ET SR
ent tt eme ans mme omis er 59 mdr
me
pm
86 MONTOALM ET LÉVIS
On ne songea plus dans le camp de M. de Rigaud qu'à incendier les environs du dort, et on en Hit l'essai cette nuit-lù même, mais sans succès, car les fagots dont on se servit étant d'un bois trop humide,
Toute la journée du lendemain C9 mars), les francs-tireurs canadiens et les sauvages biraillérent autour des remparts, soutenus par les compagnies de la ligne. Durant la nuit, les volontaires canadiens, sous la conduite de MM. de Langy, de Saint-Simon et d'Albergaltt, allérent, sous le canon et lt mousqueterie de Kit place, mettre Le feu au fortin, à Fhôpital, aux bateaux et à de grands amas de bois, Le fort fut en quelques instants enveloppé d'immenses tourbillons de flammes, et m'aurait certainement pas échappé à la destruction si le vent se fût élevé. Pour donner moins de prise aux étincelles, le major Evre, connmnandant du fort, avait lil enlever Les toitures de tous les hangars.
M. de Rigaud jugea le moment propice pour faire une démonstration et sommer la garnison de se rendre, Dés le malin, tout le détachement, portant les échelles comme pour un assaut, sorit du camp sur une longue colonne, travers le lacet alla prendre position dans une petite anse de la rive nord, dont la berge mettait à l'abri du canon. M. Le Mercier, suivi de M, de Florimond et d'un interprète, gravit alors là berge en arborant un pavillon rouge, A cent pas de Tai marchent douze grenadiers guidés par un sergent.
Qui vive eria-teon dès qu'il fut à portée de Va voix. — Far à parler au com: mandant, » répondit M. Le Mercier, Le major Evre parut sur le bord du bastion Aprés quelques pourparlers, 1 dire à M Le Mercier d'avancer seul, et détacha un de ses ofliciers pour aller servir d'otage, M. Le Mercier lat conduit, les veux bandés, dans li chambre du commandant,
était venu, dital, au noi du marquis de Vaudreuil, le sommer de rendre la place, sinon que l'assaut alait être donné hnmédiatement par des forces auxquelles ne pourrait résister: qu'alors il serait impossible de retenir le grand nombre de Sauvages qui les aecompagnaient, el que tout serait mis à feu et à sang, IF venait avertir au nom de Fhomanité, ain d'épargner un carnage mutile,
Le major Evre lui demanda le temps de consulter ses officiers. On le laissa, dit le Journal déji cité, en compagnie de quatre ofliciers, qui farent remplacés par quatre autres quand leur tour fat venu de donner leur avis. HS ut firent beaucoup de politesses, lui parlérent de M Dieskau, encore prisonnier à New-York, lui dirent qu'il étui rétabli et qu'il alait bientot passer en Europe, DK lui demandérent en méme temps des nouvelles du marquis de Montealm.
Le major Evre rentra après un assez long conseil, et répondit que lui et sa garnison élaient décidés à se détendre en braves, et qu'ils étaient prêts à courir les chances d'un assaut.
