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mée, mais elle se verrait même dans l'obligation d'ajouter aux impôts qui pèsent aujour- | d'hui sur son peuple. Donc, je nie que nous | soyons pour elle un fardeau. Non, l'Angleterre | ne dépense pas, dans tout le Dominion, une seule livre sterling à l'avantage des Canadiens.
Les paroles que je viens de citer ne sout pas de moi. Hlles sont tombées de ièvres dont on ne saurait soupconner la fidélité, on le loyalisme, ou l'impérialisme. Elles furent prononcées, il y a un peu plus de six ans, par un ancien ministre de la Couronne, un baronnet, grand'croix de l'ordre de Saint- Michel et de Saint-George, membre de la Ligue de la Fédération impériale. Il était alors Haut-commissaire du Canada en An-| gleterre ; il est aujourd’hui leader de l'opno- | sition dans cette Chambre : son nom est sir Charles Tupper,
En outre, j'attirme que nous avons contribué généreusement à la défense de l'empire, plus même que toutes les autres colonies | réunies. Je prétends encore que le meilleur | moyen de contribuer à cette défense con-| siste, pour nous, non pas à expédier des soldats, le meilleur de notre sang, aux qua-| tre coins de l'univers, mais à fortifier notre) propre territoire, à développer nos propres | ressources, à retenir notre population et à attirer l’immigration étrangère, Et je suis de constater, dans le même discours que je viens de citer, que cet homme éminent partage mon avis sur tous ces!
points. La citation est un peu longue, mais l’etoquence de l'honorable député est si convaincante que je n'ose pas mutiler ses paroles :
Je n'ai plus qu'un mot à dire au sujet de la défense de l'empire. On demande : ‘‘ Mais pourquoi donc le Canada ne ferait-il pas servir Ses | propres ressources à la défense de l'empire, lui qui possède une marine marchande si considérable, “ont il couvre toutes les mers ?'’ A cela je réponds que le Canada, sous ce rapport, fait absolument tout son devoir. Personne ne tient plus que moi à ce que s'exécute l’obligation indiscutable pour tout sujet britannique maintien de la défense de l'empire, Or, quelle partie d'une fortification a-t-on coutume de protéger, sinon la plus faible ? Ce point faible, où est-il ? en Angleterre, dans le Royaume-Uni, ou au Canada, ou en Australie ? Personne ne niera que si l'Angleterre était aux prises avec une des grandes puissanl'ennemi dût tout d'abord l’attaquer du côté où il la croirait le plus ‘aible ; c'est pour-
% quoi, si l’on désire vraiment développer la force
de résistance de l'empire et prévenir l'invasion, on doit s'occuper surtout du Canada, En vérité, il faut être ignorant des faits pour soutenir que cette colonie ne contribue en vien à la défense de l'empire ; à tout événement, je prierais ceux qui tiennent ce langage de væuloir bien jeter un regard sur quelques pages de ces livres si intéressants qu'on appelle les livres bleus,
Ensuite, ayant rappelé la construction du chemin de fer Canadien du Pacifique et d'autres grands travaux publics dont l'exécution nous a coûté $180,000,000 et qu'il considère comme une contribution directe à ln défense de l'empire, l'honorable baronnet ajoute :
vice diplomatique, pour la marine et pour l’ar- | |
Mais on pourrait me répondre que ce n’est pas dans ce but, mais dans un but de commerce qu'on a exécuté tous ces travaux, Mais alors, notre prétention n'en est que mieux motivée : ce qui importe surtout, au point de vue de la défense de cette colonie, une des plus considérables de tout l'empire, c’est qu’on réussise à la peupler. Tout en étant de la nature d'une enreprise commerciale, ce chemin de fer transporte dans ce futur grenier du monde de vaillants colons qui, venus non seulement de la Grande-Bretagne, mais de la Scandinavie, de l'Allemagne et de l'Islande, défendront avec autant de courage que les Canadiens eux-mêmes les institutions de leur patrie d'adoption.
Puis, après avoir fait le calcul de ce que nous dépensons chaque année pour maintenir la milice et la gendarmerie à cheval du Nord-Ouest, l'orateur porte à $10,000,000 notre budget annuel consacré à la dépense
{de l'empire, et il termine par ces paroles :
N'est-ce pas là contribuer à la défense de l'empire ? Et quelle meilleure mantère d'y contribuer que de dépenser, tous les ans, dix millions de dollars pour des fins qui importent autant au Canada qu'à l'Angleterre ? Tout ce qu'il me reste à vous dire, c'est que je devais saisir cette occasion—la seule que j'aie eue en ce pavs—de traiter cette question de fédération impériale, et de signaler l'erreur trompeuse où tombent, d'après moi, ceux qui prétendent asseoir l'unité de l'empire sur une base qui doit plutôt servir à son effondrement qu'à la garantie de sa stabilité.
