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L’AIGUILLE VERTE, LE PIC SANS NOM ET L’AIGUILLE DU DRU

CHAMONIX ET LE MONT-BLANC

son avec les guides Michel Croz, M. A. Ducroz, de Chamonix et Peter Perrn, de Zermatt, cherchèrent à améliorer la route primitive en évitant les couloirs et en montant principalement par les rochers de l’arête du Moine. Ils partirent du Couvercle et mirent 19 h. 15, haltes comprises, pour aller au sommet et revenir au Couvercle. De nombreux essais ont été tentés depuis pour faire l’Aiguille Verte par d’autres chemins.

Le 31 juillet 1876, MM. Cordier, Maund et Middlemore, avec J. Jaun, J. Anderegg et A. Mauer, réussirent via le glacier d’Argentière. Ils mirent

14 heures pour aller des chalets de Lognan au sommet, et 6 h. 45 (haltes comprises, pour descendre au Jardin. Voyez Alpine Journal , vol. vin, pp. 289-296.

Le 29 juillet 1881, le regretté M. Mummery, avec Alex. Burgener, montèrent via le glacier de la Charpoua et prirent ensuite le large couloir qu’on aperçoit sur l’illustration suivante de la p. 129, il descendit et se trouva un peu à gauche du sommet. A sa partie supérieure, là où il se sépare, ils inclinèrent à gauche, complétant l’ascension par la crête de l’arête menant vers l’ouest (l’arête du Dru). La descente s’effectua par le Couvercle. Près de 21 heures furent occupées pour aller du Montanvert au sommet et pour revenir au Montanvert. Voyez « My Clinibs in the Alps and Caucasus , by A. F. Mummery ».

Il semble, d’après le nombre d’heures comptées ci-dessus, qu’aucun avantage ne rend ces routes préférables, nous en prévenons donc les touristes. Le glacier de la Charpoua « a le défaut de menacer constamment votre crâne d’une pierre tombante ». Mummery.

On dit, à propos de la route par le glacier d’Argentière, « que sans la combinaison d’un bon temps, de bons guides et d’une neige favorable, ce serait de la folie de l’essayer ». Maund.

Le 24 août 1902, le regretté M. R. W. Broadrick et M. A. E. Field, avec Joseph-Louis Ravanel, des Iles, et Joseph Demarchi, des Barats, partirent à minuit, de l’endroit où l’on dort habituellement, pour aller à l’Aiguille du Dru par le glacier de la Charpoua. De là ils ascensionnèrent l’Aiguille Sans Nom et suivirent l’arête conduisant de ce sommet à celui de l’Aiguille Verte. A 1 h. 45 de l’après-midi, ils commencèrent la descente de la Verte sur le côté du glacier de Talèfre et atteignirent le Montanvert à minuit cinq, le lendemain. Voyez Alpine Journal, vol. XXI, pp. 261-263. M. Hasler, de Berne, avec le guide Jossi, quitta Chamonix à midi, le 14 mars 1903 ; il fit l’Aiguille Verte par la route habituelle et revint à Chamonix à minuit le

15 mars. En juillet 1904, l’ascension fut effectuée via le glacier du Nant Blanc. Voyez Alpine Journal , vol. XXII p. 320.

La route primitive a toujours quelque variante, et il est probable que la même ligne n’a jamais été exactement prise deux fois de suite.

L’Aiguille du Dru, est la plus proéminente des Aiguilles visibles du Montanvert. Elle possède deux sommets, celui de l’est est le plus élevé. On peut les apercevoir du nord ou du sud, mais de l’hôtel du Montanvert même, le plus bas reste seul en vue. Le point le plus élevé, le véritable sommet du Dru est quelquefois appelé « le grand Dru » ou « Pointe Est » ou « Sommet Oriental ». La cime inférieure est nommée « le Petit Dru », le « Sommet Occidental » ou « la pointe Charlet ».

