‹ Guide ascétique (volume 2)Chapitre 6 sur 160 · DIFFÉRENTES MANIÈRES DUNT OS DOIT PRATIQUER LA VERTU DE FOI · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTES MANIÈRES DUNT OS DOIT PRATIQUER LA VERTU DE FOI

43. — Justus autem meus ex fide vivit. {Ad Hebr. iO, 38). Le iusle vit de la foi. Que signifient ces paroles ? Cela veut dire que comme les êtres animés vivent de Tair qu'ils respirent , comme les poissons vivent de l'eau au sein de laquelle ils nagent, de même les justes s'aUmentent de la foi qui se mêle a toutes leurs actions. Le pécheur vit d'une existence bestiale, si exclusivement attentif à ce que les sens lui dictent, il se plonge dans la boue des plaisirs ; il vit d'une vie humaine , si écoutant les inspirations d'une nature droite, il agit selon les principes de la religion naturelle. Mais l'homme juste qui s'applique à la perfection, vit d'une vie divine ; car dans tout ce qu'il pense, qa'i! fait et qu'il dit, il se règle selon les maximes de la foi surnaturelle et divine. Voilà donc la véritable manière de pratiquer la vertu de loi, en la prenant pour règle habituelle de tout ce que l'on fait.

44. — Mais venons à des détails ; car les formes abstraite* et générales ne conviennent pas à toutes les intelligences. Si la personne pieuse désire que toutes ses oraisons, tant vocales que mentales, soient parfaites, elle doit prendre pour compagne et pour régulati"ice la foi. Quand elle vaque à des prières vocales, elle doit se figiu'er que Dieu est présent et qu'Q écoute avec plaisir ses prières, et se tenant toujours sous la conduite assurée de la loi, elle doit diriger vers lui ses louanges, ses supplications et ses désirs. Si elle vaque à l'oraison mentale , elle doit se persuader avec la toi la plus ferme et la plus vive qu'il soit possiDle, que Dieu est présent devant elle et qu'il voit d'un œil

<îe satisfaction les attitudes de son corps et tontes les émotions de «on âme. Elle doit se représenter les mystères et les vérités de la religion qu'elle entreprend de méditer, sous le même aspect que la foi les lui révèle et régler toutes ses affections à la lueur dt ce demi-jour, et par ce moyen ces afi'ections seront entièrement jsincères, saintes et méritoires. Il ne faut pas désirer d'y goûter .des sentiments tendres, des suavités, do consolations sensibles qui, assez souvent, viennent plutôt de la nature que de la foi. Si on en est privé il ne fatit pas s'en affîigpr. Si on en éprouve, il ne faut pas en concevoir une joie immodérée. On doit se contenter de s'appuyer toujours fortement sur la base de la foi, qui ne saurait s'ébranler. 11 faut bien moins encore désirer d'avoir des visions, des révélations et d'à itres grâces extraordinaires, qui plus elles sont séduisantes et plus elles deviennent périlleuses pour les âmes. Il y a plus de sécurité dans un acte 4e foi que dans les plus délicieuses apparitions émanées du ciel.

