‹ Guerre-militarismeChapitre 8 sur 42 · W. GODWIN · texte numérisé non relu

W. GODWIN

(Caleb Williams^ pages 244 à 25o.)

D'après ce système (celui du marquis de Sade), les plaisirs des sens, au lieu de consister dans la réciprocité des sensations agréables, doivent se 'fonder au contraire sur la plus grande douleur de l'objet choisi pour assouvir les passions. (P. 56.)

Lorsque, dans l'histoire de ce monde, on aperçoit ces hommes, qui, sous le nom de conquérants, se disent les chefs et les souverains de la vraie gloire, se repaître de sang et de carnage sur les champs de bataille; lorsqu'on verra, dans la suite des temps, un homme de ce caractère, destiné à les surpasser tous, raconter froidement, dans les bulletins officiels, comment viennent de périr sous ses yeux, par ses ordres, des milliers de ses semblables, dont l'addition présente une récapitulation de plusieurs millions; lorsqu'on lira dans ces affreuses pages, où il croit dresser des trophées, que c'était un beau spectacle (notamment à Eylau) que le sang et la cervelle de tant d'hommes massacrés répandus sur la neige, et que l'apparition du soleil rendait plus admirable, n'est-on pas autorisé à penser que cette rage du conquérant n'est autre chose, aux yeux du philosophe et du physiologiste, qu'une expression déguisée du système atroce, mais caché, de M. de Sade, et son application plus audacieuse sur une grande échelle. Celui qui, dans la suite, continuant à s'enivrer de carnage renaissant, et ne voulant point s'arrêter devant tant de massacres, a osé dire encore officiellement dans son Moniteur : « Mes inclinations et mon tempérament me portent à la guerre », celui-là ne fut-il pas régi par le même

naturel que M. de Sade? (P. 58.)

Barras.

{Mémoires, Paris, 1895, vol. I.) •

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