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Les vaisseaux anglais, ancrés à l’anse des Mères, mirent le feu à un brûlot et tentérent de détruire les cajeux qu'on achevait d'y construire; mais ils furent repoussés, M. Dumas s'y était porté avec six cents hommes, de la cavalerie, du canon et des sauvages, Un autre corps de troupes le rejoignit le lendemain, sur l'avis qu'un grand nombre de berges avaient été transportées par le chemin de Lévis et lancées à la Chaudière, Le colonel Carleton s'y était embarqué avec six cents hommes, et avait remonté le fleuve jusqu'à sept lieues au delà de Québec. I avait pour guide un ancien otage nommé Robert Stobo, qui cinq ans auparavant avait été livré par Washington à de Villiers, lors de la prise du fort Nécessité, Conduit d'abord an fort Duquesne, puis à Québec, où il avait séjourné longtemps, il avait abusé de la trop grande liberté qu'on lui avait laissée pour étudier la ville et ses environs, 1 s'était échappé au mois de mai précédent par un coup d'audace combiné avec un autre prisonnier nommé Stevens, officier dans les rangers, et était descendu à Halifax, d'où il était revenu pendant le siège, Il s'était rendu important par les renseignements qu'il était en état de fournir. Carleton aborda sur la rive gauche du fleuve, non loin du village de la Pointe-aux-Trembles, où, d'après les rapports de certains prisonniers, on croyait trouver quelques-uns des principaux magasins de l'armée et des papiers importants, À l'aube du jour, il entoura le village, après avoir repoussé une quarantaine de sauvages qui lui Luérent où blessérent quelques hommes. 4 passa le reste de la journée sans être molesté, mais ne trouva à peu près rien de ce qu'il cherchait, else rembarqua, emmenant avec lui une centaine de personnes, vieillards, enfants et femmes, parmi lesquelles plusieurs dames de Québec qui S'Y étaient rélugides.
Une partie des troupes de Dumas, envoyées à la nouvelle de cette descente, n'arrivérent que pour fusiller avec larrière-garde, dont ils blessérent quelques soldats. Les Indiens, plus redoutables que les ennemis, retournérent au village et pillèrent les maisons abandonnées. Wolle, qui s'était rendu à bord des vaisseaux mouillés à l'anse des Mères, accueillit les prisonnitres avec une parfaite courtoisie, invita méme les dames à souper, et les plaisanta beaucoup sur la cireonspection des généraux francais, à qui, disait-il, il avait donné des occasions bien favorables de Pattaquer 2 il était surpris qu'ils n’en eussent point protité. Le lendemain, il fit hisser un pavillon parlementaire et offrit quelques heures d'armistice, à la condition qu'on laissät passer devant Québec les berges chargées de ses blessés qu'il voulait faire conduire aux ambulances de Pile d'Orléans, Les officiers anglais, dit un chroniqueur du temps, poussèrent li galanterie jusqu'à inscrire leurs noms sur les carnets de leurs prisonnières, qui mirent pied à terre à l'anse des Mères, aussi surprises que satisfaites de ax promenade forcée dont elles revenaient. Elles étaient loin de soupçonner en ce moment que peu d'années après elles feraient leur cour, dans le ehâteau Saint-Louis, au chef de cette expédition devenu lord Dorchester et souverneur du Canada.
Montealm passait des nuits entières sur les remparts de Québec, pour veiller de plus près à ce qu'aucun vaisseau ne franchit le passage. {lehoisit, parmi les meilleurs ofliciers, des gardes sur lesquels il pouvait compter comme sur lui-même. Plusieurs frégates mirent à la voile par un bon vent nord-est, et s'avancérent jusqu'à la portée du canon; mais elles furent accueillies par une telle grèle de boulets, qu'elles virèrent de bord. Le marquis était sans inquiétude sur son aile
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gauche, car son alter ego, Lëvis, était là toujours sur pied et prenant si peu de sommeil, que son ami s’en inquiétait, Il faisait dire à M. de Senezergues « d’être très attentif et de n'avertir le chevalier que pour des choses importantes ».
