‹ Guerres de religionChapitre 31 sur 53 · IS62-1M3) · texte numérisé non relu

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Il en était de même dans Orléans. Le parti protestant s’exterminait par la vertu. Deux notables furent surpris en adultère. Les ministres leur tirent leur procès, et les firent pendre. Il aurait fallu pondre la noblesse et la bourgeoisie. Les mœurs de la vieille France étaient positivement au-dessous de la Réforme. Celle-ci se faisait le désert.

Désertion, découragement, épidémie. Il n’y avait presque plus personne dans Orléans. Dandelot, avec la fiè\Te, courait partout et faisait tout. Chaque matin, les ministres, à six heures, rassemblant soldats, habitants, chantaient leurs psaumes, et s’en allaient, en tête, travailler aux fortifications. Cela ne pouvait durer guère. Guise était furieux de n’avoir pas encore sa proie; « J’en mords mes doigts, » dit-il dans une lettre. Il avait écrit à la reine qu’elle trouvât bon qu’il n’y eût plus d’Orléans, qu’il allait la raser, et qu’il tuerait tout, jusqu’aux chats.

C’est lui qui fut tué (18 février 1563).

L’homme qui fit le coup, Pollrot, sieur de Meray, était un jeune gentilhomme de l’Ângoumois, fort bon soldat à Saint-Quentin, où il fut pris et mené en Espagne. Protestant, il y vit l’idéal catholique, Philippe H et l’inquisition. Il put assister aux splendides et royaux auto-da-fé qui ouvrirent dignement ce règne.

Pollrot revint d’Espagne comme on peut croire, plein de vengeance et de meurtre. 11 ne parlait plus d’autre chose. Il montrait son bras à ses camarades, disant : « Ce bras tuera M. de Guise. » 11 en parla à son seigneur, chez qui il avait été nourri, M. de Soubise; il en parla à l’amiral, à qui bien d’autres gens parlaient légèrement de la même chose et qui n’y fit grande attention. Cependant Poltrot s’offrait pour espion. Coligny lui donna de l’argent pour acheter un bon cheval d’Espagne.

Poltrot, fort brun, sachant bien l’espagnol, était appelé dans l’armée VEspagnolet. Il passa, se fit présenter, s’offrit au duc de Guise, qui lui dit : « Cinquante mille livres pour toi, si tu peux rentrer dans la ville et faire sauter les poudres. »

Le 18 février, Poltrot, ayant prié Dieu de lui dire si vraiment il fallait frapper, crut se sentir au cœur la voix divine, avec un mouvement étonnant d’allégresse et d’audace. Il attendit Guise, vers le soir, au coin d’un bois; prudemment, froideüient, il calcula qu’il devait être armé en dessous , et qu’il fallait le tirer à l’aisselle, juste au défaut de la cuirasse. Il tira à six pas, d’une main ferme très-juste, et l’abattit.

Guise n’était pas mort, et vécut encore six jours. 11 mourut comme un saint (si l’on croit la légende qu’en fit l’évêque de Riez), citant cent fois l’Écri-

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