CHAPITRE I
ON Y DÉMONTRE QUE LA CONFORMITÉ A LA VOLONTÉ DE DIEU, EN TOlTf CE qu'il demande ce nous, EST PAR EXCELLENCE L'aCTE DE LA CHARITÉ DIVINE.
222. — Dans tous les actes de charité qu'énumère l'article précédent, la conformité à la volonté divine se trouve comprise d'une manière très-parfaite. Comment se ferait-il donc qu'elle ne fût pas l'acte principal de la charité, puisque tous ses actes renferment en eux la charité elle-même et la conduisent à la perfection? En vérité, comment serait-il possible que l'âme aimante se complût en Dieu sans avoir la volonté de lui plaire en unissant celle-ci à la sienne ? Qui pourrait désirer à Dieu le bien qui lui manque, sans vouloir que sa volonté soit laite? car c'est à quoi se réduit le bien que Dieu n'a pas. Qui pourrait préférer Dieu à toutes les choses créées, sans donner la préférence à Dieu sur tout ce qui est créé et sans vouloir faire la volonté de Dieu laquelle est Dieu lui-même ? Qui pourrait être chagrin des offenses faites à Dieu, s'il n'était pas repentant de n'avoir pas accompli sa volonté divine, puisque c'est dans ce défaut (le soumission que consistent les oflenses et les outrages que l'on commet contre sa majesté divine?