M. Le Mercier fut conduit hors de Li place comme iv était entré, et alla communiquer sa réponse à M de Rigaud, La nuit suivante fut employée à brûler les magasins, un moulin à scie et les derniers bateaux. Restait one barque en cham- Lier, percée pour quatorze où seize pièces de canon, placée à qunze pas du fort, et qu'on avait vainement essavé par trois fois de faire brûler, Un des officiers partisans , destiné à jouer un role brillant pendant cette guerre, M-WolF, réchumas Fhonneur de cette dangereuse mission, HP partit à la nuit, avec vingt volontaires, soutenus de deux cents Canadiens et de soixante soldats de la ligne et grenadiers. « À son
‘ons
LS
les ne,
de LUE, ois, et out Vait
approche, dit le Journal cité, M. Wolf recut une bordée de coups de fusil; cela ne l'empêcha pas de se rendre à la barque avec un volontaire qui lui portait une échelle de douze pieds. IE s'en fallait même de six pieds qu'elle ft assez élevée. M. Wolf descendit dans la cale et fit mettre des fagots du côté du vent, avec une corde de bois qu'il arrangea ni-même, Korsqu'il trouvait des büches trop grosses, iles partageait avec une hache, I fitensuite replier son détachement, et, avec des allumettes de sa facon, mit le feu, La barque fat entièrement consumée Nous y perdimes deux soldats de Languedoc, et iv en eut un blessé du même régiment, »
Une neige abondante avait commencé à tomber et dura toute lo nuit, mais Le londemain un soleil éblouissant se leva sur cette neige toute fraiche, Li garnison de \WiianeHlenns, qui jusqu'au dernier moment avait craint un assaut, respira à Faise lovequ'ebe it le détachement dé M. de Pogemd descendre en raquettes sur le lac et ton vers le nord sa longue colonne neige, qui disparut entin à l'horizon. Loelat du soleil de mars afocta la vue de pleurs, qui forent pris du mal de
ego 0 obligés de so laisser conduire per leurs compagnons. Los piquets de la lign érent em garmson à Carillon, les compagnies de la Watine à Saint-Frédérie: et les Canadien qui sont iei laboureurs et soldats!,
furent renvoyés sur leurs terres pour les semences, L'expédition de M. de Rigaud avait réussi autant qu'on pouvait lespérer et faisait honneur à celui qui l'avait conçue comme à cmt qui l'avaient exécutée,
Outre les grandes pertes quelle avait infligées à armée anghuse, elle l'avait arrêtée
dans son mouvement offensif en détruisant ses movene d'attaque, et elle avait préparé la brillante campagne qui allait s'ouvrir. SIÈGE EE PRISE DE FORT WILLIAM ENT LE MASSACRI Avril était venu avec ce soleil intense el ses subites chaleurs qui œil COmUs
que dans les hautes latitudes, La terre, réveillée alors comme en <mpstt après six mois de léthargie, fait éclater Pécoree de glace el de neige qui Femveloppe: toutes les plantes tressaillent sous Faction des puissances souterraines qui poussent Et sève vers leurs cimes et gonflent les bourgeons qui, dans quelques jours, briseront leurs corsages pour Sépanouir en feuilles een fleurs, La tonte rapide des neiges précipite des torrents d'eau des montagnes, noie les forêts et les champs. Les cascades et les rapides bondissent sous les murs de glacons qui les emprisonnent, les soulévent, les morcellent, les emportent dans leur course, avec un cri de déli-
1 Lettre Montealion se avi 1757.
| k Se fie {u.
ni.
88 MONTOANLM ET LEVIS
vrance, et recommencent au grand jour leurs murmarantes chansons, Les oiseanix reviennent de leurs lointaines migrations, s’'abattent par bande sur la terre où sur les eaux, et répandent la vie avec leurs notes joveuses dans les airs. Quand les premiers de ees visiteurs ailés annoncent par leurs eroassements, Les habitants se répétent gaiement les uns aux autres € Les corneilies sont arrivées, voilà le prin- Lemps, » C'est aussi l'époque où l'on entaille les érables, Les sucriers (on désigne ainsi ceux qui vont faire le sucre d'érable) parcourent en raquettes les érablières, reeueillent l'eau qui tombe des goudrilles et la rapportent à la cabane à sucre, où de grands feux, entretenus nuit et jour, font bouillir et condensent la sève, En ce lemps-li, comme aujourd'hui, ce travail était Poceasion de promenades et de fesns champêtres duns les sucreries,
Montealm et ses compagnons d'armes se donnérent plus d'une lois cette distraction.
La débâcle du Saint-Laurent, l'ouverture de la navigation et Parrivée des vaisseaux de France, étaient alors le thème général de la conversation.