Vaudreuil, malgré ses soixante ans, ne se montrait guère moins actif que Lévis. € Nous avons été sur pied jusqu'au jour, lui écrivait-il, ainsi que le bataillon de Languedoc et le détachement que nous avons formé pour se porter au secours de la partie qui aurait été attaquée, Nous comptions fort que ce serait vers Sillery ; il y avait effectivement toute apparence que l'ennemi y tenterait son débarquement ; mais M. Dumas m'écrit qu'il a passé une nuit très tranquille,
Le brigadier Carleton, plus td lord Dorchester et gouverneur du Canada
d'apre . un portrait appartenant au Dr Emmett, de New-York,
a Je n'ai pas reposé de la nuit, et vraisemblablement je n'en aurais pas le temps de la journée, »
Wolle commençait à préparer une attaque vers la rivière Montmorency et v multipliait ses mouvements, [tenta plusieurs fois de jeter un pont sur la rivière en se couvrant par une forte artillerie, Après une escarmouche, le marquis écrivait à son ami: € Les Anglais ont montré peu de vigueur, car tout avait pris la fuite, hors vingt Canadiens qui ont bien fait... » Quelques heures après il ajoutait : € Je suis bien convaineu qu'ils n'attaqueront pas la gauche. Je commence à croire qu'ils n'atlaqueront nulle part, chercheront à intercepter nos vivres et à désoler le pays en courses, » Le soir même Montcalm apprit qu'un détachement remontait vers les aués, « Avez des postes de ce côté-1à, pour donner un coup de peigne à ce petit corps, qui nous embarrasserait terriblement S'il avait l'audace de <e fourrer sur nos derrières, malgré les risques qu'il courrait. »
Ce petit corps, entrevu à l'entrée de la nuit, était une colonne de deux mille hommes, conduite par le général Wolfe en personne, qui venait examiner le gué, gardé seulement par onze cents Canadiens, et tenter de forcer le passage, Huit ou
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neuf cents sauvages, accourus à son approche avec l'intrépide Langlade, se jetérent sans être aperçus sur la rive gauche du Montmorency, et SV tinrent tapis ventre à terre à une portée de pistolet de la colonne anglaise, qui s'était arrêtée et qui se préparait à passer le reste de Ta nuit au bivouac. Le silence de la forêt, qui n’était troublé que par le glouglou des rapides voisins et par le passage des brises nocturnes dans la cime des arbres, fit croire aux Anglais qu'il n°v avait pas d'ennemis de ce côté de la rivière, Le chevalier Johnstone, qui rapporte cet incident, “étonne qu'un si grand nombre de sauvages aient pu se tenir cachés durant plusieurs heures près d'un corps ennemi, sans que le moindre bruit ait trahi leur présence. C'était une des merveilles de la stratégie indienne. M. de Langlade, voyant son embuscade si bien préparée, fit signe aux chef: qui l'entouraient de l'attendre, puis se glissa furtivement en arrière, traversa la rivière, courut au camp du chevalier de Lévis, et lui demanda de l'appuyer par un gros détachement, I lassura que, S'il était soutenu, il envelopperait avec son détachement la troupe anglaise, et qu'un bien petit nombre retournerait à leur camp. L'occasion était belle et tentante; mais M. de Lévis ne pouvait ordonner une expédition qui exposait à entrainer une action générale sans v être autorisé par le commandant en chef, et le quartier général était trop loin pour qu'il pût en avoir une réponse à temps. Tout ce que le chevalier put faire fat d'expédier un fort détachement, en écrivant à M. de Repenligns qu'il lui en contiait le commandement, laissant le reste à son habileté et à son expérience, Repentigny, aussi brave et non moins prudent que Lévis, se lrouva dans le même embarras que lui. Les sauvages attendirent le retour de M. de Langlade, IR avaient été cinq heures étendus à terre, immobiles, le cassetôle à la main, ne remuant que leurs veux de Iÿnx dans l'ombre, Aux premières lueurs de Faube, ne voyant venir aucun secours, ils ne purent retenir plus longlemps leur ardeur, Un cri, poussé par huit cents poitrines sauvages, fit trembler les bois et tressaillir les soldats anglais, qui sautérent sur leurs armes; mais les sauvages qu'ils craignaient tant étaient sur leurs talons, brandissant leurs tomahawks. I reculérent en désordre, Wolle et ses officiers empêchérent une panique ; mais la colonne dut retraiter précipitamment. M. de Repentigny n'osa jeter tout son monde de l'autre côté du gué; mais il détacha une torte escouade qui alla prêter main forte aux Indiens, Welle, reloulé jusque dans son camp, dont tous les régiments avaient pris les armes, fit avancer du canon et marcher le gros de son armée contre les sauvages, qui revinrent triomphants au Passage-d'Hiver, après avoir tué ou blessé environ cent cinquante Anglais, sans presque aucune perte de leur part. Au bruit de la fusillade, le camp francais fut sur pied, et M. de Lévis porta le bataillon de Roval-Roussillon sur le chemin du gué, pour appuyer au besoin M. de Repentigny. On se erut pendant quelque temps à la veille d’une action générale.
