‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme]Chapitre 40 sur 86 · D MERE · texte numérisé non relu

D MERE

sur le toit du château du gouverneur, qui avec le bastion formait la citadelle. La bombe pénétra jusque dans Pétage inférieur, où elle éclata dans la chambrée des soldats, et mit le feu dans tous les appartements voisins. En quelques minutes, le centre de l'édifice et la chapelle qui le terminait au nord-ouest furent en flammes. Les Anglais, en apercevant le feu et la fumée au-dessus du toit, firent pleuvoir dans cette direction une quantité prodigieuse de projectiles. Malgré cela, les citoyens, aussi bien que les soldats et les marins, se jetèrent au milieu du danger et par vinrent, à force de travail, à sauver laile du château occupée par le gouverneur

et sa funille,

Vue de Louisbourg, d'aprés une estampe de la Bibliothèque nationale.

De chaque côté du bastion du Roi régnait une rangée de casemates attenant à la muraille qni reliait le bastion à la courtine : celles de droite servaient aux officiers blessés; celles de gauche aux femmes et aux enfants, qui y étaient entassés les uns sur les autres, faute de plus amples refuges. Devant les ouvertures étaient empilées une quantité de grosses pièces de bois destinées à les protéger contre les éclats d’obus. Au plus fort de l'incendie, le feu, poussé par un vent violent, faillit prendre à ces monceaux de combustible, et la fumée s'engouffra dans les casemates, menacant de sulfoquer la multitude qui s’y trouvait enfermée. Les femmes et les enfants, affolés et poussant des cris, se précipitèérent au dehors en courant de côté et d'autre pour chercher un abri contre l'ouragan de fer qui tombait du ciel.

Les désastres se succédérent désormais sans interruption. Il n’en pouvait être autrement : un millier de boulets, de bombes, de grenades, de projectiles de toutes sortes, pleuvaient chaque jour sur la ville, sans compter les fusées qui mettaient le feu, qu'on n'arrivait pas à éteindre : c'était l’image de l’enfer. Les citoyens, sans autre abri que leurs caves, vivaient dans des transes continuelles. Les marins, presque tous à terre depuis la destruction de la flotte, avaient d’abord logé sous des tentes ou des appentis improvisés ; mais l°s alertes v étaient devenues trop fréquentes pour

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