‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme] (volume 3)Chapitre 24 sur 58 · MIX · texte numérisé non relu

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d’arborer sur les rempart: le drapeau parlementaire, et d'aller proposer la capitrlation ; mais Joannès se révolta avec indignation contre cet ordre, “ Je protestai, dit-il, devant tout le monde, de l'avis que j'avais donné au

conseil de guerre, puisque les choses changeaient de face; et je proposai de faire par moi-même des recherches plus exactes pour trouver de la farine, On

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ne parla done plus de capitulation jusqu’à quatre heures du soir”,

Mais alors, l'amiral Saunders, profitant du vent de nord-est qui soufait depuis deux jours, avec des orages de pluie, fit avancer six de ses gros vaisseaux qui vinrent s'embosser en face de la basse ville. La garde de tranchée des Anglais s’approchait en ce moment de la porte Saint-Jean pour débarrasser le terrain des buissons et des abris qui pouvaient servir d'asile aux francstireurs, La ville crut à une attaque simultanée du côté de terre et de mer: on battit la générale, Fiedmond et Joannès proposèrent à Ramezay d’'évacuer la basse ville, “ séparée de la haute rar des coupures”, et de renforcer celle-ci par les troupes qu'on y ferait monter. Mais cet officier qui, au dire de Joannès, n'avait jamais vu la guerre que dans un bois, et ignorait la facon de défendre une place, refusa de suivre cet avis. Il fit arborer le drapeau du côté de la rade et de la terre, “Je le fis arracher, continue Joannès, ne croyant pas qu'on eût changé d'avis, mais je recus dans l'instant un ordre par écrit d'aller capituler, et le mémoire me fut remis en conséquence”, Joannès ne songea plus dès lors qu'à traîner les négociations en longueur, et à faire surgir des difficultés, afin de donner aux secours annoncés le temps d'entrer en ville, “ Je gagnai par là, dit-il, jusqu’à onze heures du soir, que le général anglais me prescrivit pour avoir la réponse ; je rentrai done dans la ville et rendis compte à M. de Ramezay des difficultés

que j'avais fait naître ”. La Rochebeaucour chevauchait

en ce moment avec sa cavalerie, à travers la pluie, le vent et l’obseurité, le long des battures de Beauport, et s’en-

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rageait dans le gué de la rivière Saint-Charles, Dans une demi-heure, 11 allait pénétrer dans la ville, Onze heures sonnaient, Ramezay, bien loin d'écouter les djurations de Joannès, se hâta de lui donner un second ordre par écrit pour conclure la capitulation, et le renvoya au camp anglais. À peine était-il sorti de la porte Saint-Louis, que la Rochebeaucour entrait par celle de la Canoterie, avec ses sacs de biscuits ruisselant d’eau, Ramezay, tout déconcerté, lui balbutia qu'il était trop tard, que Joannès était rendu auprès du général anglais pour conelure la capitulation. ‘ Après lui avoir représenté, dit la Rocliebeaucour, que certainement il allait avoir du secours, il m'a laissé entrevoir que si on lui refuse quelque article, il romprait tout, à condition que le lendemain vous lui enverriez de quatre à cinq cents hommes, chose qui peut être exécutée jusqu’à présent, quant à la communication, Je me chargerais si vous vouliez, de les faire passer avec les vivres 17?

Ramezay se débarrassa de la présence importune de la Rochebeaucour, en le berçcant de promesses qu'il était décidé à ne pas remplir.

Joannès prolongea la négociation jusque dans la matinée du lendemain, Lévis était alors en marche ave” toute l’armée, Il descendit de cheval à la Pointeaux - Trembles, pour éerix: à Bougainville : “ Vous ne devez pas douter de tous mes regrets de la perte que nous venons de faire (de M. de Montcalm), elle est des plus grandes, Je l'ai regretté comme mon

1 Collection Moreau de Saint-Méry, La Rochebeaucour à Vaudreuil, 18 septembre 1759.

général et mon ami. Il me laisse une besogne bien difficile à faire, et nos plus habiles en seraient embarrassés. Il faut faire pour le inieux..….. La position où nous trouverons les ennemis nous décidera pour le parti à prendre 1”,

Lévis venait d'écrire à Bourlamaque dans le même sens en lui annonçant qu’il était en marche pour secourir Québec, Il le priait de cacher le désastre autant que possible et ménageait sa susceptibilité, L'Ile-aux-Noix; si bien défendue par Bourlamaque, ne linquiétait pas. Il comptait sur lui pour le seconder et l’aviser. Enfin, il le priait de le tenir au courant de tout ?,

