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d^kit rf'-glnr leurs actions, et tonte la retfnne intérieure et extérieure qui doit briller dans la conduite d'un vrai chrétien, on s'abandonne à une joie folle et désordonnée. Je ne veux pas dire pourtant qu'on en vienne à renier Dieu par une apostasie semblable à celle des Hébreux, car je me garde bien de penser qu'on court le danger de tomber dans un péché si énorme, mais je dis qu'on peut offenser Dieu de mille autres manières, en négligeant de s'adonner à l'exercice des vertus et de se maintenir dans un pieux recueillement.
70. — Le troisième efiet de la sensualité ou gourmandise, est la loquacité. Tertio quantum ad inordinatum verbutii; et sic po» fiilur multiloquium. lin eflet, si on prend trop de nourritiu-e et de boisson, les vapeurs qui s'en exhalent montent à la tète et y lont naître une loule d'idées iantastiques dont l'explosion se lait jour par une intarissable profusion de paroles; mais cette verbosité n'est rien moins que loUe ou très-peu sensée et souvent coupable, comme on le voit iréquemment chez les personnes qui, à la suite d'un excès dans le boire et dans le manger, se laissent aller à une gaité que la raison ne sauiuit approuver.
80. — Le mauvais riche, dont la vie s'était écoulée dans le» iestins, demandait seulement quelques gouttes d'eau pour rafraîchir sa langue brûlante. Mitte Lazarum, ut intingat extremumdujili mi in aquam, et rejriyeret linguam meam. {Lucœ, cap. 16,24). Mais pourquoi, observe saint Grégoire, ce malheureux cherche-t-il à rauaîchir sa langue plutôt que les autres parties du corps, puisqu'il était environné, de la tète aux pieds, de flammes dévorantes? Parce que, dit-il, par sa r'inde verbosité, dont la seusuahté des iestins était l'origine , ^a mangue souÛrait des tortures plus atroces. Le saint Docteur eu tire la preuve que les personnes adonnées à la sensualité de la gourmandise sont habituellement d'une verbosité immodérée. iVtsî (julœ drditos iinmoderata loquacitas raperet, dives ille, qui epulatus quotidie splendide dicitur, in liiu/ua gravius non ar^ deret? {Paslor. vart. 3, admon. tîO). Afin donc que la langue ne se livre pas à une loquacité excessive , inconvenante et désordonnée, il est nécessaire de la réiréntT par uue grande modération dans les aliments et ilaus la boisson qu'elle convoiw avec une inclination qui lui est naturelle.