La première ascension de l’Aiguille du Dru (3754 m.) (Cx. T. 49. Courses ext.) fut effectuée en 1878, par MM. Dent et Hartley, avec Alex. Burgener et K. Maurer. Ils partirent le 11 septembre, passèrent deux nuits au rognon du glacier de la Charpoua et revinrent au Montanvert à 9 h. du matin le 13. (Voyez Above the Snow-line , by C. T. Dent). La première ascension de la pointe la plus basse (Cx. T. 48, courses ext.) fut faite par trois Chamoniards, Charlet, Folliguet et Payot, le 29 août

CU A MON IX ET LE MONT- HLA NC

1879. D’après Forbes, la différence entre les deux pics est de 20 mètres ; d’autres l’estiment de 24 à 36 mètres.

L’ascension du Grand Dru a été faite, du Montanvert en quatorze heures, mais généralement on lui accorde deux jours. Les routes des deux pics se séparent, après qu’on a laissé le rognon du glacier de la Charpoua ; elles sont indiquées sur l’illustration précédente, page 129. Il est possible d’aller du pic le plus haut vers le pic inférieur et vice versa, de cette façon, on peut monter par une route et descendre par l’autre.

Le Pic sans nom n’est pas compris dans le Cx. T., c’est une petite aiguille sur l’arête du Dru, au nord du Grand Dru. Le chemin pour y parvenir, est, jusqu’au rognon de Charpoua (2841 mètres), le même que celui conduisant aux Dru, ensuite il devient distinct. Voyez le schéma de l’illustration de la p. 129. La première ascension fut faite par MM. Carr, Morse et Wicks, le 28 juillet 1890 ; ils bivouaquèrent sur la pente inférieure du rognon de Charpoua, ils mirent 1 1 heures pour aller de là au sommet et le retour du sommet au Montanvert, leur prit 8 h. 15. L’altitude de cette aiguille n’a pas été déterminée. M. Wicks estime qu’elle a 20 à 30 mètres de plus que le Grand Dru. Le sommet peut s’apercevoir de l’hôtel du Montanvert. Voyez Alpine Journal , vol. xv, p. 338.

On s’est absurdement servi ces derniers temps de l’appellation d’Aiguille sans nom, pour désigner un rocher sur l’arête du Dru. (Voyez les illustrations pp. 112 et 129). Elle fut ascensionnée, les 16-18 août 1898, par le duc des Abruzzes, avec J. Petigax, L. Croux, de Courmayeur, et A. Simond, de Chamonix. Voir Alpine Journal , vol. xix, pp. 242-243.

Un refuge dont on peut se servir pour faciliter l’ascension des quatre pics, dont nous venons de parler, fut érigé en 1904. La clef est déposée au Montanvert.

L’ascension de l’Aiguille du Moine. (3418 m.) (Cx. T. 46. Courses

ext.). — Cette aiguille est située à l’extrémité méridionale de l’arête sud de la Verte. Son ascension a été faite de plusieurs directions, mais le côté sud (à droite dans la gravure de la p. 129) est généralement préféré. L’aller et le retour du Montanvert prennent environ 9 heures.

Le Cardinal (3638 mètres) est le nom donné sur la carte Imfeld-Kurz, du Mont Blanc à un pic ayant deux pinacles, et situé sur l’arête reliant l’Aiguille du Moine à l’Aiguille Verte. Le pinacle oriental fut fait par Sir Edw. Davidson, accompagné par les guides Christian Klucker et Sepp Innerkofler, le 18 août 1897. Us vinrent du glacier de Talèfre, montèrent d’abord sur la base de la pointe occidentale, en suivant les rochers, au sud du pic ; ils tournèrent ensuite le côté nord, qui regarde le glacier de la Charpoua, et achevèrent cette escalade par la brèche entre les deux pointes ; la dernière partie de la descente sur le glacier de Talèfre, fut effectuée par un couloir très raide, entre l’Aiguille Verte et le Cardinal.

Les Droites (4030 mètres) et les Courtes (3855 m.) sont, après l’Aiguille Verte, les deux pointes les plus élevées de l’arête séparant les glaciers de Talèfre et d’Argentière. Elles ont été gravies toutes les deux, et pourraient servir de but à des courses, si elles en valaient la peine. Elles ne figurent pas sur la liste b

1 Ce bassin du Glacier de Talèfre est considéré comme un bon endroit pour chercher des cristaux, et à certain moment, les pentes des Courtes en ont donné de grandes quantités. Victor Tissey, guide, raconta à de Saussure, en 1784, qu’il y en avait ramassé trois cents livres en deux heures.

