‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme] (volume 3)Chapitre 4 sur 58 · M RARE: CL · texte numérisé non relu

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de certificats de dépenses, Vaudreuil m'avait voulu signer cette année que pour cent mille écus de certificats, Montcalin en rendant ce témoignage au gouverneur, lui che à la fin la flèche du Parthe : “ I 8e laissera gagner 1”,

Quand Vaudreuil apprenait les accusations que portait contre lui Montcalm, parce qu'il n’extirpait pas ces abus, il répondait : “ Que n'arrête-t-il lui-même le jeu effroyable auquel se livrent les officiers de son armée? ? Si Vaudreuil ne fut pas enveloppé dans la condamnation qui frappa les plus grands coupables à leur retour en France, c'est que, comme Montcalm, il était resté pauvre au milieu de cette course effrénée à la fortune,

L'extrémité du danger, qui aurait dû rapprocher ces deux hommes, aclieva de les exaspérer l’un contre l’autre, De secrète qu’elle avait été d’abord, leur querelle était devenue publique, et faisait le sujet de toutes les conversations, Jamais peut-être deux natures plus antipathiques ne s'étaient vues en présence, C’était au moral, le combat du tigre et du lion, Vaudreuil, esprit borné, tempérament lymphatique, jaloux de l'éclat que jetait Montcalm sur son épée, concentrait sa colère en lui-même et gardait toujours des formes au milieu des entrevues les plus orageuses, Montcalm, au contraire, plein d'esprit, d’une pétulance toute méridionale, jaloux

1 — Malgré son antipathie pour Vaudreuil, Doreil convenait de l'impossibilité où il était d'arrêter le torrent. “ M. de Vaudreuwl est bien éloigné d'approuver ce qui se passe; il n’en ignore pas la moindre chose; il s’est ouvert à moi jusqu'à i’en parler en détail; il en gémit, mais je conçois qu'à moins d'un éclat ce sera toujours de même”. Dorteil au ministre, 28 octobre 1755.

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trois

du premier rôle que jouait Vaudreuil, le méprisant profondément, se laissait au premier moment emporter à un déluge de paroles, et oubliait toutes les bornes de la prudence, Montcalm a raconté lui-même, dans sa correspondance intime avec Bourlamaque, une des scènes qu'il fit au château du gouverneur, Vaudreuil re venait toujours sur la prétendue faute qu'avait commise le général en ne marchant pas sur le fort Edouari, aussitôt après la prise de William-Henry. Celui-ci énuméra de nouveau les excellentes raisons qu'il avait eues de ne pas courir ce risque, ‘“ A la fin, avec beaucoup de modération, je lui dis qu’il ne fallait pas se repaître de chimères, Je conclus par lui dire modestement que je faisais de mon mieux à la guerre, suivant mes faibles lumières ; que quand on n'était pas content de ses seconds, il fallait faire la campagne en personne pour exécuter ses propres idées, Les larmes lui vinrent aux yeux, et il mâcha entre ses dents que cela pourrait être, La conversation finit de ma part : “J’en serai comblé et jy servirai volontiers”, M'*de Vaudreuil voulut s’y mêler :

“ Madame, permettez que sans sortir du respect qui vous est du, j'aie l’honneur de vous dire que les dames ne doivent parler guerre”. Elle voulut continuer : —

“ Madame, sans sortir du 1espect qui vous est dà, permettez que j'aie l'honneur de vous dire que si M"° de Montcalm était ici, et qu’elle nous entendit parler guerre avec M. le marquis de Vaudreuil, elle garderait silence”. Cette scène, devant huit officiers, dont trois de la colonie, sera brodée et rebrodée : la voilà

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telle... Le chevalier de Lévis, qui entra, ne se serait pas douté de la conversation, vu mon air tranquille, Et j'y fus le soir à mon ordinaire, et ce matin je porte un bel |

œillet, qu’on m'envoie dans le moment, à M"° la marquise ( de Vaudreuil, mais c’est odieux... Ah ! quand quitterons- S nous ce pays-ci!... Je donnerais, je crois, la moitié de ( mon bien pour m'en aller dans ma patrie jouir de mes r' travaux et aspirer à ce à quoi le Canada ne peut jamais d mener. Passez cette digression à un mélancolique ; ce cl n’est pas que je n’aie encore des restes de gaieté, mais ré ce qui paraîtrait en être pour un autre est mélancolie à d

pour un Languedocien... Je dirai toujours : heureux qui

Libre du joug superbe où je suis attaché, Vit dans l’état obscur où les dieux l'ont placé.

“ Quand est-ce que je serai au château de Candiac avec

mes plantations, mon bois de chêne, mon moulin à

l'huile, mes mûriors ? Oh! bon Dieu, bonsoir, ne doutez

. pas de mon attachement, Brûlez ma lettre 1”, : À Carillon, l’activité de l’armée ne s'était pas ralentie jusqu’à la levée du camp. Les courses à l’ennemi n'avaient pas fait trève, Aux yeux des Anglais, le camp

de Carillon devait ressembler à un de ces nids de guêpes tou assailli, dont les essaims exaspérés partent comme la ne] la t

fiou

foudre et vont piquer leurs dards de tous côtés. La

seule énumération des partis lancés à la fin de la cam- ct d pagne est fabuleuse, Durant les trois dernières semaines 4 ave

d'octobre seulement, on compté l'expédition de M. de pou

1— Montcalm à Bourlamaque, 9 décembre 1758. Résumé ] de quelqués autres lettres.

Langy au fond du lac Champlain ; celle des sauvages domiciliés sur le corps de Bradstreet ; celle de M. de Saint-Rome par le nord du lac George; celle d'Hotchig, le fameux chef Nepissing, qui va faire un prisonnier sous les murs mêmes d'Albany ; celle de M. de Florimond, qui surprend les trainards de l’armée d’Aberceromby en retraite ; celle de M, Marin vers le Massachusetts ; celle de M. de Charly sur le camp déserté de William-Henry ; celle de M. de Lapause pour en trouver les caches, et en ramener les provisions et les munitions qu'on y avait découvertes.

Le major du Royal-Américain avait laissé une fort jolie baraque, avec une inscription par laquelle il priait les Francais de ne pas la détruire. On eut la politesse

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