‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme]Chapitre 60 sur 86 · MAT. À · texte numérisé non relu

MAT. À

ne prenait pas Québec, il voulait du moins pouvoir dire qu'il n'avait laissé aprés lui que des ruines.

Des événements d'une extrême gravité se passaient en ce moment aux frontières, Lorsque la nouvelle en parvint au camp, dans la soirée du % août, la confiance se changea en consternation, et l'on craignit l'envahissement prochain de la colonie.

Dourlamaque avait évacué Carillon et le fort Saint-Frédérie après les avoir fait sauter, et retraitait vers l'ile aux Noix, faible et dernier rempart de la frontière sur le lac Champlain. Les trois mille hommes qu'il y ramenait y seraient bientôt forcés, si les douze mille d'Amherst étaient vigoureusement commandés. Les nouvelles de Niagara étaient plus désolantes encore, La petite armée rassemblée par des Ligneris et Aubry pour venir au secours de Pouchot était tombée dans une embuscade et avait été détruite ou dispersée, Niagara avait capitulé; sa garnison était faite prisonnière et le chevalier de La Corne écrivait que si l’armée victorieuse de Johnson se tournait contre lui, il était incapable de tenir à la tête des rapides, Le succés d'une des armées anglaises sur l'une ou l'autre frontière décidait de la campagne.

A neuf heures du soir, les généraux français étaient réuris en conseil de guerre au manoir seigneurial de Salaberry, transformé, comme on l'a vu, en quartier général. Montealm et Vaudreuil, d'accord cette fois, convinrent qu'un seul homme était de taille à faire face au danger : c'était le chevalier de Lévis. IE partit la nuit mème en chaise de poste avec M. de Lapause, Huit cents hommes, distraits de l'armée, devaient le suivre dans les vingt-quatre heures, 1lavait le pouvoir de faire tout ce qu'il jugerait nécessaire pour organiser une défensive, visiterait les deux frontières, prendrait le commandement de celle qui serait la plus menacée, et disputerait le terrain pied à pied.

Lévis emportait avec lui la fortune ou, pour mieux dire, la sagesse de l’armée. Les deux antagonistes irréconciliables, restés seuls en présence, n'eurent plus le contrepoids dort ils avaient besoin pour conserver leur calme et la rectitude de leur jugement aux heures critiques. Les derniers jours du siège furent marqués par une suite de fautes et de désastres qui amenérent la catastrophe finale.

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