ÉTAT DES TROUPES CAMPÉES A L'ILE-AUX-NOIX
Trois bataillons des troupes de terre... 1,165 hommes, Un bataillon des troupes de la marine, de ULB: OOMPAMNTON, item teens dite 417 «4
Deux compagnies de volontaires, composées en partie des piquets des cinq bataillons
de Québec.............… NE à LU LS a TS 98 dé Cao rem serre da re tete 34 “6 | Soldats des piquets attachés au service de | L'ART ARR Tu brute Gers Canonniers de milice... FOSTER Ouvriers attachés au genie... 4 40 PERL | Miliciens attachés aux compagnies de volon- LR PP SA PE 25 L
Miliciens en huit brigades (sie), à lasuite des
compagnies du bataillon de la marine,
dontgrand nombre d'enfants et vieillards 1,157 de ROAD EN de rer 3,040
Dans cet état, ne sont pas conpris cent soixante-treize |
officiers. — Lettre de Bourlamaque à Montcalm, 6 août 1759. s*
de soutenir un coup de main, A peine prenait-il quelques heures de repos. “ Afin, disent les Mémoires sur Le Canadu, d'être toujours prêt à la première alerte, il se couchait de travers sur son lit, pour qu’une blessure dont il se sentait encore ne le laissât pas dormir longtemps ; il faisait toutes les nuits quatre où cinq rondes, et tous les jours il était aux travaux; lui seul ne reposait point, ayant soin de faire relever exactement les travailleurs par ceux qui avaient pris leur repos, et qu'au sortir de leurs travaux, ils trouvassent leur ordinaire prêt !?.
De temps en temps, un petit billet daté du camp de Beauport, et tout récemment du saut Montmorency, où Montcalm avait établi son quartier général, l’instruisait des opérations du siège de Québec. Mais ce que le marquis ne pouvait lui apprendre, c'était l’étar de consternation où se trouvait l’armée assiégcante, à qui on avait vainement essayé de cacher la maladie grave dont était atteint le général Wolfe depuis sa défaite à Montmorency. Sa faible constitution, minée par les fatigues du siège, n'avait pu résister au choc qu’il avait ressenti, lorsque du haut du navire d’où il dirigeait la bataille, il avait vu tomber l'élite de ses soldats, et avec eux les espérances dont il s'était flatté jusqu’à ce jour, Il crut son expédition manquée ; il eut même l'idée d'aller se fortifier à l’Ile-aux-Uoudres, et d'y laisser une partie de sou armée, dans l'intention de revenir au printemps ?.
Après l'échec du 31 juillet, il avaiteu le tort d'en rejeter
1 — Mémoires sur le Canada.
2— Knox’s Journal, vol. IT, p. 28.
la faute sur ses braves grenadiers, à qui il reprocha d'être montés à l'assaut avec trop de précipitation, La faute en était bien plus au général, qui n'avait pas suffisamment calculé les difficultés qu’il avait sous les yeux. C’était sous l'empire du même désappointement qu'il avait lancé le manifeste que les écrivains amis et ennemis lui ont reproché, et dans lequel il déclarait aux Canadiens qu’ils n'avaient plus droit à sa pitié, puisqu'ils avaient méprisé ses offres de protection, et refusé d'observer la neutralité qu’il leur avait demandée, En justice pour lui-même et pour son armée, il ne pouvait, disait-il, s'abstenir plus longtemps de les châtier de leur ingratitude, et il allait déchaîner ses soldats pour incendier leurs habitations, détruire leurs bestiaux et ravager leurs moissons, Il cherchait à excuser ces actes de barbarie en accusant les Canadiens d'exercer sur ses troupes les mêmes cruautés que les sauvages,
“ M. de Vaudreuil, raconte Montcalm, avait écrit au sieur Parent, curé de l’Ange-Gardien, et envoyé des couteaux à quelques Canadiens, qui font une partie de l'équipement fourni par le roi. Le général Wolfe a intercepté la lettre et en a fuit faire une au dit curé d'un style relatif à son caractère bouillant et emporté : “ Dites à votre gouverneur que s'il veut indiquer le
jour, je retirerai mon artillerie et nous déciderons l'affaire en rase campagne ”. Rodomontade qui au fond ne signifie rien! Il se récrie sur les couteaux envoyés pour faire des chevelures, à ce qu'il prétend. Cet article lui tient fort au cœur... Il annonce aux habitants que, passé le 20, on ne pourra plus compter
. sur sa clémence, et qu’il mettra tout à feu et à sang; |
ce naturel féroce fait précéder l'effet à la menace 1”, I
Effectivement, Wolfe avait déjà fait incendier “ plus f.
