LAPS
In 4 el 1% gs # Pas
Montcalm, qui ne savait pas encore qu'un de ses boulets venait d’emporter le commandant de Chouaguen, fut ravi quoique peu surpris d'entendre, vers les onze heures, battre la chamade de l'autre côté de la rivitre, et de voir arborer le drapeau parlementaire.
M. de Bougainville, sachant l'anglais, fut envoyé auprès du lieutenant-colonel Littlehales, qui venait de remplacer Mercer dans ie commandement, pour lui proposer les articles de la capitulation et le garder comme otage. Il fut suivi par M. de Lapause, qui en fit la rédaction.
D'après les termes de la capitulation, la garnison se constituait prisonnière de guerre, et tout le matériel des forts, munitions et vivres, appartenait aux Francais. Le nombre des prisonniers de guerre s'élevait à seize cent cinquante -huit hommes, savoir : les régiments de Shirley et de Pepperel, venus de li vieille Angleterre, lesquels s'étaient battus à Fontenoy, et un détachement de Schuyler, formé des milices du pays. Ces troupes élaient commandées par soixante-douze officiers, dont deux ingénieurs, deux officiers d'artillerie et douze ofliciers de marine, On prit cinq drapeaux, la caisse militaire, contenant dix-huit mille cinq cent quatre-vingt-quatorze livres, sept bâtiments de guerre, deux cents berges, cent vingt et un canons, quarante-huit mortiers. Les munitions de guerre consistaient en vingt-trois milliers de poudre, huit caisses de balles, deux mille neuf cents quatre-vingts boulets de divers calibres, quatre cent cinquante bombes, mille huit cents fusils et autre matériel en abondance.
Les magasins étaient remplis d’une grande quantité de biscuits, de lard et de bœuf salé, de farine, de riz, de pois et de sel, qui servirent à ravitailler le camp français.
Le siège avait coûté aux vainqueurs une trent ine d'hommes tués ou blessés, et cent cinquante aux vaincus. Le colonel Bourlamaque, à la tête des trois compagnies de grenadiers, des piquets de tranchée et de cent hommes de la colonie, alla prendre possession de Chouaguen, dont la démolition fut imméd:atement commencée, Celle besogns fut poussée avec tant de vigueur, que des trois forts il ne restait pas pierre sur pierre le malin du 21 août, jour fixé pour le départ.
Le fort Ontario, où avaient élé confinés les prisonniers anglais, fut le dernier qu'on fit sauter et consumer, En cas d'attaque de l'ennemi, l’armée était venue camper de ce côté le 16, appuyant sa droite au fort Ontario, sa gauche en écharpe sur la lisitre de la forêt.
Les prisonniers furent dirigés sur Montréal, d'où ils devaient être transférés à Québec en attendant d’être échangés.
Montcalm, qui connaissait le cœur du soldat, voulut célébrer son triomphe par me manifestation religieuse et patriotique qui soulevât l'enthousiasme de l’armée, Dans la matinée du 20 août, il fit planter une grande croix portant ces mots : Zn hoc signo vincunt. Et près de celle croix, un mai sur lequel étaient attachées les armes de France, avec cette devise où se révélaient les goûts classiques du général : Manibus date lilia plenis. « Apportez des lis à pleines mains. »
L'armée fut appelée sous les armes, et l'abbé Piquet, qui avait rejoint l’expédition, bénit le pieux trophée au milieu du roulement des tambours et des décharges réitérées du canon et de la mousqueterie.
Le lendemain, la flottille française prit le large, après avoir salué une dernière
fois l’éphémère monument de sa victoire, Quand les derniers bateaux eurent disparu derrière l’angle de la falaise, le silence de la nature primitive, ce silence immense des solitudes infinies, à peine troublé par le passage de la brise ou par le murmure des flots, avait déjà envahi les ruines de Chouaguen.
L'embarquement des prisonniers avait été marqué par un incident regrettable, qui aurait pu être évité si les commandants francais, trop dédaigneux des Canadiens et de l'expérience de nos officiers, n'avaient pas méprisé leurs sages avis.
« Nous ne pouvions avoir, dit Desandrouins, l'idée de gouverner des troupes légères avec tant de cérémonie, »
Ce fut en vain qu'on les avertit que les sauvages ne se regardaient pas comme liés par la capitulation tant qu'ils ne l’auraient pas ratifiée eux-mêmes, dans un conseil, par l'acceptation d’un collier. Cette précaution parut superflue.
Une trentaine de soldats anglais qui, selon la version de Bougainville, « avaient voulu se sauver à travers les bois, » furent pris el massacrés par les sauvages. Ce n'était que le prélude d’un plus grand malheur qui devait arriver l’année suivante, après la prise de William- Henry.
Le massacre de Chouaguen ne fit pas grand bruit, probablement parce que les malheureuses victimes s'étaient mises elles-mêmes dans le tort en cherchant à s'enfuir, ensuite parce qu'elles ne se composaient que d’obscurs soldats.
Le 28 août, toutes les troupes élaient réunies à Montréal pour de là être dirigées sur Carillon, à l'exception des milices, qu'on dut renvoyer dans leurs familles pour faire la moisson: il n'avait été laissé que cent hommes de garnison à “rontenac et cent cinquante à Niagara.
« Voilà une jolie aventure, écrivit Montcalm à sa femme en lui racontant son exploit; je vous prie d’en remercier Dieu dans ma chapelle. »
Cette jolie aventure, menée avec autant d’audace que de promptitude et d’habileté, n’apportait pas seulement des lauriers à pleines mains, mais des fruits plus abondants encore. Par l’anéantissement de Cliouaguen, la France, devenue maitresse du lac Ontario, n’avait plus besoin que de faibles garnisons à Frontenac et à Niagara pour maintenir ses communications avec l'Ouest. L’ennemi était refoulé jusqu'à ses anciennes frontières, et il n’y avait plus rien à craindre de ce côté jusqu'à la fin de la campagne. Vaudreuil pouvait donc concentrer toutes ses forces sur Garillon, les masser à la tête du lac Saint-Sacrement, et refouler jusque sous les murs d’Albany les colonnes anglaises ébranlées par la défaite.
La chute de Chouaguen, aussi prompte qu'inattendue, avait été en eflet un coup de foudre pour les colonies voisines. Le général Webb, qui marchait au secours de celte place, s'était même imaginé que Montcalm” s’avançait de là contre lui; dans sa fraveur il avait fait brûler les dépôts de munitions établis sur la route, et avait obstrué, à mesure qu'il retraitait, la rivière qui servait de voie de communication, en y renversant une grande quantité d'arbres.
Lord Loudon ordonna à Winslow, qui commandait à la tête du lac Saint-Sacrement, d'abandonner tout projet d'offensive et de se retrancher fortement pour tenir les Français en échec. Le contre-coup de cet événement se fit sentir en Angleterre, où l’on comprit que la France avait au Canada un habile général.
it disparu immense murmure
rettable, nadiens
troupes
s comme dans un
avaient ages. Ce uivante,
que les chant à
là être s leurs irnison
nt son
l'habis plus mainac et efoulé * Côté forces } SOUS
coup rs de dans avait lion,
icretenir 1rre ,