Y. IV
Bîon âme se réjouit donc, en se Toyant à la veille de reconquérir la liberté des enfants de Dieu. Voilà pourquoi mon âme tressaille d'allégresse, car elle sait qu'elle passera d'une prison à un palais, de l'esclavage au trône ; et ce qui me ravit encore davantage, c'est que je vais bientôt jouir des embrassements de mon céleste Époux, dont, après avoir fait sa volonté sur la terre, au milieu de si grandes soufiFrances, il me sera donné de partager la gloire du ciel. Tel est le langage qu'elle fit entendre ï l'évèque, et elle continua de vivre joyeuse et contente dans îa douloureuse maladie.
273. — /w ^ace, dit saint Augustin {Lib. i. de Sermon. Dont., cap. 2), perfecfio esl, ubi nihil répugnât, et ideo ftlii Dei pacifici, quoniam nihil in his resistit Deo. Ceux-là, dit le saint Docteur, sont véritables enfants de Dteu chez lesquels il n'est rien qui résiste à la volonté de Dieu; c'est pour cela qu'ils jouissent de cette paix inaltérable dans laquelle consiste la perfection de l'homme. Telle était cette sainte femme, tels devons-nous être aussi, si nous voulons être parfaits et trouver le bonheur dans cette vie. Donc, si pour nous conformer aux dispositions de la Providence à notre égard, selon l'obligation qui nous en est imposée, il ne nous suffit pas de nous pénétrer de ce devoir que doit remplir toute créature, et de prendre pour mobile le mérite infini de Dieu qui exige tout notre amour, et nous astreint à nous complaire dans toutes ses volontés, du moins, laissonsnous-y engager par l'amour que nous avons pour nous-mêmes, pour notre véritable bien et notre bonheur réel. Les anges sont heureux dans le ciel, parce qu'ils obéissent parfaitement à la volonté de Dieu; et sur la terre, les hommes sont heureux à proportion de cette conformité à sa volonté sainte.