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LR Pr
Le soir précédent, pendant que le marquis de Montcalm s'occupait à recueillir les débris du détachement en déroute, il reçut avis du capitaine Duprat, envoyé en
éclaireur avec ses volontaires, que l'avant-garde anglaise avait paru sur la rive
droite de la rivière de Bernetz et se préparait 4 y jeter un pont. Ce voisinage rendit imminent le danger d’être tourné, ce qui le décida à rétrograder le soir même.
Les avant- postes sur Le lac George.
Une partie de ses troupes descendit en bateau la rivière à la Chute jusqu'à Carillon, le reste le rejoignit par terre sans être molesté, Entre huit et neuf heures, la petite armée, toute réunie sous les murs du fort, v avait dressé ses tentes,
La retraite sur Saint-Jean aurait été facile; mais abandonner Carillon, « la clef des eaux et par conséquent du pays, » l'abandenner sans combattre, il n’y fallait pas songer !
IV a des circonstances où un général ne doit compter le nombre de ses ennemis qu'après la bataille. Montcalm le savait. [se prépara à se défendre à outrance. Le jour même il avait écrit à son ami Doreil : « J'ai affaire à une armée formidable. Malgré cela, je ne désespère de rien. J'ai de bonnes troupes. À la
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contenance de lennemi, je vois qu'il tâtonne; si, par sa lenteur, il me donne le temps de gagner la position que j'ai choisie sur les hauteurs de Carillon et de m'y retrancher, je le battrai, »
Montcalm ne se dissimulait pas cependant lPextrême danger de sa position : € Si j'avais eu à faire le siège de Carillon, disait-il peu après, je n'aurais demandé que six mortiers et deux canons. »
Abereromby n'aurait eu qu'à amener une partie de son artillerie, et en quelques heures il aurait fait voler en éclats les retranchements. TE aurait pu également les battre en écharpe en plaçant du canon sur le flanc de la montagne du Serpent à sonneties, qui n'est séparée de Carillon que par la rivière à la Chute, Le feu plonccant, dirigé de ce côté, aurait rendu la position des Français intenable. Enfin, ce qui était plus à redouter encore, l'armée de Montealm pouvait être attaquée à la fois en tête et en queue : tandis qu'une partie des troupes anglaises menacerait le front ‘des retranchements, le reste, par une marche assez courte à travers les bois, pouvait contourner la base occidentale de la montagne et arriver en face de Carillon. Quelques pièces de campagne placées en cet endroit auraient coupé toute retraite à l'armée française, qui, privée de secours el n'avant que pour huit jours de vivres, aurait été forcée de se rendre.
Montealm avait caleulé tous ces dangers, mais n'avait que le choix des dificultés. avait deviné, aux tâtonnements d'Abereromby, qu'il avait affaire à un général inhabile, et il comptait sur quelques fautes de tactique : il ne fut pas trompé dans son attente.
Jusqu'au à juillet, les travaux des retranchements avaient progressé lentement: mais le soir de ce jour le général avait enjoint aux deux ingénieurs de les pousser avee vigueur, Hs y étaient dès sept heures, le matin du 6, escortés du 2e bataillon de Berry, qui fut employé à faire des abatis. Desandrouins acheva d'étudier le terrain pour ; tracer les retranchements du fendemain. [travaillait encore à l'heure où les troupes de la Chute, bataillon par bataillon, opéraient leur retraite el se concentraient autour de Carilion.