Le retour du beau temps, qui rendait la marche de l’armée plus facile, la présence de Lévis qui avait le soin de se montrer d’un régiment à l’autre, faisant paraître sur sa figure martiale un air calme et confiant, avaient ramené dans les rangs la bonne humeur et l’entrain, On se rassurait sur le sort de Québec, dans la pensée que le commandant n’oserait agir sans de nouveaux ordres, puisque Île gouverneur avait révoqué ses premières instructions, et ordonné de tenir jusqu’\

1— Manuscrits de Bougainville: Lévis à Bougainville, 18 septembre.

2 — Bourlamaque répondit à cette lettre, le 21 septembre: ‘ La confiance eue votre arrivée a rendue aux troupes battues a passé jusqu’à celles-ci, et l’on s'attend à vous voir bientôt rétablir nos affaires. Ce qui est sûr, et je le dis sans compliment, parce que je suis dans l’usage de n'en point faire, c'est qu’elles sont en bien bonnes mains.

‘Je me ‘ferai toujours gloire de vous seconder de mon mieux... Ce ne sera jamais par mes avis, dont vous n'avez assurément pas besoin, mais par mon attention à vous aider, encore moins comme citoyen que comme votre serviteur et votre ami. Je vous supplie de me regarder comme tel ”.

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MONTCALM ET LÉVIS l'extrémité, L'armée marcha toute la journée du 18, Elle entrait le lendemain, au soleil couchant, à Saint

Augustin, et se préparait à y passer la nuit, lorsqu'éclata l'incroyable nouvelle que Ramezay avait signé la capi-

tulation, Le capitaine Daubrespy, de la garnison de Québec, expédié par lui, en remit les articles à Vaudreuil, Un eri d’indignation se leva dans toute l’armée, “ Il est inouï, écrit le général de Lévis, que l’on rende une place sans qu'elle soit ni attaquée ni investie 1”, Bougainville qui marchait à l'avant-garde, avait dépassé Charlesbourg le 18 au soir, et n’était plus qu’à troisquarts de lieue de Québec, prêt à s’y jeter avec six cents hommes d'élite, quand il apprit la fatale nouvelle: “ Telle a été, dit-il avec amertume, la fin de la campagne du monde la plus belle jusqu’à ce moment”, Townshend s'était montré très facile sur les termes de la capitulation, car sa position était très critique et il voulait Québec à tout prix. Il s’étonnait même de la bonne fortune qui lui en ouvrait les portes avant qu’il eût ‘iré un seul coup de canon ?. La garnison obtint

1 — Lettre du chevalier de Lévis au maréchal de Belle-Isle, p. 243. an

2 Its early submission, even before a gun was fired against it, has saved the troops from much fatigue”, Ordre du jour du général Townshend. Knox, Vol. II, p. 84.

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les honneurs de la guerre : elle devait sortir de la ville tambour battant, mèche allumée, avee deux pièces de campagne et douze coups à tirer; les soldats et les marins seraient transportés en France ; les citoyens ne seraient pas inquiétés pour avoir servi, et conserveraient leurs biens, leurs droits et privilèges avec le libre exercice de la religion catholique, Les habitants des campagnes qui mettraient bas les armes auraient droit aux mêmes avantages.

Le 18, avant le coucher du soleil, les portes de la cité furent ouvertes, Le général Townshend, avec son étatmajor, suivi de trois compagnies de grenadiers et d’un détachement de l'artillerie traînant une pièce de campagne sur laquelle flottait le drapeau britannique, traversa la haute ville, et s'arrêta en face du château Saint-Louis. Le commandant de la place qui ly attendait, lui en remit les clefs, Les blancs uniformes de France s’alignèrent une dernière fois devant les portes et défilèrent en silence pour-faire place aux sentinelles anglaises, Un corps de marins, détaché de la flotte sous le commandement du capitaine Palifer, prit possession de la basse ville. Des salves d'artillerie saluèrent le drapeau d'Angleterre, arboré à la fois sur le sommet de la côte de la montagne et sur la citadelle, d’où il ne devait plus descerdrel ,

1— 4 The Union flag was displayed on the citadel ”. Knox, vol. II, p. 85. La citadelle actuelle n'existait pas; les fortifications coupaient la pointe du cap à peu près en ligne droite, et se terminaient du côté du fleuve par un ouvrage à double bastion, relié par une courtine.