A l'exception de M. Morley, qui a déclaré à M. Chamberlain qu'il adoptait les méthodes les plus sûres pour ruiner l'empire, aucun homme d'Etat anglais ou canadien, jusqu'ici, n’a condamné le nouveau mouvement d'une facon plus concluante que ne l'a
fait l'honorable chef de l'opposition, qui inaintenant favorise, appuie, et s'efforce
même de diriger ce mouvement au Canada,
Je reconnais volontiers les différences d'époque et de circonstances, ün 1893, sir Charles Tupper cherchait à sauvegarder les intérêts du Canada à Londres : en 1900, il est le chef d'un parti désemparé, il mendie des votes au Canada,
Il doit m'être permis, cependant, de partager l'avis du Haut-Commissaire sans que
le leader conservateur me dénonce comme rebelle français.
Aux arguments convaincants de l'hono-
rable baronnet, j'en ajoute un qui n'est, en somme, que le développement de sa théorie, Que le nouveau mouvement réussisse ; que l'action actuelle constitue un précédent— nous nous trouverons peut-être un jour en face d'une situation singulière, Supposons la Grande-Bretagne en guerre avec une puissance de première ordre : la France, l'Aîllemagne ou la Russie; nous expédions dix mille, vingt mille, cinquante mille hommes, équipés et armés ; pendant que ces soldats marchent sur Paris, Berlin ou! Saint-Pétersbourg—route peut-être aussi longue que celle qui conduit à Prétoria—un conflit s'élève entre les Etats-Unis et l'Angleterre ; la guerre est déclarée : je le demande aux impérialistes les plus féroces, qu'adviendrait-il du drapeau anglais dans l'Amérique du Nord?
Je ne le nie point, le nouveau mouvement
me semble une attaque aiguë de mégalomanie complètement étrangère à toutes les traditions britanniqus. Qu'est-ce qui a fait l'Angleterre ce qu’elle est? Qu'est-ce qui lui a attaché toutes ses grandes colonies, sinon une politique de paix, d'industrie, de
commerce, de décentralisation complète, mi- |
litaire et civile, une politique où elle laissait à chaque colonie le droit et le pouvoir de développer ses propres ressources suivant sa situation particulière ?
Oh! mais les temps changent! Oui, les temps changent et les hommes aussi, d’après ce que je puis voir. Mais les transformations, nationales ou individuelles, doivent s’opérer lentement, par degrés, et surtout d'une facon rigoureusement conforme au tempérament de l'individu ou de la nation.
Pour ma part, j'ai encore foi dans les hommes et dans la politique qui ont fait de l'Angleterre la terre classique de la paix et de la liberté. Ces hommes occuperont un rang plus élevé dans les annales de l'histoire que les dominateurs bruyants et ambitieux qui veulent faire participer l'Angleterre aux rapines territoriales auxquelles se livrent les autres nations!
Au Canada, j'ai encore foi dans les hommes et dans la politique qui en ont fait un pays uni sous un régime fédératif.
Je ne demande pas l'indépendance maintenant, ni d'ici longtemps. Non pas que l'indépendance ne soit, à mes yeux, la fin la plus légitime et la plus naturelle qui puisse attirer une colonie. Mais nous ne sommes pas encore assez pénétrés du véritable esprit libéral anglais qui doit inspirer le gouvernement responsable, Et les développements de la question actuelle me confirment
droit d'engager l’avenir de ce pays sans connaître à fend le sentiment véritable du peuple.
Je veux être bien compris sur cette question de la sanction populaire. Je ne veux pas dire par là, qu'il suffirait à un parti poiitique d'émettre certaines idées vagues sur l'impérialisme et, reprenant le pouvoir après une discussion générale de notre politique, de prétendre que le peuple l’a autorisé à modifier dans ses parties vitales notre régime constitutionnel et notre état colonial. Qu'on soumette au parlement des propositions claires et nettes ; qu'elles soient discutées à fond et qu'un plébiscite dégageant la question de tous les autre débats politiques, la règle définitivement.