d’une lieue et demie de pays ?”, au sud de Québec, gs
vis-à-vis la Pointe-aux-Trembles, L’effroi que lu el
inspirait l'opinion publique en Angleterre, où on lui l:
demanderait compte du sang inutilement versé, et des le
sommes énormes engagées dans cette expédition, tel le
était le motif qui le poussait à ces cruelles extrémités fil
RE qu'il se reprochait intérieurement; mais il voulait au la | moins pouvoir dire qu’il n'avait laissé derrière lui que ce des ruines, A partir de ce moment, ses hordes de al rangers, soutenues de l'infanterie légère et des Ecossais, ] D
se répandirent des deux côtés du fleuve, la torche à la main, On pouvait suivre leur marche, aux nuages de qu fumée, qui le jour s’élevaient dans les airs, et la nuit, l'i ; aux lueurs sinistres qui marquaient de taches rouges ju. les maisons, les granges, les étables en feu, Les familles mi ° retirées aux confins des paroisses stationnaient sur les sai montagnes ou les hauteurs qui dominent les forêts, et lui suivaient d’un œil de désespoir le progrès de ces dévas- ; où tations. Des cris et des lamentations éclataient dans un des groupe ou dans un autre, à mesure qu’ils apercevaient
les flammes percer le toit de leurs habitations, Montcalm E ap
| fut saisi de pitié pour les miliciens des paroisses les de il plus expostes. Il organisa neuf partis différents pour frè: s'attacher aux pas des incendiaires et les décimer ?: un pas
An L— Journal de Montcalm, 12 août, 1 d'E 2 — Siège de Québec, en 1759, Bibliothèque de Hartwell. Ca
3— Lettre de Montcalm à Lévis, au camp du saut Montmorency, 24 août 1739.
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bon nombre, en effet, ne revinrent pas de ces incursions. Les rangers, de leur côté, sous le prétexte toujours facile à inventer, que les Canadiens se déguisaient en sauvages, scalpaient ceux qui tombaient sous leurs coups. Toutes les paroisses de lîle d'Orléans, celles de la rive sud en face, celles de la côte de Beaupré, depuis le saut Montmorency jusqu'au cap Tourmente, tout le littoral de la baie Saint-Paul, et vis-à-vis aa sud du fleuve, sur une étendue d’une dizaine de lieues, depuis la Rivière-Ouelle jusqu’à PIslet, tout fut réduit en cendres. Malgré linjonction faite ‘ par le général anglais d'épargner les églises, plusieurs‘furent détruites. Dans toute la paroisse du Château-Richer, un seul fournil était resté debout, A Sainte-Anne, il n’y eut que l'église et quatre maisons qui échappèrent à l'incendie ; encore, d’après une tradition transmise jusqu'à nos jours, l’église ne fut conservée que par un miracle attribué à une protection visible de la bonne sainte Anne, car le feu mis par trois fois, s’éteignit de lui-même. L’incendie de la paroisse de Saint-Joachim, où les habitants se mirent en défense, fut signalé par des horreurs qui révoltèrent les Anglais eux-mêmes, Philippe-René de Portneuf, curé de Saint-Joachim, appartenait à l’ancienne famille des Robineau, barons de Bécancourt, Plusieurs de ses ancêtres et trois de ses frères s'étaient distingués à la guerre ; lui-même n’était pas homme à abandonner ses paroiss.ens par la peur des Anglais, Lorsqu'il vit le détachement de rangers et d'Ecossais débarquer sur la grève, en arrière du Petit- Cap, couronné alors comme aujourd’hui par le château
Bellevue 1, il envoya un habitant porter au commandant un petit billet, dans lequel il l’invitait à diner avec ses officiers, l’assurant que ceux qui lui feraient cet honneur pourraient s’en retourner en toute sécurité, Il ajoutait
que si le commandant anglais combattait pour son roi et
pour la gloire, lui-même ne pouvait pas être blâmé de combattre pour ses nauvres paroissiens et pour la défense de son pays. L’officier s’'excusa de ne pouvoir accepter sa politesse, et ajouta qu'il se flattait de pouvoir avant peu avoir le plaisir d'inviter le brave ecclésiastique et ses adhérents dans le camp anglais ?.
Une cinquantaine d'habitants étaient alors rassemblés dans le voisinage, observant les mouvements des ennemis, Lorsqu'ils les virent occupés à détruire et à brûler le presbytère et l’église, ils comprirent que leurs habitations étaient menacées du même sort, et se déterminèrent à défendre leurs propriétés. Munis de leurs fusils de chasse, ils s’'embusquèrent sur le penchant d’un coteau couvert de bois et commandant le chemin que devaient suivre les ennemis dans leur marche. Le brave curé ne crut pas pouvoir abandonner ses paroissiens dans cette occasion périlleuse ; il les accompagna pour les aider de ses conseils, et leur administrer au besoin les secours de la religion, Les’ Canadiens défendirent vaillzmment leur poste ; mais enfin, pressés par des forces supérieures et menacés d’être cernés de toutes parts, ils prirent la fuite, laissant sur le champ sept à