Le moment parut propice pour lancer les cajeux, dont la direction avait été confiée celle fois à un homme d'expérience et de sang-froid, M. de Courval, officier des milices canadiennes. IS étaient formés d'environ soixante-dix embareations : bateaux, chaloupes et berges, remplis de matières inflammables, de bombes, potsà-feu, grenudes, vieux canons chargés à mitraille, le tout attaché ensemble par des chaines. Cet appareil, étendu en travers du fleuve, n'avait pas moins d’une cenlaine de brasses de longueur. I fut conduit avec toute Pintelligence possible et amené jusqu'à une demi-portée de fusil de la frégate qui lormait l'avant-garde, Le
feu se communiqua d’un cajeu à l’autre avec rapidité ; mais comme leur marche était très lente, et que la nuit n’était pas extrêmement obscure, les vaisseaux eurent le temps ou de couper leurs chaines ou de lever leurs ancres. Au premier signal des vigies, les matelots de la flotte se précipitèrent dans leurs berges, s’'accrochérent aux cajeux avec des grappins et les remorquèrent au rivage où ils achevérent de se consumer. Les Anglais en furent quittes pour uae alarme; mais elle fut Si grande, que Wolfe fit savoir qui si on renouvelait une autre fois une pareille tentative, les prisonniers français en seraient les premitres victimes; qu'il allait les placer sur deux de ses transports, où ils seraient abandonnés quand leurs propres compatriotes ÿ auraient mis le feu.
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I y avait un mois que le général anglais était débarqué devant Québec, et il n était guére plus avancé que le premier jour. La ville ne présentait plus, 1l est vrai, qu'un monceau de cendres; mais elle n’en était pas moins hors de sa portée.
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Il espérait moins que jamais opérer sa jonction avec le tardif Amherst, tenu en échec par le prudent et méthodique Bourlamaque. Son espoir de lasser la patience des Canadiens où d'obtenir leur détection avait été déçu. ne vit plus d’autres moyens de les réduire que d'exercer contre eux les dernitres rigueurs, comme il avait fait pour Québec. Le 25 juillet, les habitants de Saint-Henri de Lauzon avaient lu en pälissant la proclamation suivante, affichée au portail de leur église :
« Son Excellence, blessée du peu d’égards que les habitants du Canada ont eu
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à son placard du 27e du mois dernier, a résolu de ne plus écouter les sentiments
d'humanité qui le portaient à soulager des gens aveuglés dans leur propre misère. Les Canadiens se montrent, par leur conduite, indignes des offres avantageuses
qu'il leur faisait, C’est pourquoi il à donné ordre au commandant de ses troupes
légères et autres officiers de s'avancer dans le pays pour v saisir et amener les habitants et leurs troupeaux, et v détruire et renverser ce qu'ils jugeront à propos. Au reste, comme il se trouve fâché d'en venir aux barbares extrémités dont les Canadiens et les Indiens lui montrent l'exemple, il se propose de différer jusqu'au {er août prochain à décider du sort des prisonniers qui peuvent être faits, avec lesquels il usera de représailles ; à moins que pendant cet intervalle les Canadiens ne viennent se soumettre aux termes il leur à proposés dans son placard, et par leur soumission toucher sa clémence elle porter à la douceur. »
Les malheureux Canadiens des environs de Québec se trouvaient placés dans la plus affreuse alternative : s'ils continuaient à rester fidèles à la France, leurs maisons allaient être incendiées, leurs champs dévastés, le peu qui leur restait détruit et eux-mêmes traqués comme des fauves; S'ils faisaient la paix avec les Anglais, les sauvages seraient immédiatement déchainés contre eux, Les habitants de la côte de Beaupré étaient déjà sous le coup de ce châtiment, Montcalm écrivait le même jour à Lévis : « de crains que les gens de l'Ange-Gardien et de la côte de Beaupré ne fassent leur paix particulière... 1 faudrait quelque gros détachement de sauvages et de Canadiens pour les corriger... Et, pour soutenir les Canadiens et les sauvages, nous enverrons, S'il le faut, des grenadiers et soldats volontaires avec des ofticiers, une centaine, »
Les habitants de Saint- Henri avaient eu à peine le temps de lire la proclamation de Wolfe et d'en porter la nouvelle à leurs familles, que leur principal groupe, caché dans les bois avec leur euré, fut cerné et fait prisonnier.
