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l'action, en comprit l'inutilité et fit sonner la retraite. Le feu de la mousqueterie et du canon avait en partie cessé de part et d'autre, car la poudre, exposée à la pluie, était devenue humide.
Des cris et des hourras retentirent sur toute la ligne des remparts, quand les Francais virent les assaillants reprendre le chemin de la grève en emportant leurs blessés. Montcalm, descendu en ce moment à la gauche, fut salué par les acclamations de : « Vive notre général! »
Les sauvages se répandirent sur lPestuaire pour faire des prisonniers et lever des chevelures, Un incident se produisit alors, qui donna lieu ensuite à quelques correspondances entre les généraux des deux armées. Le capitaine Ochterlony, blessé à mort, épuisait le reste de ses forces pour échapper aux griffes des Peaux- Rouges. Un soldat de Guyenne laperçut au moment où un de ces barbares brandissait son couteau pour lui lever la chevelure; le soldat saisit l'Indien à brasle-corps et le retint, au risque de se faire tuer lui-même, jusqu'à ce que des officiers français venus à son secours eussent entouré le malheureux Anglais, qui fut transporté à l'hôpital général. La pluie tombait en si grande abondance, qu'elle empéchait de voir à distance. L'orage fut de courte durée, et, quand le ciel S'éclaireit, les Français apercurent les derniers détachements de Monckton qui s'éloignaient du rivage dans la direction de x pointe Lévis, et Farmée de Townshend, repliée au delà du saut, remontant la falaise. Le fort du combat s'était livré autour de la redoute de Johnstone, où les pertes des Anglais avaient été des plus sensibles, La division de Townshend, qui avait été lente à engager, s'était avancée encore avec plus de lenteur et n'avait pas osé monter à Passaut de lt redoute. L'amiral Saunders, craignant que les Français ne S'emparassent des deux transports, ordonna aux équipages de les abandoaner aprés avoir mis le feu.
Le rapport officiel des Anglais avoua une perte de quatre cent quarante -trois hommes tués où blessés, au nombre desquels étaient le colonel Burton, du 4ke, huit capitaines, vingt et un lieutenants el trois enseignes. Le chevalier de Lévis Festina bien plus considérable, Les Français n'eurent que soixante-dix hommes tués ou blessés,
Lévis éerivit sur-le-champ au ministre de li guerre ce On ne peut assez faire l'éloge des troupes el des Canadiens qui ont été inébrantables, et qui ont continuellement témoigné la plus grande volonté.
De retour au quartier général, Montealm adressa ee petit billet 4 son ami
\ l'entrée de Lx muit, nous serons tous sous les armes à notre poste, Tv à du menvement dans lescadre vis-à-vis de nous, La démonstration qu'ils ont faite en plein jour me persuadée que ce sera la fausse attaque. Vous avez le coup d'œil bon. Si ce qui Vous oceuperail ne vous paraissait pas considérable, if faudrait, mon cher chevalier, nous faire appuyer.
Une heure aprés, Lévis avait rassuré son général, qui lui répondit! « Je doute d'un attaque pour ce soir, mon cher chevalier... Vous faites la guerre à Fœil, etil Wv a rien de mieux... de veux vous laisser dommir, vous devez en avoir besoin; j'irai cependant vous voir sur les onze heures, » Lévis avait passé dix heures consécubives à cheval
Vaudreuil rivalisit d'attentions pour le chevalier 2e Cet heureux événement est
une suile de vos conjectures que j'ai toujours bien goûtées, Recevez-en, je vous
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se prie, mon compliment, et soyez bien persuadé que je vous le fais d'un très grand la cœur, Je serais bien falté d'avoir le plaisir de vous voir, et que vous puissiez me
| donner un détail de l'action, Elle est pour nous une très bonne époque, J'en M conçois les plus grandes espérances pour la campagne... de n'ai pas ignoré la vivasd cité et la fermeté des mouvements que vous ordonnâtes, Je sais que vous avez conssd lamment surveillé et que vous vous êtes porté partout, Tout le monde était oceupé
| du danger auquel vous vous exposiez, C'était mon unique inquiétude par les sentine ments que je vous ai voués, Je vous prie d'éviter à l'avenir, autant que vous le . pourrez, des risques aussi évidents, Ménagez-vous, je sous prie, nous en avons Ye besoin. »
is Où eût dit que Vaudreuil presente Févénement qui allait bientôt placer Lévis té à la tête de l'armée, Par quel chef-d'oœuvre d'habileté et de prudence le chevalier Ath avait réussi à se concilier une égale estime et une égale amitié de la part des offi- AR id k : \ .
deux ennemis? 1 était devenu Fhomme tocessaire, l'homme de conseil, le point dk
Le contact et de ralliement entre eux, Quel Wet M avait fallu pour ne porter elle ombrage ni à Pan ni à Pautre, surtont pour te pas éveiller l'estréme susceptibirois lité de Monteahm, d'autant plus que Vaudreuil était en contibuels rapports avec dE Lévis, qu'il cou sullait sans cesse, phélérant ses avis, et qu'il en était venu asec ui delà a la plus grande intimité ates ses lettres en font foi, © Vous savez, lui disait-if si souvent, qu'on ne peut Fun ajouter à la confiance que je vous ai voude... de m'étais 1er arrangé À aller diner avec vous; mais au momnet que je voulais partir, je n'ai eu se de ni cocher ni voiture, Je m'en serais dédommagé en vous allant voir cet après-midi, Pres si je m'avais appris que vous alliez Visiter vous-même le poste de Repentigny. al Le lendemain, Vaudreuil insistuit : € d'aurai le plaisir d'aller diner avec vous, mais
. à condition que vous me receviez sans façon; je protiterai du premier intervalle que us j'aurai pour m'absenter. »
huit eue | . RS — , Le gouverneur en était aux petits soins avec Lévis, En lui envoyant un billet Le a Je recommande bien fort, disait-il au porteur, qu'on ne léveille point Si dort.) ST)
Montcalm se vengeail de ces délicatesse par de plus grandes attentions pou
w son ati.
faire
Le capitaine Ochterlon fut entouré de soins st déleuts par les religieuses di
Due l'hôpital général, qu'il en fat touché jusqu'aux larmes, PFécmvitau général Wolle,
. qui manilesta sa vive reconnaissance el it savoir aux sœurs hospitalitres que, S'il Kai S'emparait de leur monastère, elles pouvaient être assurées de st protection. Son Ales message, adressé à Vaudreuil, rentermail une somme de vingt Bvres sterling, qu'il Hd priait de remettre au soldat de Guyenne qui avait empêche le capitaine d'être scalpé. is Vaudreuil renvoya celle somme el répondit avec politesse et fierté que le soldat che! m'avait tail qu'obéir à son devoir et aux ordres des commandant.
La victoire de Montmorency avait relevé le moral de l'armée et ranimé Fardeu fois guerrière de li population, malgré le spectacle des ruines qu'elle avait sous les veux. ® 1 Wolle se vengeait, en eîet, de sa défaite en aceablant de projectiles ce qui restait ae de Québec et en ordonnant d'incendier les campagnes, On ealeula que, du 13 juillet on sC- au © d'août, la ville ne recut pas moins de neuf mille bombes où pots-à- feu et
dix mille boulets. Ces ravages n'avaient d'autre but que de satisfaire l'opinion k | publique en Angleterre, qui lui demanderait un compte sévère des énormes dépenses ous
faites pour cette \pédition s'il relournait à Londres sans avoir rien accompli. M'il
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