45 — A ce sujet, je vais rapporter ce que nous raconte le p. Bernardin Rossignoli, sur Alphonse l^r, roi de Portugal. [De acîib. virt. lib, i, cnp. 6). Ce prince, se trouvant en face d'une -muUitude innombrable de Sarrazins, non moins ennemis du jiom chrétien que de sa personne , au moment où il sortait de ses retraucliements pour combattre cette armée d'infidèles , ▼it briller du côté de l'orient une lueur éclatante, qui, se développant avec une grande intensité, aurait pu éclipser l'astre du jour. Pendant que le saint roi considérait avec ad mira non cette resplendissante clarté, il vit apparai'ie au milieu d'elle tme grande croix, sur laquelle le divin Rédempteur était attaché. A ce spectacle, Alphonse se dépouilla de son épée et de tous les insignes de la royauté, il défit sa ch'.ussure, et se prosternant la face contre terre, il se mit à /erser un torrent de douces larmes et s'écria : Pourquoi. Seif;ueur, venez-vous me visiter? Est-ce pour augmenter ma foi? Aliî Seigneur, je vous en conjure, procurez plutôt celte visioi; à ces infidèles, qui ne croient pas en vous, qu'à moi-même qui vous regarde avec une ferme croyance comme le Fils dt f'ère élerael dans le ciel, et celui de la Vierge Marie sur la t*^,rie et comme véritabltiment Dieu. Quid tu ad me, Domine > (J*edenli anlmo fidem vis av/' gère? Melius est , ut te videwn mlideles, et credant, quam ego ç-jî a fonte ba2)tismatis te D^tvi verum Filiumvirginis, et Va"

tris (pferni cognovi, etagnosco. Notre-Seigneur lui répondit qu'il ne s't'tait pas manifesté à lui pour augmenter sa foi, mais pour lui inspirer du courage dans la bataille qui allait se livrer, et il ajouta qii'il pouvait compter sur sa protection; car non-seulemtMit il remporterait la victoire en cette occasion, mais encore dans tous les combats qu'il aurait à livrer coutre les ennemis de la sainte croix. Ce fait est consigné dans le monastère des Cisterciens d' Al cobaza ; il est écrit de la main même d'Alphonse, revêtu de son sceau et contre-sigué parles évêques et les grands du royaume de Portugal.

-46. — L'avez-vous bien remarqué ? Ce saint monarque, à la première apparition de Jésus crucifié, à l'instant où elle frappa ses i-egards, fit comme un acte de renoncement, et dit qu'il aimait mieux voir avec l'obscurité de la foi qu'avec la lucidité de ses propres yeux, et qu'il désirait que cette vision frappât plutôt les regards des infidèles que ceux d'un chrétien qui possède la foi. Le lecteur voit ici une leçon qui lui sera utile et lui apprendra à ne pas rechercher la sensibilité dans ses oraisons, ni les douces consolations, et encore moins les visions, les révélations, et les voix célestes. Il y verra que la foi doit lui suffire, et que si quelquefois il trouve moins de satisfaction, il y a cependant pour lui plus de sécurité , et souvent plus de profit spirituel. Cette sensibilité est plus fréquemment accordée à ceux qui croient moins qu'à ceux dans qui la foi est plus vive. Signa sunt, dit l'Apôtre, non fidelibus, sed inftdelibus.

•47. — Quand la personne pieuse s'approche du sacré tribunal de la pénitence, elle ne doit pas non plus perdre de vue la foi. Elle ne doit pas s'arrêter à examiner si le prêtre n'est point assez instruit pour donner de bons conseils, ou s'il a la science ïequise, s'il est imprudent ou sage, s'il est dur ou bienveillant ♦t afi'able. Elle doit se borner à croire que c'est le ministre de Dieu, qu'il en tient la place, que sa parole est celle de Dieu, que dans l'absolution sacramentelle il est le dispensateur du sang de Jésus-Christ, et qu'avec ce sang le prêtre lave une àme de toutes les souillures du péché. Par ce moyen, le pénitent retirera de ses confessions les fruits les plus abondants, et se garantira des nombreux inconvénients qui proviennent de ce que l'on regarde les confesseurs avec les yeux de la chair et non pas avec «eux de la foi.