Le 7, dès trois heures du matin, Pontleroy et lui étaient rendus sur les hauteurs, avec les officiers majors de chaque bataillon, et leur marquérent l'emplacement assigné à leurs troupes respectives. À sept heures, Parmée tout entière était à l'ouvrage. Le drapeau de chaque régiment, arboré au-dessus des retranchements, indiquait aux soldats la part qui leur était dévolue, Les officiers, uniformes à terre, en bras de chemise, une hache 4 a main, abattaient, ébranchaient et trainaient les arbres comme de simples manœuvres. Chaque soldat, saisi de cette fièvre belliqueuse qu'inspire un extrême danger qu'il est résolu d'affronter, travaillait avec une ardeur incroyable, Les troncs d'arbres, entassés et enchevêtrés Tes uns avec les autres, en Zigzags, suivant les élévations du coteau, s'élevérent bientôt à hauteur d'homme, Au sommet, des encochures faites sur les arbres formaient deux et, en quelques endroits, trois rangées de meurtrières, Sur certains points, des saes de terre, avec des interstices pour servir dembrasures, couronnaient le retranchement, Les angles saillants el rentrants, entremêlés de Bgnes droites, permettaient au feu de la mousqueterie d'embrasser tout le front d'attaque, De chaque côté, suivant le plan adopte el tracé les Ter et 2 juillet, le retranchement se prolongeait en arrière en longeant la crête du plateau, formant ainsi un demi-cerele, L'inelinaison du sol
en avant formait un glacis naturel, tandis qu'à droite et surtout à gauche le terrain était accidenté. Au delà des retranchements, les arbres furent abattus jusqu'à portée du fusil et tournés la tête en avant, à côté des souches, pour embarrasser la marche de l'ennemi, mettre le désordre dans ses rangs et l'arrêter sous les coups de fusil. Enfin, au pied mème des remparts, de gros arbres renversés et entrelacés, les branches aflilées en pointes, présentaient leurs mille dards aux assaillants.
Les quatre cents Canadiens qui prirent part à Paction avaient eu leur place marquée € dans la plaine de droite et S'y retranchérent de la même manière, sous la protection du retour le long de Pescarpement ». Dans la plaine de gauche étaient les deux compagnies de volontaires de Bernard et de Duprat. Enfin les canons de Carillon étaient dirigés à la fois sur le débarquement et sur la plaine de droite, en cas que l'ennemi vint prendre l'armée en flane. Telle fut l'ardeur mise à ces travaux, que la ligne se trouva le soir même en état de défense.
Toute la journée les volontaires avaient fait le coup de feu avec les troupes légères des Anglais, qui protégeaient leur avant-garde oceupée à élever Fun devant l'autre des retranchements, dont les plus procles étaient à li portée du canon. Abereromby avait fait transporter en même temps au-dessous de la Chute plusieurs bers et des pontons montés de deux canons, qu‘ devaient battre le camp retranché des Lrançais par eau, pendant qu'il serait attaqué par terre,
Au crépuscule, pendant que les troupes francaises se reposaient de leur rude journée, elles firent éclater leur joie par des hourras, en apprenant que trois cents hommes du renfort amené par M. de Lévis venaient de débarquer, et que le chevalier lui-même serait à Carillon dans quelques heures avec le reste de son détachement. Lévis, à lui seul, valait une armée. En descendant à terre avec les premières berges, le eapilaine Pouchot, voyant des tentes dressées autour du fort, crut que Parmée y était campée; mais 1 apprit bientôt qu'elle couronnait la hauteur, En gravissant la déclivité, il avisa dans un groupe le marquis de Montcalm. Le général, en lui pressant la main, lui fit parcourir les retranchements, Pouchot ne put retenir son étonnement à la vue des travaux prodigieux faits en si peu de Lemps, et il confirma le général dans Pidée qu'il pouvait tenir, malgré l'énorme disproportion des forces.
