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tions de major général!; M. de Poulariés, capitaine des grenadiers, commandant les troupes régulières; le chef d'artillerie Le Mercier, et un ingénieur, M. de Lothinière.
La composition de ce détachement s'était ressentie de l'esprit de rivalité qui régnait entre les troupes : les milices et li marine, désireuses de se distinguer, avaient voulu être largement représentées, et tous les officiers supérieurs, à l'exception de M. de Poulariés. appartenaient à la colonie. Ces préférences avaient piqué au vif les officiers francais, qui n'épargnérent aux expéditionnaires ni les critiques ni les railleries, Ts se réeriaient contre les dépenses de vivres el d'argent que cela entrainait, peut-être pour n'aboutir à rien, N'est-ce pas, disait Fun d'eux, la montagne qui va accoucher d'une souris? Pour tout dire, ils n'auraient pas été fehés si l'expédition avait Bull. en résullait un antagonisme plus violent que jamais, mais aussi une émulation entre les deux corps d'armée à qui se distinguerait davantage.
L'équipement des troupes, qui allaient être exposées à toutes les rigueurs el à toutes les variations du temps, avait attiré l'attention particulière de Vaudreuil. Chaque soldat recut un accoutrement d'hiver complet.
Une traine d'éclisse était allouée à chaque officier, et de deux en deux aux soldats.
Dans ces expéditions d'hiver, les chiens étaient en grande réquisition pour Lrainer le bagage. On en élevait et dressait dans le pays une race de haute taille qui, attelés sur une traine, pouvaient porter jusqu'à cent cinquante à deux cents livres, Le roi en accordait un à chaque officier, 1 lui allouait pour eela trente livres; « et, remarque Montealm, lorsqu'il doit v avoir des partis d'hiver, ces chiens deviennent hors de prix. 1 <en est vendu jusqu'à soixante et quatre-vingts livres pièce, »
La petite armée se mit en marche sur quatre divisions ? les trois premières partirent successivement Le 20, 27, 225 a quatrième division fat retardée par un dégel suivi de violents orages, qui ocvasionnérent la débâcle d'une partie du lac Chionplain. On eraignit un moment pour le succès de l'expédition.
Les trois divisions en marche eurent beaucoup à souffrir. I fallut renvover chiens et chevaux, avec une partie des provisions, S'atteler sur les traines el mar. cher péniblement, mouillés jusqu'aux os, dans une neige fondante, où l'on enfonçait à chaque pas. Quelques soldais el-ofliciers tombèrent malades et furent renvoyés, Le 24, la première division n'était encore qu'à Six lieues de Saintean, la deuxième ä trois, la troisième à une lieue et demie.
Heureusement que, durant li nuit, un fort vent de nord-ouest ramena la tem pérature d'hiver, rendit l'air see el serein et couvrit lt neige durcie d'une couche de verglas.
Tout le corps expéditionnaire se trouva réant le 7 mars à Carillon, où il fut arrêté jusqu'au 19, pour \ attendre des vivres, malgré les assurances de Le Mer-
cler, qui avait annoncé que rien n'y manquait, On profila de ce retard pour réparer les armes, dont M. de Poulariés fut chargé de faire l'inspection.
M. de Longueuil avait été envoyé en éclaireur avec un parti de sauvages. Les
1 Manuscrits de Dumas : Etats de servive, — Journal de Lévis, p. 242,
an
quatre divisions, munies de de jours de vivres, sortirent de Carillon sur une méme file, traversérent li rivies 4 la Chute, et atteignirent la rive droite du lac Saint-Sacrement, Les trois cents échelles préparées en cas d'assaut étaient distribuées de quatre en quatre soldats. On S'abrita pour la nuit au fond d'une anse. Un froid GE avait rendu la glace du lac très solide; on SV mit en marche sur trois colonnes : M. de Poulariés au centre, avec da Benes M. de Saint-Martin à droite, avec tn division de br colonie; M, de Suint-Ours à gauche, avec une autre division, les sauvages sur les deux ailes. Cent sauvages étaient allés en observation sur Le sommet d'un promontoire, Aprés quatre Hieues de marehe on eampa sur lt glace, au pied d'une haute montagne appelée Le Pain-de-Suere, qui baigne ses pieds dans le lac, en face d'un groupe diles endroit charmant durant les mois d'été, mais d'un rude aspect en ver.
