‹ Guerres de religionChapitre 34 sur 53 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

La Paii, et point de Paix. 1 565-1 &64.

« On pourra mieux châtier ces gens-là quand ils seront dispersés et désarmés. » Conseil du nonce au pape.

El peu après, le duc d’Albe à Philippe II, parlant des grands des Pays-Bas : « Dissimuler, puis leur couper la tête. » (Gr. Vil, 233.)

Ces deux mots contiennent les dix ans d’histoire qu’on va lire.

On a douté, tant qu’on ne connaissait ce plan que par les Italiens Adriani, Davila, Capilupi et autres panégyristes de Catherine. Comment douter maintenant devant les lettres originales?

Reste à savoir comment le parti catholique tint si ferme la reine-mère jusque-là très-flottante, et la fit marcher droit. Le duc d’Albe

(tS65-lS64}

nous le dit encore {Ibidem , 280) : « Voire ambassadeur doit faire entendre à la reine qu’à l’âge où arrive le roi Charles , V. M. petU lui faire connaître l'état réel de ses affaires. » C’était toute la peur de Catherine qu’on ne mît son fils contre elle; le petit roi, né violent, déHant, faisait peur à sa mère; la nature féline et la griffe pouvaient s’éveiller un malin. Le chat pouvait devenir tigre. Celle peur alla au point qu’on va la voir bientôt chercher dans un plus jeune une arme contre Charles IX, préparer un roi de rechange.

L’autre côté par où on la tenait, c’était la faim. Elle était à l’aumône, vivait d’expédients ' fortuits. La dépense était de dix-sept millions, la recette de deux et demi. Sans le pape on n’eût pas dîné. On en lirait des dons, quelques ventes des biens du clei^é. Guise lui-même n’eût pu faire la guerre sans l’arçent du duc de Savoie. En retour, peu avant sa mort, il lui avait rendu ce qui nous restait de tant de conquêtes au delà des Alpes, livré Turin, quitté l’Italie pour toujours.

Voilà la vraie situation, comme elle apparaît dans les basses et serviles lettres du jeune roi et de sa mère, où ils tendent sans cesse la main au pape (Archives du Vatican), au roi d’Espagne cl à tous.

Celle pauvreté royale faisail un grand conlrasle avec la richesse des Guises. Leur maison (ou leur dynaslie?) élail restée entière à la mort de son chef. Elle gardait ses quinze évêchés, aux mains des cardinaux de Guise et de Lorraine. Elle gardait le palais, la charge de grand maître de la maison du roi, par le lils aîné Joinville ; Mayence était grand chambellan, Aumale grand veneur, Elbetif général des galères. Toute charge d’épée élail donnée par eux. Ils avaient les finances par un liornme sûr. Les gouvernements de Champagne cl de Bourgogne étaient dans leurs mains, c’est-à-dire nos frontières de l’Est, les jiassages vers la Lorraine et vers l’Allemagne, la grande * roule militaire.

Pu issance énorme. Mais le chef était un enfant, Henri de Guise, qui n’avait que treize ans. Du père, il eut, non le génie, mais l’audace, l’intrigue; de sa mère, un charme italien, et non pas peu du sang des Borgia. Anne d’Esle, en longs habits de deuil (quoi([ue dès le lendemain consolée par Nemours) allait montrant partout sa douleur et son (fis. C’était toujours la scène de Valentino de Milan embrassant le petit Dunois, dis.aul: « Tu vengeras ton père. » L’enfant, fort bien dressé trouvait des mots hardis, ou on lui en faisail. Les bonnes femmes en pleuraient de joie; les

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