Vers trois heures du matin, Montealm, averti de Parrivée du chevalier de Lévis, courut à sa rencontre avec tout l'empressement qu'inspiraient sa vive amilié et la situation. Les deux héros S'embrassérent avec effusion el se félicitérent d'avoir à combattre Fun à coté de Pautre, Lévis approuva toutes les dispositions prises par Montealm. Les renforts que le chevalier amenait avec lui achevaient de débarquer, et défilent en criant 2 @ Vive notre général LD»
Us avaient fait, dit Montealm, li plus grande diligence, marehant jour et nuit, malgré les vents contraires, pour joindre leurs camarades qu'ils avaient su à la veille d'être attaqués; aussi furent-ils reçus de notre petite armée avec lt même joie que les légions de Labiénus le furent par ces cohortes romaines bloquées, avec Quintus Cicéron, par un essai de Gaulois, »
Le matin du X juillet, de cette journée qui allait être désormais la plus glorieuse date de nos annales, le tambour battit aux champs aux premières lueurs de l'aurore, Officiers el soldats, endormis tout habillés, sortirent en même temps de leurs tentes et rentrérent dans les rangs. Chaque bataillon fat dirigé vers la parte
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des retranchements qui lui était assignée pour la défense : la Sarre et Languedoc, avec deux piquets arrivés de la veille, à la gauche; au centre, le er de Berry et Royal-Roussillon avec le reste des piquets du chevalier de Lévis; à 1” droite, Guyenne, Béarn et la Reine. La plaine, dont l’étendue, depuis l’escarpement de la droite jusqu'au lac, était aussi large que tout le front du camp retranché, fut confiée aux Canadiens. Les deux compagnies de volontaires eurent à défendre vers l'extrême gauche une trouée percée entre l'aile du retranchement et la rivière à la Chute. Chaque bataillon avait derrière lui une compagnie de grenadiers et un piquet de réserve, pour l’appuyer au besoin et se porter aux endroits menacés. Le chevalier de Lévis avait le commandement de la droite; le colonel de Bourlamaque, celui de la gauche ; le marquis de Montealm se réserva le centre, pour surveiller l’action générale. Le 2e bataillon de Berry, à lexception de ses grenadiers, restait à Carillon, aux ordres de M. de Trécesson. Le chiffre total des combattants ne s'élevait qu'à trois mille cinq cent six. Ces dispositions réglées et la ration prise avec bonne humeur et cette gaieté qui sont les qualités distinctives du soldat français au feu, toute l’armée se remit au travail des retranchements, perfectionnant les abatis, construisant deux batteries à gauche et une redoute à droite, qui ne purent être terminées qu'après l’action. Un coup de canon était le signal convenu pour que chaque soldat courût à son poste.
Vers dix heures du matin, le flanc de la montagne du Serpent à sonnettes, qui domine Carillon, au delà de la rivière à la Chute, se couvrit de tirailleurs ennemis: c'était un parti de quatre cent cinquante sauvages aux ordres de sir William Johnson, arrivé le jour même, et quelques troupes légères détachées par Abercromby pour inquiéter notre gauche. Ils firent un leu de mousqueterie soutenu, mais inoffensif; car les balles n'arrivaient qu'au bord de la falaise, la plupart même tombaient dans la rivière. On ne prit point la peine d’v répondre, et le travail m'en fut pas dérangé, Après s'être amusés quelque temps à cette fusillade, les sauvages passèrent le reste du jour à regarder en spectateurs oisifs les péripélies de la bataille.
Au moulin de la Chute, les Anglais étaient loin de montrer l'activité de la petite armée française, Il était tard dans la matinée quand l'ingénieur en chef Clerk, envoyé sur la montagne du Serpent à sonnelles pour examiner les ouvrages de Carillon, revint faire son rapport, Autant qu'il avait pu en juger à distance, ces travaux pouvaient être emportés d'assaut. Abercromby se déeida alors d'attaquer sans délai et mit son armée en mouvement. En tète marchaïent les rangers, suivis de l'infanterie légère et des marins de Bradstreet; puis venaient les régiments de la ligne, précédés de quelques troupes de milice.
A midi, l'avant-sarde déboucha à l’orée du bois et commenva un feu d'escarmouche, À ce bruit, les soldats français, sans attendre le signal, jetérent leurs outils et se précipitèrent vers les retranchements. En un clin d'œil, les lignes blanches de leurs compagnies se dessinérent à triple rang tout le long de la cein- Lure grise des abatis, au-dessus desquels flottaient les drapeaux de chaque bataillon. C'était pour la première lois que celui de Berry vovait le feu en Amérique. Parmi ceux qui couronnaseat les retranchements de la droite défendue par les Canadiens, il en était un auquel nos milices attachaient un grand prix. C'était un don offert par les dumes canadiennes : fait d’une riche étoffe, il portait au centre, sur un fond
loc, y ut ite , e la fut vers à la quet eVaelui tion t à vait nne eu , Lis, ètre que
qui ne-
iam bernu, art t le de,
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d'azur semé de lis, une image de la sainte Vierge, que ces dames avaient brodée de leurs propres mains.
