MERE TT
ra, 6e
nade sur les redoutes, les batteries et les retranchements, pendant que es quarante gros canons braqués sur la rive gauche du saut les prenaient en flan Les Francais n'avaicat, comme on l'a vu, à opposer à ces cent quarante-quatre bouches à feu qu? vingt canons d’un moindre calibre. Toute la gauche, qui s’étail mise en mouvement à l'approche des vaisseaux, descendit la déelivité et vint border la tranchée.
Une flottille de berges portant deux régiments, les grenadiers de cinq autres et un détachement du Royal-Américain avec le brigadier Monekton, se détacha de la pointe Lévis et descendit vers l'ile d'Orléans, où une autre flottille qui émergeait du milieu de la flotte avec les marins vint la rejoindre, Elles v furent renforcées par une troisième venue du camp de l'ile, Ges trois où quatre cents embarcations se rangérent sur Lrois lignes à mi-chenal, et v restèrent immobiles jusqu’à de nouveaux ordres, laissant les Français dans l'incertitude du point qui allait être attaqué. Wolle, durant cet intervalle, attendait l'effet de ses batteries, 1 espérait que la pluie de boulets et de bombes qu'il faisait jeter sur les retranchements de la gauche ébranlerait les troupes régulières et ferait cher pied aux Canadiens; mais ceux-ci linrent aussi ferme que leurs compagnons d'armes. Montcalm était en observation avec Vaudreuil au quartier général, prêt à se porter avec les bataillons qu'il avait sous la main à l'endroit où les ennemis se décideraient à aborder. Lévis, descendu aux retranchements, parcourait toute la gauche, prenant ses dispositions el encourageant les soldats par sa présence. € Quelque chose, dit Malartie, qu'on pût lui dire pour sa conservation, qui nous était très préci use, exposé à une grèle de bombes et de boulets, il v donnait ses ordres avec une tranquillité eU un sang-froid admirables, »
Les herses s’ébranlérent et poussérent une pointe vers la rivière Saint-Charles, comme pour \ faire une descente, Elles revinrent ensuite et continuèrent à exécuter divers mouvements, menaçant tantôt le centre, tantôt la gauche, tantôt ia droite, Un sole éplouissant, une chaleur étouffante et quelques nuages à l'horizon présageaient pour la fin du jour un de ces violents orages accompagnés de foudre qui ralraichissent l'atmosphère, La marée qui baissait rapidement découvrait les bat- Lures, laissant à sec les deux transports et allait bientôt rendre guéable le passage du saut. À une heure et demie, le capitaine Duprat, qui commandait les volontaires stationnés au Gué-d'Hiver, vint avertir le chevalier qu'une colonne qui paraissait forte de deux mille hommes S'avançait pour attaquer M. de Repentigny. Lévis détacha aussitôt cinq cents Canadiens les ni ux rompus à la guerre des bois, ainsi que les sauvages, pour aller porter secours à M. de Repentigny, avec ordre au capitaine Duprat de suivre la colonne ennemie avec se: volontaires et de lui donner avis de ses mouvements, D {it avancer Rcyal-Roussillon à la droite des Canadiens, qui occupaient les retranchements entre les deux redoutes, à côté du bataillon de Béarn aligné sur l'escarpement de la gauche. Montealm s'avancait en ce moment avec le bataillon de Guyenne, accueilli partout aux eris de : « Vive notre général!» I rejoignit Lévis, qui lui rendit compte de l'apparition d'une colonne anglaise en arrière du saut, des ordres qu'il avait donnés pour la tenir en échec, et lui demanda quelques renforts qu'il fit placer derrière lui, sur le chemin de Beauport, alin de les porter au besoin, soit au secours de M, de Repentigny, soit aux retranchements. « Nous convinmes, éerit Lévis, que nous lerions la guerre à Paul, et que, si la
el la ait ces ns oUué, la che ion “ait idu JU lui de ‘oid