Depuis li nouvelle du 29 juin, écrivait le marquis à lt marquise du Boulas, sous la date du 1 avril, nous ne savons rien de ce qui se passe en France; cette privation est eruelle, L'approche des lettres fait toujours autant trembler qu'espérer. Quinze cents lieues ne font qu'augmenter les sentiments de tendresse et de respect que je vous ai voués et que je vous dois par tan! de raisons.
€ Ma santé à repris cel hiver, quoique je n'aie pas été sans peines, sans oceupalions et sans courses, avant fait cent Vingt lieues sur les glaces pour aller et revenir de Québec, où j'ai resté un mois,
€ M le chevalier de Lévis se porte à merveille; je ne saurais trop me louer de lavoir pour second, ainsi que M, de Bourlumaque. Ma commission exigeruit plus de talents: je ne péglige rien pour lt bien remplir à tous égards. Une grande dépense nécessaire, la cherté des vivres, me met dans le eas de devoir au lieu d'épargnes; mais pourvu que lon soit content de moi en France, je n'ai regret ni à la dépense ni même à ma santé, et pour me servir d'une expression sauvage : J'ai jeté mon corps, et je ne trouve rien de valeur quand il s'agit du service d'Ononthio-Gioa :e'est ainsi qu'ils appellent le roi. Ce qui me peine le plus est la privation de nouvelles de personnes qui me sont aussi chères que vous, madame.»
Le lendemain, Montcalm éerivait à sa femme :
€ Ni je pouvais, ma trés chére et bien-aimée, recevoir de vos nouvelles et de celles de ma mère, je tronverais moins affigeant mon éloignement: mais d'imaeiner que depuis une lettre du 9 mai je n'en ai reen, et que je n'en aurai que du 10 4ù 15 du prochain est dur. Cette lettre est destinée à passer à la première navigation par Louisbourg. Ni elle vous arrive avant celles que je vous éerirai directement, je vous prie de la communiquer à mes trois sœurs.
«Je n'éeris qu'à vous, à votre mére, à Molé, à Chevert et aux autres ministres à qui je dois écrire, Ma santé est assez bonne, malgré beaucoup de travail, surtout d'écriture,
«Tout est hors de prix. D faut vivre honorablement, et je le His tous les jours. Seize personnes, une fois tous les quinze jours, chez le gouverneur général et M Te chevalier de Lévis, qui ditanssi très bien, Ha donné trois beaux bals, Pour mor,
juqu'un carème, outre les diners, de grands soupers de dames trois fois la
NIIE
Igne res, . où Lou
fes.
dis-
ils -
MONTOALM ET LEVIS
semaine, Le jour des dévotes prudes, des concerts. Les jours des jeunes, des | violons d'hasard parce qu'on me le demandait; cela ne menait que jusqu'à deux heures après minuit, et il se Joignait Paprès souper compagnie dansante sans être
pride, mais sûre d'être Men reçue à celle qui avait soupé, Fort cher, peu amusant,
et souvent ennuyeux, À Québec, of nous avons passé un mois, mt maison M
La débâcle du Sainte Laurent.
avait suivi sur les glaces, et j'v ai véeu cependant souvent chez Pintendant, en des fûtes.
€ Ni je n'étais pas une espèce de général, quoique très subordonné au gou-
verneur général, qui a, comme de raison, Ha voix décisive et prépondérante, je
pourrais vous bavarder des projets de campagne qui commencera vraisemblable-
ment à s'ouvrir du 10 au Po mai dans la frontière du lac Sint-Sacrement s mats
les généraux apprennent ce qu'ils ont fit et jamais ee qu'ils projettent, d'autant
qu'ils sont incertains…
« Adieu, mon cœur, je vous adore et vous aime. Fembrasse mes filles, ma
mère... »
Le secret des peines dont se plaignait Montealm est indiqué à la fin de cette
lettre: c'est le dualisme dans le commandement que a France avait eu Ve tort
d'imposer, Monteahni ne se comparait pas à César; mais, ambitieux comme fui, il
avait comme lui pour axiome : Le premier dans une bicoque plutôt que Le second
à Rome,