Pendant que les miliciens &longeaient les canons de leurs fusils dans les embrasures, Lévis parcourut leurs lignes, S'arrêtant devant chacun des officiers commandants, MM. de Raymond, de Saint-Ours, de Gaspé, de la Naudière, leur ordonnant de veiller à ce que chaque soldat ne Lirât jamais sans viser un ennemi, Au centre et à gauche, Montcalm et Bourlamaque réitérérent les mêmes ordres.
En ce moment, nos grand'gardes et nos compagnies de grenadiers, qui tiraillient en avant du camp, furent ramenés vivement à coups de fusil par les rangers et les troupes légères, Elles rentrérent néanmoins en bon ordre par les barrières, qui furent aussitôt refermées, Une seule, la grand'earde de droite, qui s'était atlardée à faire le coup de feu, trouva les portes fermées et fut obligée de sau‘er par-dessus le parapet.
C'était le prologue de la bataille. Toute la lisière de la forêt, depuis Pextrème gauche jusqu'à la droite, se couvrait d'unilormes bleus, tandis qu'en arrière, vis-ü-vis des trouées ouvertes dans leurs rangs, émergeaient du bois en plein soleil trois colonnes d'habits rouges et une quatrième dont les couleurs bariolées indiquaient un régiment écossais, On entendait distinctement le commandement des ofBeiers criant sur toute la ligne : Fère. De formidables décharges de mousqueterie se suecédaient sans interruption, mais les Français n’y répondirent pas; car le feu, dirigé de loin, les balles arrivaient à peine ; pas une ne portait dans leurs rangs. A ce silence, on aurail pu croire les retranchements abandonnés.
Cependant les colonnes rouges et celle des Écossais approchaient fiérement au pas, se tenant presque Loujours à la même hauteur, malgré les obstacles de toutes sortes qui génaient leur marche. Les deux premières appuvérent à la gauche des retranchements, et s'avancérent lune contre La Sarre et Languedoc, l'autre contre Berry; les deux autres menacérent là droite; celle qui était près du centre marchait sur Roval-Roussillon et Guvenne; la dernière, sur Béarn et la Reine,
Quand elles furent à bonne portée de fusil, toute la ligne des retranchements se couvrit d'un nuage de fumée, et plus de trois mille balles orélérent sur la tête des colonnes, dont les premiers rangs furent couchés à terre, Elles continuérent le feu cependant sans S'ébranter; mais tandis que fa plupart de leurs balles venaient S'enfoncer dans les trones d'arbres des abatis, celles des Français, dirigées avec précision, renversaient des Tignes entières. € C'était un feu d'enfer,» disait un officier anglais échappé à cette mèlée, et qui entendait les projectiles siffler autour de ses oreilles,
Sous cet ouragan de plomb, les colonnes commencèrent à vaciller: puis, reprenant courage à la voix de leurs officiers, elles se reformèrent et revinrent à la charge en faisant feu à mesure qu'elles avançaient, Le général Abereromb, qui se lenait au moulin de la Chute, une demi-lieue plus loin, avait donné ordre d'emporter li position à la baïonnette. L'armée, infaluée comme son chef et comme trappée de vertige depuis la mort de Howe, ne songeait qu'à pousser de l'avant, se crovant sûre de vaincre, Mais la forêt d'arbres renversés, dont les branches fétries étaient entrelacées, retardait la marche et mettait le désordre dans les rangs el dans la fusillade, Les morts et les blessés, qui tombaient de toute part, achevaient la confusion, L'élévation qui conduisait aux remparts de troncs d'arbres, où le soldat
peer
{ | 1 ee l 162 MONTCALM ET LEVIS 10 | | 1118 Wapercevait que des jets de feu avec des taches de fumée vomissant la mort, sem- A! blait de plus en plus inaccessible.