On a lancé aux quatre vents du ciel des
| flots d’éloquence pour louanger le régime bri-
fortement dans cette opinion, Si je voyais la
constitution de mon pays livrée aux mains des éléments qui composent, aujourd'hui, nos partis politiques, je craindrais qu’ils n'en fissent ‘le plus monstrueux jeu de balle qui ait 6t6.”
On m'a demandé ce que je voulais. La réponse est courte et directe, Je veux qu’on respecte la constitution de mon pays telle qu'elle est, et je dis à ceux qui n’en sont point satisfaits : Si vous voulez la modifier, dites franchement ce que vous voulez, Ne venez pas au milieu d’une tempête populaire chercher à mettre le feu au temple.
M. Chamber!'ain et ses disciples fanatiques et ses apôtres inconscients nous conduisent
sonne ne peut prévoir les conséquences, Je l'ai déclaré ailleurs et je le répète ici :
relations avec la Grande-Bretagne ne sont ni aveugles ni déraisonnables, qu'à me laisse: convaincre, sur un point: Nous devons savoir exactement où nous sommes et où l’on nous conduit, Avant qu’une évolution ne s'opère, on doit Gtablir nettement ce qu'on veut nous faire abandonner, et ce qu’on nous offre en retour, Et le parlement lui-même—et, à plus forte raison, son comité exécutif—n'a pas le
tannique et ses effets salutaires. La plupart de ces opinions, je les partage d’ailleurs.
Mais rappelons-nous que les colonies britanniques ont été soumises à deux régimes différents : Le régime militaire et le régime constitutionnel, Le régime constitutionnel britannique est le meilleur qu'il soit possible d'appliquer à une colonie. Le régime snilitaire britannique n’a pas mieux valu que le même système, employé par les autres
puissances européennes, Je ne rarle évidemment que des temps moû rnes.
Les soldats sont, après tout, les mêmes
sous tous les drapeaux. Le sabre les a donmptés et le sabre cest pour eux le meilleur moyen de gouvernement. Le régime militaire, même entre les mains des gouvernants civils, a produit de plus grands désastres peut-être pour l'Angleterre que pour les autres nations, Ceci tient sans doute au fait que les possessions britanniques sont parsemées sur tous les continents ; mais la cause principale de ces désastres, c'est l'instinct remarquable de liberté individuelle qui caractérise l’Anglo-Normand aussi bien que l'Ecossais et l'Irlandais. Le régime militaire a tenu les Indes en ébullition pendant un siècle : le régime militaire a fait perdre à l'Angleterre ses treize colonies d'Amérique ; il a semé et fécondé le germe du problème Sud-africain, Les républiques du Transvaal et de l'Orange furent conçues dans la haine à Schlachter’s Nek, en 1815, lorsque le gouverneur militaire de la Colonie du Cap fit pendre au nom de la Granderetagne cinq chefs hollandais, Les hom-
| mes d'Etat sages et libéraux qu'on appelle à une révolution constitutionnelle dont per- |
“Little Englanders”’ substituèrent Île régime constitutionnel à celui du sabre et gué-
| rirent les blessures de la Colonie du Cap et mes objections à tout changement dans nos |
du Natal Ils firent, des Hollandais révoltés,
| de fidèles sujets de la Couronne britannique ;
Je ne demande | Mais j'appuie |
mais ils ne purent apprivoiser les vieux Afri-
À ( 18 ferme
ta nique d'un ( Mai Chercl faites Sous !
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lord meurs nada :
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grand “trek,” avant l'introduction du nouveau régime, Le joug du sabre va dominer encore une fois dans toute l'Afrique australe, Les vieilles blessures vont se rouvrir. Attendons le résultat,
Au Canada, on nous imposa aussi, durant la première période, le régime du soldat ; on
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sur cette quese. Je ne veux à un parti poli- ‘es vagues sur e pouvoir après notre politique, l'a autorisé à les notre régime colonial. Qu'on > propositions ent discutées à ageant la quess politiques, la
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sa aussi, durant he du soldat ; on
£imes ou, si vous le préférez, un régime consdtutionnel dominé par le sabre ; un régime qui permettait aux représentants du peuple d'agir sous le bon plaisir du sabre. Le fonc- Mionnement fut impossible. La désaffection
une population étrangère vaincue avait donné les exemples les plus frappants de sa yale fidélité. Enfin, après une lutte de nquante ans, les hommes d'Etat anglais se “irent forcés de comprendre que les Cana- “diens de toute origine étaient un peuple fier, n peuple digne de la liberté et capable de diriger conduite, Ils nous accordèrent fin l'autonomie complète, La paix renauit ; la fidélité à la Couronne se rétablit ermement ; et l'amour cle tous les Canadiens Œut acquis à jamais à la constitution britannique qu'ils avaient conquise par une lutte ’un demi-siècle.