Wolfe était aussi sensible qu'aucun de <es officiers aux maux dont il était le témoin et le principal auteur; mais il pensait y trouver le moyen de désarmer la population, d'affaiblir les forces de son ennemi, et peut-être même de le décider à sortir de ses retranchements, C'était là le but de ses efforts; car, Si pouvait l'amener à un engagement général, il se croyait sûr de le battre, ayant trois fois plus de troupes régulières et mettant à peine en ligne de compte les milices canadiennes qu'il méprisait. Depuis qu'il avait réussi à franchir le passage de Québec, il avait examiné avec soin toute la falaise jusqu'au cap Rouge. Elle lui parut presque partout inaccessible, coupée à pie et baïgnée par les eaux du fleuve, Alors comme aujourd'hui, un rideau d’épinelles, de pins, de hètres, de chènes et de sapins, en couronnait le somatet. Les rares endroits où la cote s'affaisse ou se creuse pour livrer passage à quelque torrent avaient été rompus et occupés par des corps de troupes, 1 tint sa lunette braquée sur une coulée qui s'ouvre à un quart de lieue en decà de la pointe de Killers, au fond de Panse à laquelle il a légué son nom; mais ee point, comme les autres, parut trop bien gardé pour qu'il fût possible d'y faire une descente, On peut difficilement S'expliquer pourquot il n'eut pas l'idée de S'établir fortement sur quelques points agcessibles de Ha rive nord sous la protection de ses vaisseaux ? "était, on Pa vu, ce que Montealm redoutait le plus. I lui aurait coupé toute communication avec ses dépôts d'approvisionnements, Paurait forcé de venir à lui et de lui offrir le combat. Une bataille gagnée lui aurait livré Québec en peu de jours, sans coup férir, car la famine Paurait réduit à capituler, La perte de Québec entrainait celle de la colonie. Quoi qu'il en Soit, il revint au saut, convaineu plus que jamais de la difficulté de son entreprise. C'était encore le rivage de Beauport qui lui semblait le plus valnérable. Après un long et dernier examen, ilerut qu'il lui serait peut-être possible d'attirer Montealm hors de ses retranchements, en attaquant les redoutes qu'il avait fait construire sur le bord mème de la grève.
\ partir du saut Montmorenes la falaise 'incline graduellement et se divise en plusieurs coteaux d'un accès plus facile. Elle forme un ravin vers la rivière de Beauport et continue de abaisser jusqu'à Maizerets, ot elle devient un plan doucement ineliné qui va mourir à la ligne de la marée, Tout le long de la grève règne un vaste estuaire qui a environ un tiers de lieue de largeur.
