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coutumes bizarres, leurs jongleries, leurs tours d'adresse, leurs danses, leurs jeux ; celui de la crosse surtout, qui offrait le spectacle le plus animé, Un des témoins de ces scènes, le chevalier Duchat, capitaine au régiment de Languedoc, en écrivait des relations étonnées à sa famille; mais il s'étonnait bien davantage des incroyables cruautés de ces barbares et du nombre de scalpes qu'ils rapportaient de leurs courses,
Notre civilisation réprouve ces atrocités, auxquelles les deux partis étaient fatalement entrainés en recherchant l'alliance des indigènes, Le chevalier de Lévis en avouait la triste nécessité dans sa correspondance au ministre de la guerre.
Dans les premiers jours de septembre, les Anglais avaient massé plus de dix mille hommes entre le fort Édouard et le fort William-Henry, leur point d'appui à da tête du lac Saint-Sacrement, c’est-à-dire des forces triples de celles dont disposait le chevalier de Lévis, Leurs avant-postes occupaient fortement les îles du lac, à trois ou quatre lieues du fort, M, de Florimond, qui avait osé s'en approcher de très près, avait aperçu d'une hauteur voisine le camp ennemi, disposé de chaque coté du fort, avait compté sept rangs de tentes de cent trente chacun, et un grand nombre de bateaux. Nos sauvages alliés, intimidés par les partis d’éclaireurs anglais qui venaient tirailler jusqu'aux avant-postes, n'osaient plus s'aventurer au loin.
M. de Lévis s'attendait d’être attaqué de jour en jour, quand éclata la nouvelle de la prise de Chouaguen. Elle lui garantissait lissue de la campagne.
« Cest une victoire des plus complètes, écrit-il au marquis de Vaudreuil, et qui est due aux justes et sages précautions que vous avez prises. J'ai l'honneur de vous en faire mon très humble compliment.
«de ferai chanter le Te Deum aujourd’hui, à six heures du soir, et je furai faire une réjouissance générale. de compte que milord Loudon entendra l'artillerie de ce fort. »
Le retour du marquis de Montcalm avec son corps d'armée avait porté le camp de Carillon à quatre mille neuf cents combattants, y compris les sauvages. Les régiments de Béarn et de Guyenne furent cantonnés à une demi-lieue sur la droite de la riviére de la Chute. Cent vingt hommes des troupes de la marine, sous M. de Saint-Martin, avaient été placés en avant, à mi-distance entre M. de La Corne et M. de Contrecœur, avec l'ordre d'appuyer lun ou l'autre au premier signal.
Les sauvages, enhardis par la victoire, ne craignaient plus de faire des reconnaissances, On résolut d'en profiter pour les entrainer tous dans une grande expédition confiée à un oflicier de la colonie, M. de la Perrière, suivi de cent Canadiens et de vingt ofliciers ou cadets de la colonie, formant un effectif de sept cent vingt hommes. Les deux aides de camp de Montcalm, Bougainville et la Rochebeaucour, avec l'ingénieur Desandrouins et Le Mercier, y furent attachés avec ordre de reconnaitre les positions des Anglais dans les îles, et d'aller observer le camp du fort George d'aussi près que possible. Mais ce n’était pas une mince besogne que de faire prendre une résolution unanime à six cents guerriers de différentes tribus, « opération longue et fastidieuse, observe Bougainville. Il en coûte force eau-de-vie, équipements, vivres, ele. C'est un détail qui ne finit pas. »
Dés l’aurore du 13 septembre, un grand conseil, annoncé la veille, était en séance sur le plateau qui s'étendait entre les tentes et les glacis du fort. Jamais le camp de Carillon n'avait présenté un coup d’œil aussi animé, aussi extraordinaire.
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