-48. — Lorsque la personne pieuse devant communier §9

dispose à la réception do ce paiu des auges, elle doit se préparer par une foi vive à la présence réelle de sou Rédempteur sous les espèces eucharistiques, puis le recevoir avec la même foi et le conserver dans son cœur , en se contentant des aSections qu'elle en éprouvera , qu'elles soient arides ou ferventes, sèches ou tendres. Elle se gardera d'imiter certains fidèles qui se retirent de la sainte Table mécontents, pleins d'inquiétude, s'ils n'éprouvent pas certaines consolations intérieures que, selon leur idée, la présence de Jésus-Christ devrait leur prouver, aussi bien que la saveur des aliments se fait sentir au palais de la bouche II faut savoir que c'est assez d'une foi voilée de nuages et d'affections de la volonté, bien qu'il n'y ait rien de sensible, pour recevoir dans ce sacrement l'augmentation de grâces et l'abondance de secours spirituels qui sont les effets et les fruits produits par ce divin sacrement dans les âmes fidèles. 49. — Surius rapporte {Jom. 6. m vita S. Hugonis Episc.) qu'en une certaine ville d'Angleterre habitait un prêtre de mœurs dépravées qui associait à la sainteté de son caractère une vie dissolue. Dieu, touché de compassion pour lai, le fit revenir à de meilleurs sentiments par un événement des plus prodigieux. Pendant qu'il célébrait le saint sacrifice, au moment où il rompit la sainte hostie, il en sortit des gouttes de sang. Ce prêtre frappé d'étonnement et d'épouvante à un pareil miracle, rentra en lui-même, se réveilla de sa funeste et criminelle lélhargie, et se mit à embrasser un genre de vie aussi édifiant par sa pénitence qu'il avait été scandaleux par ses désordres. Ce prêtre s'amenda de telle sorte qu'en peu de temps il acquit auprès des peuples voisins une haute renommée de sainteté. Dans ce temps-là voyageait en ces contrées saint Hugues, évêque de Lincoln, et ce prélat voulut s'entretenir aA^ec lui. Le prêtre, lui ayaut tait le récit du prodigieux événement qui était arrivé sur l'autel, voulait en même temps lui montrer le corporal et les autres linges encore imprégnés du sang miraculeux. Mais le saint évêque ne voulut pas les voir, et il ne permit pas môme aux personnes qui l'accompagnaient d'en édifier leurs yeux, en disant : Que ceux qui ue croiront pas que le corps et le sang de Jésus-Christ sont cachés sous les espèces sacramezitelles aillent s'assurer de la réalité de ce miracle par les yeux du corps; quant à nous qui croyons, la soûle loi suffît. Et comme malgré cette obs(;rvation du saint évêque il se trouvait (pu;l(.|Ui,'s- ^ms des sieus qui voulaient voir ce miracle et iaisaieul des lus

tanro^, IVrAipio los réprimanda sôvèromont, on Ipur flisnnt -jirils voulaient moins salislaire leur dévotion ([tu; leur curiosité, et qii'il y avait plus de pe r foc fi on à croire sans voir, selon ces pa II dis do Notrr-Sciiiiicur : ncati qui non vUIenint, et creditlenint. {Joann. 20. 20). Elles doivent se f-iire à olles-mèmcs cette application certaines personnes qui, en commiuiiant, sont désireuses d'avoir des preuves de la prcsem-e réelle de Jésus- Christ, dans certains sentiments suaves et délicieux, dans une certaine affection tendre, car ces personnes veulent se procurer des preuves, sinon par les sens extérieurs, du moins par les sens intérieurs. Qu'elles apprennent par l'exemple de ce saint évèque, à s'appuyer sur la foi seule, comme plus méritoire, bien qu'elle soit obscure, et à régler par les inspirations de cette foi les actes de leur volonté. Je ne dis pas qu'il ne faut point accueillir avec gratitude les consolations sensibles quand Dieu veut bien nous les accorder, parce que, étant aidées par un bon père qui connaît nos besoins, elles nous sont toujours utiles si nous les recevons avec un humble détachement et en lui en témoignant notre vive reconnaissance. Je me borne à dire que si ces douces consolations nous manquent, il faut nous régler par la foi seule etnous tenir satisfaits des affections de la volonté qu'elle nous suggère, bien que nous n'y éprouvions pas toute la délectation qui était l'objet de nos désirs.