: #1 Cependant les abatis, qui donnaient un si grand avantage aux assaillants, ! # À avaient leur inconvénient : ils servaient d’abri à une nude de tirailleurs ennemis da. répandus sur les ailes et dans les intervalles de chaque colonne. Plus adroits que hi les troupes de la ligne, ces franes-tireurs, cachés derrière les souches et les arbres, faisaient un feu meurtrier qui éclaireissait les rangs des Français: mais ceux-ci és il riposlaient avec une justesse de tir plus admirable encore. D” il : Impossible, raconte le capitaine Desandrouins, de trouver plus de sang-froid ‘4 et de bravoure qu'on eu vit ce jour-là dans le soldat, J'ai été témoin qu'aucun ne :i dirait son coup sans viser son homme, et que la plupart attendaient souvent un assez t'ipi , ig temps de voir paraitre un tirailleur, posté derrière une souche, pour ne pas | | T1 le manquer, quoique les balles plussent dru comme grêle. » Let La tête d'une des colonnes parvint jusqu'aux chevaux de frise improvisés qui
défendaient le pied des retranchements; mais là elle se trouva arrêtée par leurs milliers de branches aiguisées, qu'elle chercha en vain d’arracher ou de franchir, pendant que de front, de droite et de gauche, elle était eriblée de balles, Après une heure de cette latte acharnée, au milieu d'un incroyable crépitement de mousquetrie, les quatre colonnes furent rejetées jusqu'à la lisière du bois. Abereromby, toujours au moulin de li Chute, envoya l'ordre de renouveler l'attaque. Le feu des lirailleurs recommenca avec une nouvelle furie, et les batonnelles des régiments S'abaissérent en miroilant au soleil, au eri de : Forward! des officiers, entendu distinetement dans le camp. Gette fois, la tactique de leurs commandants avait changé : les deux colonnes de leur droite S'élancérent vers fl la troute gardée par les deux compagnies de volontaires, Les deux autres assailhirent l'angle droit des retranchements, Le choc fat terrible : la tête des colonnes
tourbillonnait sous li tempête, sans arrêter les survivants, qui, enjambant par-des-
sus tes morts, continuaient à combattre avec a ténacité britannique. Les monta-
gnards écossais, loujours braves entre les braves, se faisaient tuer à quelques 1} pas du camp. C'était pitié de voir tomber ces beaux géants qui, après S'être battus À à Culloden, n'auraient pas voulu, en Europe, croiser à baïonnette avec les Francais. Leur taciturne commandant, Duncan Campbell, sûr de marcher à la mort depuis que, la nuit précédente, 1 avait cru voir le fantôme d'Inverawe, ne éavança pas moins avec le courage du désespoir.
De leur côté, les Canadiens tiraient à toute volée, avec la précision d'hommes aceoutumés à la chasse, Seuls de tous les assiégés, is firent plusieurs sorties, Les plus intrépides d'entre eux, MM, de Langy, de Nigon, de La Ronde en tête, sautèrent par-dessus les retranchements et, é'éparpillant à la manière indienne le : FAR long du bois, ouvrirent un feu terrible sur le flanc des ennemis, Ramenés dans leurs retranchements par une fusillade d'enfer lancée contre eux, ils réttérèrent IF AI à plusieurs reprises leurs sorties, signalées chaque fois par d'horribles trouées |. FR dans les colonnes anglaises, Ce fut grâce à ces sorties, d’après Pouchot, que les ennemis, qui auraient pu aisément tourner le camp par son extrème droite, € S'ils avaient connu le terrain et la facilité d'y pénétrer, » n'oscrent jamais sy
aventurer.
Le chevalier de Lévis dirigeait ces attaques avec le même calme que s'il eût été
sem-
ants, emis que bres,
x = Ci
froid n ne assez
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sque-
aveler haionl' des leurs
vers issailonnes -desiontaques battus nuais.
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à la parade. Au centre, le marquis de Montcalm donnait ses ordres sous les balles, avec le sang-froid et la sûreté de commandement d'un vieux général.
I! faisait une chaleur étouffante, et dès le commencement de Paction le marquis avait enlevé son uniforme en disant avec un sourire à ses soldats : & Mes amis, il va faire chaud aujourd'hui. »
Derrière lui, à sa portée, étaient massées les huis compagnies de grenadiers qu'il dirigeait tantôt sur un point, tantôt sur un autre, suivant les besoins, Sur la gauche le colonel Bourlamaque se multipliait avec sa bravoure ordinaire et reçut à la tête une blessure dangereuse. I fut remplacé dans le commandement par M. de Senezergues, qui ne lui cédait ni en vaillance ni en habileté.