L'Aiguille de Triolet (3879 mètres) et le Col de Triolet (Cx. T. 14, 18 Courses ext.) peuvent être laissées de côté. La première course est inférieure, comme point de vue, à d’autres qu’on peut atteindre plus facilement, l’Aiguille du Moine, par exemple. Quand au Col, il est inutile comme passage ; ce n’est pas le cas du

Col de Talèfre, d’environ 3535 mètres, qui est un des rares passages, dans la partie principale du Mont Blanc, capable de lutter avec le Col du Géant. Dans la première traversée de ce col, faite le 3 juillet 1865, nous mîmes 13 heures, haltes comprises, pour aller du Montanvert à Courmayeur, soit moins de 10 heures de marche. Voyez Scrambles amongst the Alps , chap. XIX. Le tracé de cette course est indiqué sur la carte pliante.

En laissant le Couvercle, dirigez-vous vers l’extrémité nord du Jardin et, après l’avoir dépassé, allez directement vers un couloir neigeux qui décrit une courbe ; il est situé au sommet du glacier de Talèfre. Voir l’illustration de la page 125. Pour aller du Montanvert au sommet de ce col, nous mîmes 4 h. 35, y compris les haltes: la descente sur le versant italien conduit sur des roches très raides, mais fermes et bien découpées : en 40 minutes environ, nous atteignimes le sommet du glacier de Triolet. Dirigez- vous vers la rive droite du glacier, et en arrivant au Val Ferret, traversez le torrent de la Doire sur un pont à Gruetta. Cette course est sur le tarif de Courmayeur, mais pas sur celui de Chamonix.

En continuant le circuit du bassin de Talèfre, nous arrivons finalement à l’Aiguille de Talèfre (3745 mètres) qui fut faite par le bassin du glacier de Leschaud (Léchaud) en traversant celui de Pierre Joseph. Le sommet du bassin du glacier de Leschaud est entouré de montagnes élevées ; les points les plus remarquables de cette enceinte sont l’imposante muraille des Grandes Jorasses, une des plus belles des Alpes, et la pente rapide du glacier du Mont Mallet. Plusieurs cols conduisent de ce bassin sur le versant italien, mais aucun d’eux n’est indiqué pour des novices. En commençant à l’angle oriental, il y a le col de Pierre Joseph (Cx. T. 22-23, courses ext.). qui passe par-dessus le sommet de l’Aiguille de l’Eboulement (3608 mètres), et qui descend sur le glacier de Triolet. M. Heathcote, qui découvrit ce passage, dit : « Qu’il me soit permis d’ajouter... c’est un de ceux qui ne seront jamais populaires». Ensuite il y a le col (ou Brèche) de Leschaux, (3438 mètres) entre les Aiguilles de l’Eboulement et de Leschaux, au pied de cette dernière ; il descend aussi sur le glacier de Triolet. Citons le Col des Hirondelles, (3478 mètres) (Cx. T. 42, courses ext.). Il sépare les Petites et les Grandes Jorasses et s’abaisse vers le glacier de Freboutzie. Ce col a été baptisé dans les circonstances suivantes :

En commençant à escalader les pentes de neige, nous observâmes, un peu au dessus de nous, de mystérieux objets, symétriquement arrangés en cercle sur la glace. C’était une vingtaine de points noirs, parfaitement immobiles. En approchant nous découvrîmes leur nature, non sans une certaine tristesse, je l’avoue. Devant nous s’étalait une preuve de la puissance avec laquelle la tempête sévit parfois dans ces régions supérieures. Les vingt objets étaient des corps, pas des corps humains, ce qui, à un certain point de vue, eût été moins étonnant...

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Les pauvres petits cadavres étaient les restes mortels d’hirondelles. La position dans laquelle se trouvait la petite compagnie indiquait qu’elle avait été frappée tout à coup ; cela faisait réfléchir. Dix minutes de vol de leurs ailes rapides auraient amené les charmantes bêtes vers un abri, dans les forêts de Chamonix ou les auraient portées au milieu de la température clémente de l’Italie. Les oiseaux s’étaient peut-être rassemblés pour se tenir chaud ou ils avaient été assez subitement stupéfiés par les tourbillons. D’une façon ou d’une autre, ils étaient unis dans la mort et paraissaient, je le confesse, étrangement pathétiques, au milieu de la solitude des neiges. » Sir Leslie Stephen, dans V Alpine Journal , vol vi, p. 357.

Un quatrième col existe encore dans ce bassin, le Col des Grandes Jorasses ; il se trouve entre les Grandes Jorasses et le Mont Mallet J, il fut passé par M. Middlemore en 1874, il est le plus élevé de tous, mais son altitude n’a pas été reconnue.