50. — Hors du tem^js consacré à l'oraison et aux autres exercices spirituels, le chrétien pieux doit sanctifier par la foi toutes ses actions, bien qu'elles soient indifférentes, et penser souvent que Dieu y est présent, en lui offrant en même temps toutes les œuvres dont il s'occupe. C'est ainsi qu'il pourra ennoblir les actions les plus viles et les plus méprisables en apparence, en les sanctifiant et en les rendant méritoires et dignes d'une récompense éternelle. Ce fut là tout l'artifice qu'employa Dositliée pour devenir en peu de temps un grand saint.

ol. — Au milieu des tentations, l'homme spirituel, nous dit saint Paul, doit prendre le bouclier de la foi pour repousser avec cette arme défensive tous les assauts de l'esprit infernal, quelque acharnés et violents qu'ils puissent être. Sumentes scutum fidei, in qrio possitis omnia iela nequissimi ignea extinguere. [Ad Eph.es. &,ÏQ). Il doit se bien persuader que Dieu n'abandonne jamais ceux qui ne l'abandonnent pas lui-même.

Deus non deserit, nisi deseratur. {S. Aug. de Civit. Dei, lih. xtn.' cap. 15). Muni de cette toi, qu'il demande à Dieu du secours, qu'il fasse des actes contraires à ses tentations, et qu'il emploie ces armes spirituelles pour mettre en déroute les ennemis de l'enfer qui viennent l'attaquer. Nous lisons le trait suivant dans | la chronique des frères Mineurs. {Parte 2. lib. vu. cap. 8). Le \ grand serviteur de Dieu Jean, surnommé d'Auvergne, vit un î jour certains démons qui, sous la figure de mores tout noirs, j lançaient des traits aigus tantôt contre l'un, tantôt contre l'autre. ' n s'aperçut que certains de ceux qui étaient frappés avaient été percés de part en part, et c'étaient les malheureux qui donnaient leur consentement aux suggestions diaboliques. Certains autres n'étaient pas atteints et les dards tombaient à leurs pieds, et ceux-ci avaient été plus avisés que les premiers, car ils n'étaient pas pris au dépourvu et ne donnaient pas leur consentement aux perfides insinuations. Quant à un certain nombre d'autres personnes qui étaient pareillement en butte aux attaques de ces noirs esprits, à peine avaient- elles reçu le dard que celui-ci, par contre-coup, retournait en arrière et allait frapper les monstres qui l'avaient lancé. Ces personnes n'étaient autres que ces âmes généreuses qui, non-seulement, ne consentaient pas à la tentation, mais encore la repoussaient et frappaient à leur tour leurs ennemis, en leur renvoyant leurs propres traits. C'est ainsi que nous devons agir dans de pareils combats, mais on , doit remarquer que le bouclier avec lequel on repousse les traits de l'ennemi infernal ne se fabrique que dans la fournaise de la foi. Sumentes scuium fidei.

52. — Au temps des tribulations la foi devient cette impénétrable cuirasse dont on doit protéger son cœur, afin que les traits de l'adversité ne puissent le transpercer. Au milieu de ces douloureuses épreuves, considérez avec les yeux de la foi Jésus dans sa Passion, et vous y trouverez un puissant confortatif dans toutes vos peines. C'est ainsi qu'agissait saint Elzéar, comte d'Arian, qui, dans l'adversité, fixait constamment ses regards animés d'une vive foi sur les soufîi'ances de Jésus-Cluist, et était ainsi parvenu à une patience si invincible, que jamais on ne découvrit en lui le moindre trouble au milieu des contrariétés qu'il eut à éprouver. {Surius in vita 27, cap. 23). Son épouse, Delphine, lui ayant un jour demandé s'il était de marbre ou de stuc, puisqu'au milieu des injures, des alfi'onts et des