« J'avais demandé, dit Desandrouins à M. le marquis de Montcalm, dès le commencement de l'affaire, la permisssion de lui servir d'aide de camp, et, comme j'allais de la droite à la gauche continuellement, les soldats me demandaient des nouvelles de ce qui se passait, et, comme j'étais dans une aile, je leur eriais : & Dans l’autre aile, il v a plus de quinze cents Anglais le ventre en l'air ; les autres « sont en déroule, ét leur colonne n'ose plus $'Y montrer. Il n’y reste que de € méchants tirailieurs dervière les souches qu’on s'amuse à démonter. » J'avais le plaisir aussitôt de voir paraitre les plus vifs transports de joie et de les entendre s’'animer au combat par des eris de : Vive le roi! »
Le centre, resté plus tranquille pendant ces attaques de flanc, craignait à chaque instant d’être tourné :
€ Prenez garde à la gauche! eriait-on à droite.
— Prenez garde à la droite! » répondait-on à gauche.
Vers trois heures une vingtaine de bateaux et deux pontons, avec du canon et des tirailleurs, parurent à l'embouchure de la Chute dans le but de prendre notre gauche à revers. Hs furent salués par les salves des volontaires et des grenadiers de Poulariés, qui bordaient le pied de Pescarpement, et par le canon du fort, qui coula deux des bateaux et mit le reste en fuite.
En ce moment la scène de carnage était indeseriptible. A l’intérieur du camp toute la ligne des retranchements était jonchée de morts et de blessés, Au dehors, sur toute la circonférence du camp, les cadavres gisaient par centaines en masses plus où moins compactes, selon l’acharnement du combat : les uns couchés en travers sur les arbres renversés, les autres accrochés à leurs rameaux, plusieurs se tordant encore dans les derniers spasmes de l’agonie. Des colonnes en désordre se portaient tantôt à droite, tantôt à gauche, cherchant un point vulnérable au milieu du tonnerre des décharges, du sifflement des balles et des cris secs du commandement, des vociléralions des soldats avançant où reculant dans un fouillis inextricable de feuillages et de branches.
Un curieux incident eut lieu durant Pane de ces attaques. Comme les enseignes de Guyenne agitaient leurs drapeaux chaque fois qu'on eriait : Vive le roi! la colonne qui marchait vers ce régiment crut que c’élait un signal de capitulation. Une vingtaine de soldats s’approchèrent en faisant signe de leurs chapeaux et en criant: Quarter ! Les Français hésitèrent un instant, puis répondirent : « Armes bas! armes bas!» en se montrant à mi-corps au-dessus du retranchement. Ces Anglais, ne sachant probablement pas le français, ne comprirent pas et continuërent d’avancer sans obéir à l’injonction.
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Der
! 1 k : 1 | 5:48 | | 164 MONTCALM ET LÉVIS | 4 € Alors, dit Desandrouins, qui rapporte cet incident, Guyenne, dont les flammes
| rl vertes el isabelle avaient fait cette illusion, tira une bordée de front, tandis que Roval-Roussillon fusilla de flanc ces pauvres gens, qui s’imaginrient que les dra-
| ÿ peaux flottants étaient de notre part un signe qu'on se rendait. » | 100 Pouchot, qui rapporte le même fait, lui donne une cause différente, laquelle | AA cependant peut se concilier avec la première. | | « Le capitaine de Bassignac, de Roval-Roussillon, attacha, dit-il, un mouchoir {l rouge au bout d’un fusil et Pagita en signe de déti au-dessus du rempart. » {} À j Les Anglais, selon lui, approchèrent en tenant leurs fusils en travers à deux û by: il mains et en criant : Quarter ! Les Français, de leur côté, crovant à une reddition, FL il cessérent le feu et montérent sur les retranchements à leur rencontre. Pouchot, qui 1 en ce moment était venu demander de la poudre et des balles à M. de Fonthonne , | 4 l’entendit dire à ses soldats :
IL | « Dites-leur de quitter leurs armes et on les recevra. » Mi: louchot, apercevant alors des soldats perchés sur le retranchement, jeta un 1 | coup d'œil en dehors pour en savoir là cause, el vit que les Anglais n'avaient nulle envie de se rendre. I se mit à cricr de toutes ses forces :
« Tirez! tirez! ne voyez-vous pas que ces gens-là vont vous enlever? » Sans descendre des remparts, les Français firent feu, et l'action recommenca.
