L'HIVER DE 135%, — DISETTE DANS LA COLONIE
La petite armée de Montcalm avait triomphé par la rapioité de ses mouvements; la lenteur de lord Loudon fit échouer les formidables armements que l'Angleterre avait mis à sa disposilion pour prendre Louisbourg. Le magnifique port d'Halifax regorgcait de vaisseaux et de troupes, qui S'indignaient de leur inaction. Au licu d'aller ouvrir la tranchée devant la forteresse du Cap-Breton, le général faisait creuser des sillons et planter des légumes sous les bastions d'Halifax. « Le jardinier qui nous commande, <'écriaient ironiquement les ofticiers, veut bombarder Louisbourg avec des navets, » Le major général, sir Charles Hav, fut mis aux arrêts pour avoir proféré trop haut ces spirituels sarcasmes.
Avant que le général eût songé à appareiller, la flotte française, aux ordres de M. Dubois de La Mothe, avait ravitaillé Louisbourg et fermé l'entrée de sa ade.
Enfin Loudon <e décida à embarquer ses douze mille hommes de troupes sur la flotte de l'amiral Holbourne; mais le Æ août, au moment où il mettait à la voile, le capitaine d'un navire venant de Terre-Neuve lui remit des lettres prises sur un paquebot français qui venait d’être capturé, Ces lettres confirmaient l'arrivée de la floite française à Louisbourg, et portaient la garnison de cette place au chiffre exagéré de sept mille hommes, Tout espoir de succès semblait évanoui, el l'expédition fut remise à l'année suivante.
Pendant que le général Loudon cinglait vers New-York, deux dépèches suecessives apportées à son bord lui apprirent la capitulation de William-Hlenrv et le massacre d’une partie des prisonniers. Ge fut une belle occasion pour lui de dissimuler sa confusion sous le masque de la colère et de lindignation, I écrivit en toute hâte au général Webb de tenir l'ennemi en échec derrière ses lignes de défense, ajoutant qu’il s'avançait en personne avec des forces suffisantes pour changer la défaite en victoire; qu'il espérait montrer aux Français à respecter les lois de la nature et de l'humanité, et que, malgré l'horreur qu'il avait pour la barbarie, il était décidé à laver dans le sang, sil le pouvait, les meurtres commis à Oswégo et à William-Henry,
DDR EN EE OT PET gerer
a cernes