Les, ter ite, isitqui alage ires sail UvIs insi
all ner
es ns,
gauche était attaquée, il ferait avancer les ‘roupes du centre pour la soutenir, et que j'en ferais de même si la droite était attaquée. Après cet arrangement, M. de Montcalm me quitta et me dit qu’il allait rejoindre M. le marquis de Vaudreuil et lui rendre compte de notre situation. »
Peu après, sur l'avis de Duprat que la colonne rétrogradait, Lévis dépêcha son aide de camp Johnstone pour faire revenir les renforts qu’il avait expédiés à M. de Repentigny. Les berges qui jusque-là avaient monté et descendu le long de l’estuaire, menaçant surtout le centre et la droite, rentrèrent dans le chenal de Pile d'Orléans et vinrent se placer en arrière des deux transports échoués,
Il était alors cinq heures du soir; la marée achevait de baisser, et le passage du saut était guéable. Dans le ciel, d’épais nuages chargés d'éclairs et de tonnerre avaient caché le soleil, et de grosses gouttes de pluie commençaient à tomber. L'armée, qui s'était tenue en ordre de bataille sur la falaise de l'Ange-Gardien, venait de la descendre et se formait en eolonne sur le bord de la grève pour franchir le gué. Les batteries et les vaisseaux anglais n'avaient pas cessé la canonnade, qu'ils dirigeaient avec habileté, mais sans produire beaucoup d'effet sur les travaux ni sur les troupes françaises. Les sauvages, revenus avec le détachement de Canadiens, furent disposés en tirailleurs entre la redoute de Johnstone et les retranchements. Le chevalier fit avertir Montcalm du mouvement des Anglais et descendre la réserve qu'il tenait sur le chemin de Beauport. À six heures, les berges s'approchèrent, après avoir eu quelque peine à franchir une chaine de rochers à fleur d'eau.
A mesure que les troupes débarquaient, Monckton les rangeait en bataille à l'abri des transports; les grenadiers à l'avant-garde suivis du Roval-Américain, Au même instant l'armée de Townshend commenca à franchir le gué, et la canonnade devint plus furieuse que jamais, Lévis, prévenu que li redoute de Johnstone manquait de boulets, ordonna à M. de la Perrière, qui y commandait, de l'évacuer après avoir enclouë légèrement les canons. Les troupes de Monckton S'avancérent € de bonne grâce », au dire de Lévis. Les grenadiers, impatients de se distinguer, prirent les devants et coururent à la redoute, qu'ils dépassèrent sans S'v arrêter, Là ils rencontrèrent un terrain spongieux qui retarda leur marche, Les Canadiens, qui se composaient de ce qu'il ÿ avait de meilleurs tireurs parmi les coureurs des bois, ouvrirent un feu meurtrier qui abattit les premiers rangs. Les grenadiers oscillérent un instant, puis s'élancèrent de nouveau en avant, et commencèrent à gravir la côte, qui était beaucoup plus raide que Wolfe ne l'avait supposé. Les plus hardis n'étaient pas arrivés à moitié de la déclivité, qu'ils furent fauchés par les balles et tombèrent sur eeux qui les suivaient, en les entrainant dans leur chute, Pendant que cette lutte désespérée se prolongeait, Townshend, qui venait de traverser le gué du saut, lança son corps d'armée sur Pautre redoute, où commandait le brave capi taine de Mazcrac. En ce moment, les nuages, qui avaient enveloppé le bassin d’une demi-obseurité, crevérent au-dessus des combattants avec des éclats de tonnerre que couvrirent le bruit de la canonnade, La montée du coteau devint de plus en plus diflicile, à mesure que la pluie qui tombait par torrents détrempait la terre et la rendait vaseuse et glissante, Les assaillants décimés reculèrent en désordre, enjambant par-dessus les rangées de cadavres, et vinrent se reformer en arrière de la redoute pour se préparer à un nouvel assaut; mais Wolfe, qui de loin avait suivi
CA LRU”
ve