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Restait le soin de garder cette conquête en passant l'hiver au milieu des ruines, privé de toute communication, et à portée d’un ennemi actif et audacieux, L’oreueilleux Townshend, impatient de retourner en Angleterre pour jouir d’un triomphe que d’autres avaient plus mérité que lui, confia cette difficile tâche au brigadier James Murray. Les neuf régiments de la ligne, avec l'artillerie et une compagnie de rangers, formant un effectif de sept mille trois cent treize hommes, restèrent sous ses ordres, Les autres compagnies de rangers, avec les grenadiers de Louisbourg et les marins, se préparèrent à remonter sur la flotte, Le major Elliot, avec un corps de einq cents hommes, alla déloger les Français de l’onvrage à cornes, et y laissa une forte garnison, En attendant qu'un nombre suffisant de maisons fût réparé pour servir de casernes, les troupes vinrent camper sous les murs de la ville,

Le capitaine Knox ne tarda pas à porter son œil observateur sur tous les points de la cité guerrière, Le 20, ayant des ordres à transmettre à la Pointe-Lévis “Je partis, dit-il, en canot de la basse ville, ce qui me donna l’occasion de voir plus distinctement le grand effet produit par notre artillerie de la rive sud: de fait le ravage est inconcevable, Les maisons restées debout sont toutes plus ou moins perforées par nos boulets, La ville basse est tellement en ruines qu’il est presque impossible de circuler dans les rues. Les parties de la ville les moins endommagées sont les rues qui conduisent aux portes Saint-Jean, Saint-Louis et du Palais. Cependant, quoique plus éloignées de nos batteries,

elles portent les marques d’une destruction presque vénérale, Les maisons bâties sur le sommet de la‘montagne, depuis le palais de l’évêque jusqu'au cap Diamant, sont les plus endommagées, et doivent subir d'incroyables réparations pour être tant soit peu habitables 1”,

Les édifices publics, sur lesquels s'était principalement concentré le feu des ennemis, avaient été, les uns entièrement détruits, les autres criblés de coups et crevés par les projectiles. Il ne restait de la cathédrale que ses murs calcinés et la tour en pierre de son beffroi. Les églises des jésuites et des récollets, attenantes à leurs maisons, étaient ouvertes à tous les vents ; leurs toits, leurs planchers et même leurs caveaux défoncés. Les pots-à-feu, en éclatant parmi les tombes, avaient mis à découvert les cercueils et les ossements des morts. Seule, l’église des ursulines fut assez épargnée pour servir, après quelques réparations, aux exercices du culte dans le cours de l'hiver. Grâce à leur solide construction, le château Saint-Louis, le palais de l’évêque, le séminaire et le collège des jésuites étaient restés debout, mais horriblement troués et labourés par les boulets. Dans l'évêché, il n’était pas resté une seule chambre habitable, et dans le séminaire, uniquement la cuisine, où s'étaient retirés le curé et son vicaire ?, L'Hôtel-Dieu, plus éloigné des batteries anglaises, avait moins souffert, quoiqu'il eût recu quinze projectiles, dont quelques-uns avaient éclaté dans les salles des

1— Knozx's Journal, vol. IT, pp. 94-114.

2 Mandements des évêques de Québec. Description impar- J'aite de la misère au Canada, vol. II, p 6.

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malades et dans les cellules des religieuses, La basse ville, vue de la terrasse Saint-Louis, paraissait un amas de pierres parmi lesquelles surgissaient des cheminées branlantes et des pans de murs lézardés 1,

Le 21 septembre, Murray lanca une proclamation annonçant qu'ilétait permis aux habitants des environs de Québec de rentrer dans la paisible possession de leurs biens, et de vaquer librement à leurs affaires. “ Mais, dit Foligné, quels biens veut-il que nos habitants aillent occuper après les ravages qu’il à fait commettre, brûler leurs maisons, emmener les bestiaux et piller les meubles. C’est à partir de ce jour qu'on vit sortir du fond des bois nos pauvres femmes, traînant après elles leurs petits enfants mangés des mouches, sans hardes, criant la faim. Quel coup de poignard pour de pauvres mères qui ne savent si elles ont des maris et où elles les prendront, et quelle assistance elles donneront à leurs pauvres enfants à l'entrée d’une saison pendant laquelle elles ont de la peine à se varantir, lorsqu'elles sont arrangées dans leurs ménages ; les sièges de Jérusalem et de Samarie ne représentent rien de plus affreux ”. Il n’y eut. cependant que les familles des environs immédiats de Québec, ayant pas le moyen d'aller chercher un asile ailleurs, qui firent la paix avec les Anglais. A lexception de ces infortunés qui n'avaient plus qu'à choisir entre la mort et la soumission, les Canadiens en masse s’obstinérent à vouloir