La nuit était le temps le plus pénible dans de sen.blables expéditions. Les chasseurs cinadiens, dont it avait un grand nombre parmi les milices, avaient appris aux militaires français lt manière de Sabriter pour dormir. Dès que les feux étaient allumés pour le repas du soir, on allait couper au bord du bois des branches de sapin, dont on faisait un Ut épais sur lai neige on piquait ensuite ses raquettes du coté par où venait le vents on v'ajoutait quelques rangées de branches, où bien on étendait à lt place une toile ou un prélart Le repas pris, le soldat S'enveloppait dans sa couverte, Policier dans sa peau d'ours, ebon se couchait sur le lit de sapin, les uns près des autres, pour se réchauffer mutuellement On passait ainsi le nuit tant en que mal, les pieds an feu, qu'on avait le soin d'entretenir de temps en temps. Autour du camp, les sentinelles arpentient neige à grands pas pour se réchautler, prètant oreille 4 tous les bruits nocturnes jusqu'à ce que l'aurore eût annoncé Fheure du réveil.
Le détachement cireula une partie du jour Suivant à travers les iles, s'avancçant sur une méme colonne, et int Sabriter au fond d'une anse pour v attendre la tombée de a nuit atin de n'étre pas apercu. A huit heures, 1 reprit sa route et Hit halte à onze heures, sur une pointe qui état qu'à deux lieues de William Henrs. On v passa la nuit sans ten,
Dés Paube du jour cette pointe état franchie, el lorsqu'on fut arrivé à une eue et denne du fort, MM, de Poutariés, Dumas, Le Mercier et deux autres officiers, MM. de Ravmond'et de Savournin, avec une escorte de cinquante sauvages, dngt-.q Canaiens et quatre grenadiers conduisant un prisonnier anglais, furent détache pour aller reconnaitre, du sommet d'une montagne, la position du fort et le mouvement de bi sarnison.
M. de Poulariés, homme de guerre consommé, Hilavee sa saite un examen long et minutieux, Le dort, solidement construit, lui parut en très bon état, et le mouvement des troupes considérable. Ce orlcouronnait une petite éminence au fond du le et avait Ki forme d'un carré irrégulier, à quatre bastions, avec un fossé, Tout auprés, on lortin en palisades protégeait des hangars eEautres constructions. On distinguait Le long de Ha grève une énorme quantité de bateaux, à moitié ensevelis dans bi neige, el, sous les canons du fort, quatre navires où barques sur le chantier,
Dumas et Le Mercier furent d'opinion que le côté du fort que faisait face à un marais élut attaquable, vu le peu de hauteur qu'il semblait avoir; mais M. de
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MONTOALM ET LÉVIS 85
Poulariés, déplovant devant eux un pian du fort, leur fit voir l'impossibilité d'un tel projet, sans toutefois les convaincre,
I était trois heures du soir quand ils furent de retour au camp, A cinq heures, M. de Rigaud fit mander M. de Poulariés et lui fit part d'un plan d'escalade,
€ Commandant, lui répondit M, de Poulariés avec fermeté, je suis prét à marcher à votre premier ordre, partout où vous le jugerez à propos; mais mon expé-
Canadiens en costume de voyage, expédition d'hiver,
rence dans le métier m'engage à vous représenter l'impossibilité de cette opération ; l'ennemi, qu'on ne peut espérer surprendre, n'aura à défendre qu'une face de son fort, qui est en bon état »
L'escalade fut cependant ordonnée, Vers minuit, trois colonnes devaient s'avancer sur le même côté du fort, tandis que de petits pelotons feraient leS démonstrations sur les autres : la colonne de droite, formée de la ligne, sous M. de Poulariés ; le deux autres, aux ordres de MM. de Saint-Ours et Saint-Martin, toutes trois avant en tête un piquet de grenadiers. A onze heures, elles étaient à deux portées di fusil des remparts, lorsque M. de Rigaud ft annoncer que Fassaut m'anrait pas lieu MM. Dumas, Le Mercier et Savournin, escortés de deux sauvages et de huit grenadiers, avaient poussé une reconnaissance tout auprès du fort et avaient constaté Qu'il nv avait aucune probabilité de success.
Jusqu'à ce moment la garnison de Wiliam- Henry n'avait cu aueun soupeon de l'approche des Francais: mais le eraquement des pas sur li neige, à une petite distance des glacis, donna Féveil aux sentinelles, et plusieurs coups de canon Grés des remparts répondirent à leurs eris d'alarme, La garnison était eomposée de
quatre cents cinquante à cinq cents hommes,