MES 20 9e porn sense Lam Diéé RTS ARE AC
| Les Anglais ne manquérent pas de crier à la trahison. s F1 | « Une autre trahison des Francais, écrivit un Anglo-Américain, c'était d'élever | ; il | leurs chapeaux au bout de leurs fusils pour s'amuser à voir les francs-tireurs les À { L: | percer de leurs balles, » 1 qi 4! Pendant que ceci se passait à la droite, au centre, le bataillon de Berry, en è #1) | erande partie composé de jeunes recrues, fublit un moment devant une légion : 1] à il d'assaillants et abandonna le parapet. Les compagnies de grenadiers accoururent l en toute hâte et les ramencrent Si promplement, que l'ennemi ne S'apereut pas de 1: * tt À ce recul. 4 4 À Des eris de : € Vive le roi! Vive notre général! » éclataient en ce moment sur 1 fe 1 le chemin de Carillon; c'était une troupe de trois cents Canadiens et soldats de la bi 1h 14 marine qui venaient de débarquer et qui accouraient au secours de leurs cama- ; : rades. Hs furent échelonnés immédiatement le long des retranchements de Fextrème # 14 Î | droite.
1; 5 | Cependant le jour commençait à baisser. Le soleil allait bientôt disparaitre deril | rière les montagnes dans un ciel aussi pur et aussi calme qu'à son lever. Les lil paisibles elartés que ses rayons obliques jetaient sur le plateau de Carillon semil ‘| blaicat une muelle protestation de là nature contre les scènes d'horreur qui SV
passaient. Le général Abereromby arriva entin sur le champ de bataille, furieux des échecs réilérés de son armée, Avant de s'avouer vaincu, il voulut tenter un
| nil suprème efort. réunit ensemble les deux colonnes de sa gauche et les lança sur j} l à l'angle droit des retranchements. Les deux colonnes de sa droite, également réunies | M dans un même corps, se précipiterent au fond du ravin qui borde la rivière à la fl | Chute, el vinrent donner contre la frouée déjà si bien défendue par les volontaires h D. de Bernard et Duprat. Aucune des attaques précédentes n'avait été faite avec autant # nt: d'impétuosité et d'acharnement, Les volontaires, soutenus des grenadiers el du feu | mm plongeant que faisaient du haut de rescarpement La Karre et Languedoc, finirent
par repousser l’ennemi. Mais au rempart de la droite le danger devint imminent :
la colonne anglaise et celle des montagnards d'Écosse, combattant côte à côte, rivaimmes
is que s dra-
lisaient d'audace et d'impassible opiniâtreté, y avait en présence l’orgueil national | | de deux races naguëre ennemies et se redoutant encore. La fierté britannique aurait été humiliée de se voir vaincue en bravoure par les Highlanders, fût-ce par
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ent sur { { s de la $ { | CITE 34 4h xtrème Les montagnards surtout sont décinmes. À re der- 4 . | 1e les plus valeureux de leur élan. Les Ecossais, de leur côté, sentaient qu'iis étaient À : . les mêmes qu'au temps de Robert Bruce et voulaient le prouver. Celle colonne : ie "+ À à double tête semblait avoir une poussée irrésistible, A mesure que les premiers HIRIERS À rangs tombaient, les survivants montaient sur les cadavres. Foudrovés à leur tour, 1} alter un D, Se } : RSR " : : LA UN 4 ceux-ci étaient remplacés par d'autres, [ls n'étaient plus qu'à quinze pas du retran- x Mi nu É chement : S'ils parvenaient à l'escalader, une avalanche les suivait, et la journée At 2 était perdue.
‘re à la 4 € A droite! à droite! Tirez à droite! » crient nos soldats. Guvenne, Béarn et la { Are À Reine, qui défendent le redan, vont être écrasés, Montealm à vu le danger, il \ À us accourt avec ses grenadiers. Un instant leur triple rangée de baïonnettes brille | du feu % | finirent % h