1. Il existe douze vues de Québec prises après le siège et publiées à Londres en 1761. Elles furent dessinées, à la demande de l'amiral Saunders, par Richard Short, commissaire à bord du vaisseau le Prince d'Orange.

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combattre, à rester attachés à cette France qui ne songeait plus à eux, On ne trouve pas dans l'antiquité d'exemple d’une fidélité plus touchante, ni d’un courage plus persévérant,

Les gelées d'automne commencaient à se faire sentir, Toutes les troupes et les matelots furent mis en réquisition pour faire disparaître des plaines les travaux d’approches, enlever les décombres des rues, réparer les maisons, compléter les fortifications, couper et transporter du bois de chauffage, enfin débarquer et ermmavasiner les vivres et les munitions. Au commencement d'octobre, l’armée put être logée, tant bien que mal, dans l’intérieur des murs et dans le palais peu endommagé de l’intendance, Les ursulines et les hospitalières de l'Hôtel-Dieu rentrèrent dans leurs monastères respectifs, occupés en partie par les troupes. La plus stricte discipline fut établie dans tous les postes, Jour et nuit, par le froid, la pluie ou le beau temps, des patrouilles sillonnaient les routes du voisinage, afin de prévenir toute surprise, Le commandement de la place aurait pu être confié à un plus habile tacticien, mais non pas À un homme mieux doué pour s’attirer l’estime et la confiance des Canadiens.

Dans les derniers jours d'octobre, le canon des remparts répondit au salut de la flotte qui appareïllait pour l'Angleterre. Le Royal- William emportait à son bord les restes embaumés du général Wolfe,

Peu de jours auparavant, le capitaine Marcel, au moment de partir pour la France avec la garnison prisonnière, était allé dire un dernier adieu, dans l'église

des ursulines, aux restes de son général qui, lui, ne devait

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plus revoir le beau ciel de Provence, ni ses plantations d'oliviers, ni son moulin à l'huile, ni les hôtes tant aimés de Candinc !

A l’arrivée de la garnison en France, le capitaine de Fiedmond demanda de revenir qu Canada, et fit partie de l’expédition de M, de Danjac. Le navire la Fidélité, qu'il montait sombra en mer, à plus de cent lieues des Acores, Une partie des équipages et des passagers s'était réfugiée sur un radeau, Le capitaine de Fiedmond, avec quelques ofliciers et marins, parvint à gagner en canot l’île de Flore, où il chercha inutilement le moyen d’envoyer au secours des malheureux naufragés ! Un navire le ramena à Lisbonne, d’où il rentra en France.

En Angleterre, la nouvelle du succès de Wolfe eut l'air d'avoir été préparée comme un coup de théâtre. La lettre désespérée qu'il avait adressée à Pitt, peu de jours avant sa mort, venait d’être publiée et causait un désappointement universel. ‘“ Puisque le général doutait, disait-on, le public avait raison de désespérer”. Trois jours après, on apprit du même coup la défaite de Montealm, la mort de Wolfe et la chute de Québec, “ Les incidents d’un drame, dit Horace Walpole, n'auraient pu être conduits avec plus d'art pour faire passer un auditoire de l'abattement à une soudaine exultation., On désespérait, on triomphait, on pleurait; car Wolfe était tombé à l’heure de la victoire 2”. Le jeune héros fut porté aux nues. Toute la surface du royaume parut en

1 Il était resté à bord soixante-huit soldats, dont vingt de la colonie, trente-trois matelots et quelques domestiques d'officiers.