mépris, il ne resseiitnit niiniut' cinotioii; il lui ri^pondit : A (pinf sert, Dilpliuie, de so mettre en colère? Quand je me sens piqué au vif, je me mets h contempler avec les yeux de la foi le» in«^narrables ignominies qiio le Rédempteur a bien voulu endurer pour moi; et ce spectacle inonde mon cœur d'un calme ■[ doux que je n'en aime pas moins ceux qui m'outragent que eux qui m'honorent et me comblent de leurs faveurs. Je ne prie pas le Seigneur moins pour les uns que pour les autres, et pour tous ma prière est également affectueuse.

53. — La personne affligée pourra aussi admirer la main de Dieu qui lui envoie ces tribulations pour son bien spirituel qui doit en recevoir un accroissement. Telle était la conduite de Job, qui, sans s'occuper des causes naturelles des grands maux qu'il avait à souffrir, portait ses regards vers le Seigneur avec les yeux d'une foi pure, et le reconnaissait comme le seul auteur de toutes ses infortunes. Dominus dédit, Dominus abstulit. Le chrétien plongé dans l'affliction peut, avec les lumières que lui fournit la foi, envisager la magnificence des biens qui lui sont préparés dans la céleste patrie, comme récompense de ses peines souflertes dans ce pénible exil. C'est ainsi que la sainte mère du martyr Symphorien répétait continuellement à son fils ces paroles : ISate, nate. cœlum suspice. Mon fils, mon cher fils, regardez le ciel et considérez avec le flambeau de la foi combien est brillante cette couronne de gloire qui vous est préparée pour prix de vos glorieux combats. En un mot, le vrai courage à supporter les tribulations ne peut tirer son origine que de la foi. La fermeté, qui prend sa source dans des considérations humaines, ne peut jamais être qu'ime constance fragile comme le verre, tandis que celle qui est produite par des motifs surnaturels e>t une constance de diamant.

54. — J'en dis tonl autant de toutes les autres vertus dont la pratique, pour être méritoire et d'un ordre surnaturel, doit toujours être réglée par la vertu de foi. Lorsque vous devez obéir à ceux qui ont le droit de vous commander, pensez tout de suits à la parole de Jésus-Christ :ÇMiro5 audit y me audit. {Lucœ, 10, 16). Reconnaissez dans la volonté de cet homme qui est votre supérieur, la volonté fo melle de Dieu. Si vous faites l'aumône aux pauvres, réfléchis? z à ces paroles du divin Rédempteur : Esuriviy et dedistis miki manducare, sitivi, et dedistis mihi hî" ber*AMatth,,'^^ 2,^. !:t croyez bien, que le soulagement

anc vous procurez aux pauvres leur est accordé dans la personne de Jésus-Christ, si vous portez des secours à votre prochain, soit en lui donnant des conseils ou en l'instruisant, soit en le consolant dans ses peines ou en lui rendant service dans ses besoins; rappelez-vous ces paroles du divin Sauveur : Quod uni ex minimis meis fecistis, mihi fecistis. [Matth., 25, 40). Croyez bien que c'est à Jésus-Christ lui-même que vous rendez ces services, et qu'il lui appartient de vous en récompenser. Faites-en de même pour toute autre vertu que vous aurez à pratiquer. J'ai dit qu'il fallait agir de cette manière, poiu" que l'exercice de la vertu soit saint et méritoire; car si vous vous déterminez à pratiquer la vertu par un motif honnête que la religion naturelle vous fait envisager et qui se rencontre dans toute bonne action, vous ferez sans doute un acte naturellement louable, mais ce ne sera pas un acte surnaturel et saint anquel soit due une récompense éternelle. Pour qu'un acte soit méritoire, il doit tirer son origine d'une connaissance surhumaine et de la lumière de la foi. Enfin la vie spirituelle doit être le résultat de la foi, et ses progrès doivent provenir de la même cause.

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