Mais, je vous le déclare aujourd'hui, ne herchez pas à dégaîner le vieux sabre! Ne aites pas renaître l’ancien régime militaire $ous un nom nouveau, et rappelez-vous ces roles remarquables que lord Grey adressait lord Elgin lorsque ce modèle des gouvermeurs constitutionnels partit pour le Canada :
“On ne saurait reconnaître trop clairement qu'il d'est ni possible ni désirable de gouverner auœune des provinces britanniques de l'Amérique Le Nord à l'encontre des sentiments de ses hatants.
DH
Mon conseil est dénué d'autorité, me direzous. Je l’admets. Ma voix est faible :
Mon autorité est nulle ; mais je dis vrai et ceux qui fermeraient en ce moment les yeux t les oreilles prépareraient un triste réveil à eur pays et à eux-mêmes. Ne jugez point
des sentiments du peuple par les discours de Tois ou quatre maires et par les délibéra- (ons de quelques clubs politiques!
Je regrette d'être forcé, maintenant, d’imposer à la Chambre quelques explications Personnelles, Ce n'est pas, certes, que ma personnalité soit de quelque importance dans Cette affaire ; mais je dois à ma dignité, je dois aux citoyens libres qui m'ont accordé le confiance en me renvoyant à cette Jhambre à propos de cette question même, À dissiper les soupçons injurieux qu'on a fait planer sur ma conduite,
“J'ai déjà déclaré que j'étaiÿ absent lors- Qu'on fit adopter à ia hâte, par une Cham-
traitant des affaires du Transÿaal. Dès mon retour, je dis au premier Ministre ce que j'en pensais ; je croyais y foir un projet retors de M. Chamberlaiu, isireux de se servir de la question Sudfricaine pour entraîner le Canada dans he voie où nous avions toujours refusé de! fous aventurer, c'est-à-dire dans la partici- Mation armée aux guerres impériales, Et.
s lors, j'avertis l'honorable ministre que | Ë la guerre était déclarée pendant la va-|
ace et qu'il consentit à céder à la pression |
Sssaya ensuite une combinaison des deux ré- |
la révolte se manifestèrent dans ce pays
rares — a ———— ——————— us
de M. Chamberlain, je protesterais publiquement, et je prendrais les moyens les plus propres à faire valoir ma protestation,
Lorsque, plus tard, je constatai que certains journaux libéraux, jusque-là opposés à toute intervention, commencaient À faiblir, je vins à Ottawa et je renouvelai mes protestations auprès de mon chef, C'était le jour même ou l'honorable premier ministre fit publier sa déclaration dans les colonnes du Globe. La lecture de ce document me rassura grandeinent ; mais le même journal annonça bientôt que le gouvernement avait décidé d'expédier un régiment, Je revins aussitôt à Ottawa, je rencontrai le premier ministre et le ministre des Travaux publics (M. Tarte) et, pour la troisième fois, je dis au premier ministre que je ne pouvais appuyer cette nouvelle politique de son gouvernement. C'était la veille du jour où le décret ministériel fut lancé, Et, notez nes paroles, M, le président, c'était la première fois que je parlais au ministre des Travaux publics de cette question, Rien ne m'amuse comme entendre parler de la domination à laquelle on prétend que ce ministre m'a soumis, Je ne nie point les relations personnelles qui existent entre nous —et j'aurais tort également de nier que plupart des opinions émises par le ministre des Travaux publics sur cette question se rapprochent beaucoup des miennes ; pas toutes cependant. Mais, de fait, M. Tarte, était absent à Paris, La Patrie, que beaucoup de gens désignent comme son organe, n’avait pas encore publié une seule ligne traitant de cette question, que j'avais discuté la situation avec le premier ministre, lui exprimant alors les opinions que j'émets aujourd'hui.
