par un officier et quatre soldats francais, revenus de l’expédition avec les sauvages. “ Celui qui a seulement la moitié d’un œil, disaient les jeunes guerriers, peut voir que les An:lais n’ont pas d'autre intention que de nous tromper, Ne vaut-il pas mieux tout de suite casser la tête à ces messagers ” ?
Post recut l'avis de ne pas s'éloigner de la cabane où il logeait, car les guerriers étaient encore enivrés de