2 — Memoirs of the reign of George II, vol. IT, p. 385.

feu sous les clartés des illuminations, Un seul endroit, Blackheath, demeura obscur et silencieux ; car là une mère, veuve depuis peu, pleurait la mort du meilleur des fils, Ses concitoyens, respectant sa douleur, s'abstinrent de toute réjouissance publique, Lady Montagu écrivait à la comtesse de Bute: “Il faut regretter le général Wolfe, non le plaindre, Je suis de votre sentiment : on ne doit avoir de compassion que pour sa mère et pour sa fiancée 1”, Le grand ministre qui avait deviné le génie du héros de Québec, fit son panégyrique dans la chambre des Communes, et la reconnaissance du peuple anglais lui a élevé un monument dans l’abbaye de Westminster,

La France de Louis XV se hâta d'oublier la mémoire de Montcalm qui lui pesait comme un remords. La France d'Amérique s’en est toujours souvenue. Elle à oublié ses fautes, pour ne se rappeler que ses vertus et son héroïsme, Le nom de Montcalm est inscrit sur ses monuments et ses places publiques. L'histoire et la poésie se sont donné la main pour célébrer sa gloire, devenue un héritage national. Le mausolée élevé sur son tombeau, un siècle après sa mort, n’est pas moins honoré que celui de Wolfe à Westminster.

1— Lady M. W. Montagu's letters, vol. III, p. 191.

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ine eil- | | ur, on- | tter en- À \TT 4 A] nl FTNT UM nr nl nl | r sa CHAPITRE VINGT ET UNIEME | | valt a y- 1759-1760 Du a1Slans Retour de l’armée française à Jacques-Cartier, — Vaudreuil rappelé à Montréal. — Amherst s'avance sur l’Ile-aux- : Noix.— L'épouvante à Montréal. — Ferme attitude de olre Ta JA AL ol Bourlamaque.— Amherst retourne à Saint-Frédérice. — La Une sotte campagne, — Surprise et destruction du village Ile a de Saint-François du Lac. — Vengeance des Abénakis, — 18 et Cantonnement des troupes françaises. — Québec et la pet garnison anglaise, — Les hôtes de l'Hôpital-Général. — ses Misei fact Mavvién en Dane (UP ALA A Mission de Le Mercier en France.— L'hiver de 1760,— et la La vie à Québec. A Montréal. — Les jeux de hasard. — olre, Détresse générale. — Les Canadiens se dévouent à nourrir b sur l’armée.— Projet de surprendre Québec en hiver. — Le Loins capitaine de Saint-Martin à Lévis. — Mort de Langy.

Le général de Lévis s'était d’abord replié à la Pointeaux-Trembles, après avoir laissé deux détachements à la garde des ponts du cap Rouge : l’un sous Bougainville, à l'embouchure de la rivière ; l’autre, sous Repentigny, à quelque distance plus haut, Il s'arrêta deux jours pour donner un peu de repos à son armée, et se retira ensuite à Jacques-Cartier, où il fit travailler activement à la construction du fort. Son avant-garde

ampa au calvaire de Saint-Augustin, et les régiments de Royal-Roussillon et de Guyenne dans la plaine de Deschambault, pour y empêcher un débarquement et assurer ses communications avec Trois-Rivières,

Une lettre inquiétante du chevalier de La Corne rappela Vaudreuil à Montréal. Les Iroquois de la Présentation avaient fait prisonniers neuf découvreurs anglais, porteurs de dépêches d’Amherst indiquant que le brigadier général Gage, alors à Chouaguen, allait s'avancer par les rapides, pendant que lui-même attaquerait l’Ile-aux-Noix.

En entrant à Montréal, le gouverneur écrivit à Lévis :

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“ J’arrivai en cette ville le 1°” de ce mois, sur les dix heures du matin, avec M. l'évêque, Nous abrégeñmes beaucoup les fatigues du voyage en profitant d’une goélette qui était aux Trois-Rivières prête à mettre à la voile.

“ Vous trouverez ci-joint deux lettres de M. de Bourlamaque..….. Il ne doute pas que la colonie ne soit attaquée à l’Ile-aux-Noix dans six ou huit jours au plus tard,

“ J'aurais déjà mis nos milices en mouvement, si les vivres ne m'arrétaient, Tout ce que je puis faire de mieux actuellement, c’est de disposer toutes choses pour les faire marcher aussitôt que M. de Bourlamaque me les demandera, Il n’a encore aucune nouvelle de l'ennemi. Je lui ai fait passer une cinquantaine de sauvages de très bonne volonté qui, j'espère, lui mène-

ront des prisonniers.

“ Je n'ai aucune inquiétude pour les parties où vous commandez ; il me suffit, Monsieur, que vous soyez à

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