Et, d'ailleurs, ceux qui croient que le ministre des Travaux publics na pu aglr sur moi durant toute cette crise où à un moment quelconque, prouvent simplement qu'ils ne nous connaissent ni l’un ni l'autre. Ce qui fait précisément notre sympathie mutuelle est un trait particulier de notre tempérament ; cette disposition nous est commune, mais elle me soustrait à tout contrôle, même à celui de l'honorable ministre : je veux dire un amour sans bornes de la liberté de pensée, de la liberté de parole et de la liberté d'action,
Le Star, de Montréal, l'organe par excellence du putfisme, a déclaré que ma conduite n'était qu'une imposture audacieuse organisée par le ministre des Travaux publics. Le leader de l'opposition a cru bon et même digne de sa haute situation politique, de ramasser cette accusation et de la brandir dans cette Chambre en l’accompagnant de son tapage habituel de tonnerres de tambour, Lorsque je me présentai à la Chambre, j'entendis même murmurer le mot “coup monté” dans les environs du “kopje” où l’ancien ministre des Finances (M. Foster) se poste d'habitude avec sa carabine à courte portée, Par malheur pour l'honorable député et pour son chef, quol
qu'ils aient beaucoup de munitions, leur | chaines élections vous jugerez ma con-
poudre fait trop de gaz et trop de fumée ;| duite et à l'encontre des tirailleurs Boers, ils ajus-| ment. tent mal leur longue-vue et, parfois, leurs | je
l'administration du gouverne- Aujourd'hui, j'ai démissionné et viens vous demander votre opinion
balles frappent le roc et rejaillissent sur sur cette question et sur cette seule question.
eux.
Si j'étais cruel, je pourrais appliquer à Désirez-vous prendre part à cette guerre ou à
ces messieurs le proverbe français : “‘ On ne | une guerre quelconque sans qu’on vous Cconparle pas de corde dans le maison d’un peu-|sulte par l’entremise de vos représentants?
du”, dont la traduction libre serait pour eux : “Ne parlez pas trahison dans un nid de traîtres ”.
N'étant ni ancien ministre de | plébiscite à mon comté.
la Couronne, ni ancien Haut-Commissaire, |
ni chef d'un grand parti, ni chef aspirant ;|
n'étant qu'un citoyen libre et un modeste député de cette Chambre, je dédaigne ce genre d'attaque personnelle. Je laisse tom-
ber où elle doit rester la vile accusation de |
“coup monté”, et je déclare simplement, sur ma parole d'homme d'honneur, que l’attitude que j'ai prise, je l'ai prise librement, parce que mon devoir me commandait de la prendre, Si j'ai eu tort, je mérite tout le blâme. Si j'ai eu raison, je réclame tout l'honneur,
‘“ Mon verre n’est pas grand, mais je bois dans mon verre.’””
Plusieurs m'ont demandé, entr'autres le ministre es Travaux publics : Pourquoi avez-vous démissionné, puisque vous pouviez rester au parlement et y exprimer votre opinion ? Voici ma réponse: Ni l’on avait tenu ici la même conduite que celle qui a guidé tous les autres pays britanniques possédant un gouvernement libre, je n'aurais
pas eu recours à ce moyen extraordinaire d'affirmer mon opinion. En
Angleterre, où le cabinet a le droit de déclarer la guerre et d’accepter une déclaration le guerre, on n’a pas osé dépenser un louis pour les armements sans convoquer les Chambres, A la Nouvelle- Zélande, dans toutes les colonies Australasiennes, les parlements ont été consultés.
Seuls, nous fîmes exception. Et le motif qu’on a donné pour ne pas convoquer le parlement, c'est que l'opinion publique unanime permettait au gouvernement d’escompter la sanction parlementaire, Je ne pouvais accepter cette théorie, Je démissionnai atin de consulter la fraction d'opinion publique que je représente à la Chambre. Je m’imposai les fatigues d’une élection dans un comté où il faut parcourir en voiture huit cent milles de route pour venir en contact avec la population entière, Je le fis afin de pouvoir pressentir l'opinion de mes consti tuants sur cette question dégagée de tous les autres problèmes politiques. Si j'avais attendu les élections générales, certains électeurs auraient peut-être voté en ma faveur afin d'appuyer d’autres articles de mon programme, D’autres électeurs m'eussent préféré à n'importe quel candidat tory, quels que soient mes défauts,
J'allai droit à eux, et je leur posui ainsi la question : ‘Je ne viens pas aujourd’hui discuter la politique des partis, Vous m'avez élu pour cinq ans, à titre de libéral, et je le suis encore, Lorsque viendront les pro-
Si oui, votez contre moi ; sinon, votez pour moi.” En d’autres termes, j’ai demandé un Et au lieu de venir donner à la Chambre mon opinion individuelle, présumant l’approbation de mes électeurs, sur une question qu’on ne leur aurait jamais soumise, je viens vous donner la réponse directe de quatre ou cinq mille fidèles sujets de Sa Majesté.