Sur celle grève, à moins d'un quart de mille du saut, se trouvaient la redoute de dohnstone, remarquée par Wolle, eloune autre plus importante située un peu plus à Fest, en face du gué de la rivière, Les retranchements qui longeaient la crête de Ta falaise étaient munis de redans dont les feux <e croisaient. En arriére couraient plusieurs lignes de défense ou traverses, érigées pour mettre les troupes à l'abri des batteries anglaises de la rive gauche du saut qui, dominant li droite, entilient li tranchée, Toute Partillerie de cette aile consistait en vingt pièces, qui battaient d'un côté la rivière, de l'autre le fleuve,
Le plan de Wolle était de diviser les forces des Français en menaçant leur camp sur trois points à lai fois Une fausse attaque serait dirigée sur la droite, eUune autre sur Pextréme gate: a première vis-äevis li Canardiére, la seconde vers le Gué-diver, tandis que Pattaque réelle se ferait en face du camp de Lévis. Liu masse de l'armée régulière marcherail sur deux divisions : celle de droite, sous Tounshend, descendrait la fdaise de PAnge-Gardien et déboucherait par le
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gué du saut; celle de gauche, sous Monckton, montée sur les berges, prendrait terre en deçà de la chute. Elles y opéreraient leur jonction, attaqueraient les deux redoutes et monteraient à l'assaut des retranchements. Toutes les embarcations de 4 flotte seraient réunies pour tansporter les soldats et les marins. Chaque marin éta* armé d'un mousquet, d’une cartouchière, d’un pistolet et d’un coutelas ou épée courte.
Le général anglais avait commencé à préparer son attaque dès le 98 juiliet; et il avait cherché à détourner l'attention du saut Montmorency en faisant bombarder et canonner nuit et jour la ville avec plus de violence que jamais. Chaque jour, il poussait vers les gués de forts détachements qui en venaient aux mains avec les Canadiens de M. de Repentigny et avec les sauvages. Un de ces détachements parut si considérable, qu’il causa une alarme dans le camp, dont les bataillons prirent les armes. Wolfe se rendit plusieurs fois de sa personne aux différents gués : partout il trouvait les Francais en alerte. [connaissait maintenant et appréciait le redoutable antagoniste qui gardait leur gauche. Sa personne même ne lui était pas inconnue. Le 49 juillet, pendant que lun et Pautre faisaient à la même heure la visite des postes, le chevalier de Lévis se trouva face à face avec lui, et les deux commandants purent se toiser de près, n’étant séparés Pun de Pautre que par l'étroite rivière Montmorency.
Le malin fixé pour l'attaque, le régiment d'Anstrather, Pinfanterie légère et les rangers avaient ordre d'avancer vers les guës en laissant à peine voir leur marche à travers les arbres et en allongeant autant que possible leur ligne pour paraitre plus nombreux. Parvenus aux guës, ils devaient se dérober à la vae de l'ennemi en s'enfonçant davantage dans la forêt et revenir à marche forcée pour se mettre à l’arrière-garde de Townshend.
Quand l'aurore du 31 juillet éclaira les hauteurs des Alléghanys, une forte brise du sud-ouest soufflait sur le Saint-Laurent et favorisait le mouvement des vaisseaux anglais, dont quelques-uns commençaient à déployer leurs voiles. C'était une pareille journée que souhaitait Wolle pour l'exécution de son projet. Dans le camp de M. de Lévis, les soldats sortaient déjà de leurs tentes. Plusieurs ofliciers stationnaient devant la maison qu'il avait choisie pour son quartier général. Le chevalier était sur pied, donnant des ordres pour expédier un renfort à M. de Repentigny, qui venait de lui faire dire qu'un corps de troupes très considérable apparaissait dans la direction du Passage-d'Hiver, Le bataillon de Béarn et une des brigades canadiennes montaient en ce moment la garde aux retranchements de la gauche. Les batteries anglaises du saut s'étaient tues depuis la veille, et trois cents travailleurs en profitaient pour continuer les ouvrages de défense. Pendant que M. de Malartie faisait la visite de ses ouvrages, il aperçut une douzaine d'officiers anglais qui examinaient attentivement les positions. Vers onze heures, deux transports armés éhacun de vingt canons mirent à la voile, et, louvovant à là faveur de tale de li marée, vinrent se placer en face de la redoute de Johnstone, où ils se litent échouer à une portée de fusil. Peu après un vaisseau de ligne de soixantequatre canons, monté par l'amiral Saunders, vint s'embosser un peu plus bas visà- vis la redoute de Pest, C'était le fameux Centurion, aussi connu dans la marine anglaise que devait être plus tard le Victory, qui portait Nelson à Trafalgar.
Aussitôt ces trois vaisseaux, dont les feux se croisaient, ouvrirent une vive canon-
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