‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme]Chapitre 37 sur 86 · SOUS · texte numérisé non relu

SOUS

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suivant l'exemple de Marin, de Langy et du brave Sarégoa, continuérent le feu en poursuivant le détachement du Connecticut, qui se repliait en désordre dans l’épaisseur du bois.

Dalzell, accouru au bruit de la mousqueterie, rallia les fuyards et dirigea seul | le combat jusqu'à l'arrivée de Rogers. Peabody et Humphreys, tous deux biographes de Putnam, blâment sévèrement le commandant des rangers de s'être fait longtemps attendre; il avait eraint une attaque sur ses derrières el avait d'abord adossé ses hommes à la rivière au Chicot, à quelque distance des combattants.

« Nos gens trouvent, à une portée de fusil, raconte Desandrouins d’après le récit de témoins oculaires, les Anglais marchant à eux, qui dans le moment se saisissent de gros arbres. Nos gens en font autant, et l'on se fusille pendant deux heures, sans se faire vraisemblablement beaucoup de mal de part ni d'autre. Nous

savons, de gens qui y étaient, que Marin et les officiers ne quittèrent plus cette position. |

« Ils se trouvérent plusieurs fois réduits à moins de trente faisant tête à l'ennemi, et jamais plus de quatre-vingts ou cent, malgré les exhortations des sauvages eux-mêmes, et entre autres de quatre Miemacs, qui, parlant très bon français, excitaient les autres à les suivre et faisaient tout ce qu'on peui attendre des plus braves ofticiers. |

« Sarégoa, fameux chef iroquois, dit alors à Marin : € Gonoron! (qui veut dire : | « Ceci est de valeur!) Et pourquoi” dit Marin. — Ah! mon pére, dit le sauvage, si seulement j'avais mes jeunes gens!» — Etat alla enlever dans le plus fort du

combat un Anglais derrière un arbre. { € Marin Sy comporta, où peut dire, avec témérilé, I fit la bravade de crier pendant la chaleur du combat : « Rogers, viens ici! c’est moi qui l'appelle et qui | ete défie! » Quelques-uns disent que Rogers lui répondit sur le même ton. Mais | des sens qui ont entendu le propos de Marin m'ont dit n'avoir point oui celui de Rogers.

€ Enfin, l'ennemi n'avançant ni ne reculant, et se tenant avec précaution derrière les arbres, et n'v avant plus moyen de rallier les pleutres qui nous abandonnaient, Langy proposa à Marin de faire la retraite, ce qu'il n’approuva qu'après quelques difficultés, « Alors il fit enlever ses blessés et fit route par la droite pour regagner ses paquets. [ne fut point du tout poursuivi par ennemi, qui, de son côté, fila, aussi par sa droite dès qu'il fat assuré de notre retraite, [ne jugea pas sans doute pouvoir atteindre les sauvages dans les bois, ou se erut trop heureux d'en être débarrassé.

« Je liens tous ces faits de La Rochebeaucour et de tous ceux qui étaient avec Marin.

« Les sauvages ont eu cinq hommes de tués et trois de perdus; deux soldats de la colonie et un sergent tuës; deux Canadiens, dont un de Montréal nommé Trudeau, tuës; avec une dizaine de sauvages blessés, dont deux de ces braves Micmacs; deux cadets blessés, MM. de Cussy et Monatte. » Les Anglais, selon leur coutume et pour pallier leur timide attitude devant un ennemi si inférieur en nombre, exagérèrent le chiffre de ses pertes. Un parti des leurs, envoyé sur les lieux après l’action, prétendit avoir enterré cent Français et

MONTOALM ET LEVIS

| ii sauvages, landis que Montcalm, accordant avec Desandrouins, affirme que treize | IF morts en tout, dont cinq sauv:,s, avaient été abandonnés sur le champ de | À bataille.

4 ÿ Les Anglais avouèrent qu'ils avaient eu quarante-neuf hommes de tués, sans | compter un grand nombre de blessés, 1S rendirent témoignage aussi bien que les Français de la bravoure exceptionnelle des sauvages en cette occasion. Un de leurs | | 1 ofliciers …. pporte qu'un fadien s'élança en plein milieu de la troupe anglaise et tua 4 deux hommes à coups de hache, 1 monta ensuite sur un tronc d'arbre ei se mit à les défier tous. Un soldat essava de le tuer à coups de crosse de fusil; mais, Us quoique le sang jaillit de sa blessure, il ne tomba pas et aurait immolé son adverà | FIS saire, sien ce moment Rogers ne l'avait tué raide d'une balle. Aucun exploit de Marin ne lui fit plus d'honneur que ce combat. I avait tenu al J lête pendant deux heures à des troupes d'élite plus de double des siennes ; et telle dl était la terreur qu'il leur avait inspirée, qu'elles le Taissérent enlever ses dix blessés | D et ses cinq prisonniers sans oser le poursuivre. | Le récit de la captivité du major Patnam, raconté par son biographe!, fait voir le terrible sort qui attendait Lx plupart du temps les prisonniers tombés aux mains k des sauvages, mème de ceux dont le christianisme avait adouei la primitive barki barie. Aussitôt qu'il eût été entrainé à Parriéresgarde, 1 fut attaché pieds et poings LÉ û liés à un gros arbre par son vainqueur, qui relourna ensuite au combat. Dans son wi hi" absence un jeune Indien, au lieu d'aller se battre avec ses camarades, s'amusa à À | planter sa hace aussi près que possible de Lt tête et des membres du malheureux | OS h caplif, sans toutefois le toucher, 1 | à Après qu'il se fut fatigué à ce jeu, un Français, assure-t-on, eut lt cruauté de 6 4 viser sur lui comme pour le tuer, et de le frapper ensuite, en passant, sur lt joue, LE avec la crosse de son fusil. Un moment les Français et les sauvages, poursuivis de LL op prés, avant élé obligés de reculer, Putnam se trouva exposé aux balles des deux partis, jusqu'à ce que les Anglais, attaqués Vivement à leur tour, eussent mA perdu le terrain conquis. Patnam fat alors délié et conduit en lieu sûr jusqu'au + ' moment de la retraite, où il fut repris par les sauvages, dépouillé de ses vêtements Ji 1} et forcé de porter le bagage de plusieurs blessés, après qu'on lui eut attaché les : 6 mains avec des cordes qui lui enfonçaient dans ke echair, Un officier français, touché L | de pitié en Fentendant prier ses bourreaux de le tuer plutôt que de le tourmenter | UE ainsi. anint à lui faire détacher des mains, à le décharger d'une partie de ses | || 08 À paquet, ét à lui faire donner par le chef auquel il appartenait une paire de mocas- ! E : Sins. Mais, au repas du soir, la férocité indienne se réveilla de nouveau, el ils se | mirent en frais de le brûler vif, aprés l'avoir entrainé dans un tullis à quelque f 4 distance du camp et attaché nu à un arbre, autour duquel ils amassérent une | | quantité de branches séches auxquelles 1 mirent le feu, Un orage survenu en ce | Î i moment éteignit la flamme et donna quelque temps êe répit à linfortuné Putnam. | 11 PR Mais dés que la pluie eut cessé, le bûcher fat rallumé. Marin, qui élit à quelque : IR 5 distance, entendant les eris de la danse et les éclats de rire qui aceueillaient les : | f pl gémissements et les soubresauts de la victime pour échapper aux fluumes, ou, selon une autre version, averti par un sauvage saisi d'un moment d'humanité, 1 ï Nil dbife of doruel Putain, by Oliver W. B. Peabody,

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