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révoltait sa noble nature : celle d'incendier et de détruire les établissements français du golle Saint-Laurent, depuis Miramichi jusqu'à Gaspé; d'en enlever les habitants et de les embarquer sur des navires qui les transporteraient en Europe. Lord Rollo était parti avant lui, avec plusieurs vaisseaux, pour exécuter les mêmes ordres sur Pile Saint-Jean. Ces mesures, plus nuisibles qu'utiles à l'Angleterre, étaient d'autant plus barbares qu'elles étaient prises contre les restes de l’infortunée population acadienne qui, trois ans auparavant, avait été expulsée de ses foyers par les Anglais eux-mêmes.
€ Sir Charles Hardy et moi, écrivait Wolfe à son père, le 21 août, nous nous préparons à voler aux pêcheurs leurs filets et à brûler leurs chaumitres. Quand ce erand ouvrage sera fini, je retournerai à Louisbourg et de là en Angleterre, à moins que d'ici là il ne m'arrive des ordres qui me retiennent. »
D'après le rapport même de Rollo, il n’v avait pas moins de quatre mille cent habitants dans l'ile Saint-Jean, avec dix mille têtes de bétail et beaucoup de terres en culture, I y avait également une population considérable et de beaux établissements au sud du Cap-Breton, à l’Ardoise, au Port-Toulouse, dans l'ile Madame, etc.
Le fer et le feu furent promenés sans merci d’une extrémité à l’autre de cette région. Tous les villages et jusqu'aux moindres constructions aperçues de l'ennemi furent rasés, les familles qu'on put atteindre enlevées, les autres chassées dans les bois, où une partie périt de misère. Le reste ne survécut que pour être soumis à de nouvelles déportations.
À son retour à Louisbourg, Wolle ne put s'empêcher d'exprimer à Amherst la répugnance qu'il avait éprouvée à exécuter l'odieuse besogne dont il Pavait chargé. Ce général venait d'arriver à New-York, où il s'était hâté de se rendre avec une partie de ses troupes, en apprenant la défaite d'Abereromby. « Vos ordres ont été exécutés, Jui écrit Wolfe, Nous avons fait beaucoup de mal et répandu la terreur des armes de Sa Majesté dans toute l'étendue du golfe; mais nous r’avons rien ajouté à sa réputation, »
En Angleterre, où la prise de la forteresse francaise avait soulevé lenthousiasme publie, le surnom de héros de Louisbourg était sur toutes les lévres, quand Wolfe arriva à Londres, où il recut les compliments de Pitt et les embrassements de st mère. Sa santé élait plus que jamais altérée par les fatigues de la guerre et de la traversée ; il ne lui restait cependant que trois mois avant de s’embarquer pour sa dernière et immortelle campagne.