Les pics, entre les bassins des glaciers de Leschaux et du Géant ont tous été escaladés le Mont Mallet et le Pic du Tacul (3438 mètres) (Cx. T. 47. Courses ext.) sont des courses à faire du Montanvert, mais il vaut mieux partir de Courmayeur pour l’Aiguille du Géant (4013 mètres). (Cx. T. 45, courses ext.), qui est la plus attrayante du groupe. Voyez chap. xiv. Les principales courses du bassin du Glacier du Géant, après la visite de la cascade de glace et celle du col, sont les ascensions de l’Aiguille du Midi (3843 mètres) (Cx. T. 36 courses ext.) et de l’Aiguile du Plan. Pour la première, voyez page 51. Son ascension est devenue courante et présente peu de difficultés, quoique du côté des Grands Mulets, elle paraisse tout-à-fait inaccessible. L’ascension de l’Aiguille du Plan peut être faite dans une journée moyenne 2.

Les Aiguilles, dans le voisinage du Montanvert, ne sont pas faisables, en général pour des alpinistes novices. L’Aiguille de Blaitière (3533 m.) (Cx. T. 43 Courses ext.) fut escaladée en 1874. Celle des Charmoz (3442 m.) (Cx. T. 44. Courses ext.) le fut en 1880.

1 Cette pointe est située au sommet du Glacier du Mont-Mallet, E.-N.-E. de l’Aiguille du Géant ; elle est à une distance d’un kilomètre environ. Cette montagne fut escaladée pour la première fois par MM. Leslie Stephen, Walhrotte et Loppé, avec les guides Anderegg, Alex. Tournier et Cachat, le 4 septembre 1871. L’ascension fut faite par le Glacier du Mont-Mallet ; près du sommet, les touristes prirent les rochers. « L’arête sur laquelle nous étions était interrompue par un énorme rocher surplombant littéralement ; il était horriblement lisse et devait avoir une quinzaine de pieds de hauteur. Melehior lui lit l’honneur de quitter sa veste. Ensuite il s’attacha d’une façon quelconque au rocher opposé, et aidé par une poussée du piolet de Cachat, exécuta une étrange cabriole dans l’air, qui le plaça comme il le fallait ; finalement, dans un rapide frétillement, il atteignit le sommet... Le point de vue est très beau, car il donne peut-être le panorama le plus complet de tous les fleuves de glace qui se combinent pour former la Mer de Glace. » Sir Leslie Stephen, dans V Alpine Journal , vol. V, p. 303. Cette ascension n’est pas mentionnée dans le tarif des courses.

2 L’Aiguille du Plan fut escaladée d’abord en juillet 1871 par M. James Ecoles, avec les guides Michel et Alphonse Payot ; ils bivouaquèrent « sur le Glacier du Géant, près du Petit- Rognon, et le lendemain matin, ils partirent vers trois heures. Nous restâmes autant que possible sur l’éperon qui a le Petit-Rognon comme extrémité, et après avoir passé la seconde cascade gelée du glacier latéral, qui descend sur l’Aiguille du Plan, nous arrivâmes à une pente assez rapide qui conduit à une arête neigeuse, curieusement dessinée, à l’extrémité de laquelle apparut notre aiguille. En arrivant à sa base, nous tournâmes vers le côté de Chamonix, et, après cinq ou dix minutes d’escalade facile, nous arrivâmes au sommet, un peu après six heures du matin. *

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On conquit le Grépon un peu plus tard. Parmi les courses moindres, fréquemment faites du Montanvert, on peut mentionner l’ascension des Petits Charmoz (2866 m.) qui prendra 3 heures à peu près pour monter, 2 heures pour descendre, et l’Aiguille des Grands Montets (3307 m.), un petit pic, qui n’est pas indiqué sur ma carte ; il est à l’est de l’Aiguille du Bochard et on peut le faire via le Glacier du Nant Blanc, ou le Glacier de Lognan ou encore de celui d’Argentière. L’ascension de cette aiguille peut être combinée avec la traversée du col des Grands Montets (Cx. T. 28, 29, 30. Courses ext.) en allant du Montanvert à Lognan et en revenant par un chemin via le Chalet de la Pendant et le Chapeau. On peut aisément faire ce tour en une petite journée.

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