On a prétendu que ce n’était pas là un argument solide. Mon ami, le second député d'Otawa (M. Belcourt) a écrit quelque chose de ce genre dans la lettre que j'ai citée ily a un instant Je ne connais guères les électeurs de l'honorable député. Il ne semble pas avoir une haute opinion de leur jugement— à moins qu’il ne croit les électeurs de Labelle très inférieurs à ceux d'Ottawa ; mais je voudrais qu'il compriît que les gens de La-
| belle sont très indépendants et c’est peut-
être à cause de cette qualité que je les aime et qu'ils ne me détestent pas. Je leur dois la même loyauté que celle dont ils ont fait preuve à mon endroit.
Je pourrais sans doute me vanter d’exprimer sur cette question l'opinion unanime de
| mes constituants. Légalement, cette préten-
tion serait juste ; mais, en réalité, je sais qu'eile est fausse, Un certain groupe de libéraux et une petite faction conservatrice ont fait de leur mieux pour m’'opposer un candidat Chamberlainiste. Ils frappèrent à plusieurs portes entre Montréal et Ottawa ; ils trouvèrent quelques patriotes prêts à partir en campagne impérialiste, pourvu qu'on leur fournît des arguments sérieux ; non pas qu’ils désirassent corrompre l'électorat, mais ils voulaient s'assurer des consolations après une défaite écrasante. Aucun ne se sentait disposé à faire une bataille de principes.
J'ai entendu les deux leaders de cette Chambre, surtout le chef de l’opposition, se dénoncer mutuellement parce qu'aucun d'eux n'avait combattu ma candidature. Le Country and Citizen, de Toronto, organe des ouvriers a touché la note juste—et je suis heureux de dire en passant que ce journal a constamment soutenu les opinions que j’exprime—: si aucun des deux partis politiques ne m'a combattu, c’est qu’ils ont.compris, des deux côtés, qu'ils risquaient beaucoup pour obtenir peu, x.
Afin de prouver que les électeurs qui m'ont M envoyé ici ne sont point aussi denués de jugement que le député d'Ottawa semble le croire, je veux exposer quelques faits à la Chambre,
approuvant mon attitude était un conserva-
teur qui me combattit fortement à l'élection 3 précédente. Avant de proposer la résolution, ke
Lors de ma première assemblée, 8 à Papineauville, deux jours après ma dé- # mission, l'électeur qui proposa la résolution #
erez ma COndu gouvernelémissionné et votre opinion seule question.
ette guerre ou à qu’on vous Cconreprésentants ?
non, votez pour ’ai demandé un au lieu de venir opinion indivion de mes élec- 1 me leur aurait 1s donner la réinq mille fidèles
1 me dit : ‘“ Rappelez-vous que j'ai voté con- “tre vous en 1896 : je comibattrai votre candiature à l'élection générale mais, cette fois, e vous appuie.” aines, les noms d'hommes intelligents qui nt pris la même attitude. Lorsqu'il fut #connu que je n’aurais pas de concurrent, ie “peuple était désireux d'exprimer son opinion d'une façon manifeste. En peu de jours, mon bulletin de présentation fut couvert par ès d’un millier de signatures. Je sais ême que, dans deux ou trois paroisses, tous es électeurs vinrent signer le bulletin—quelques-uns ayant parcouru huit à dix milles de oute ; de fait, et quelques endroits, le bullein portait plus de signatures que je n'avais ecueilli de votes en 1896.
C'est 1à, je crois, une expression d'opinion “Publique presqu’aussi concluante que les ar- “ticles du Star, de Montréal, Et j'affirme que, si l’on eût pressenti l’opinion de la plu- “part des comtés de la province de Québec “par le même procédé, la réponse eût été la Rome.
+ A six heures, le Président suspend la “séance.
it pas là un arsecond député t quelque chose j'ai citée ily a res les électeurs ne semble pas leur jugement— lecteurs de Lad'Ottawa ; mais les gens de Las et c’est peutque je les aime # Je leur dois la ë nt ils ont fait