CHAPITRE I
ON Y EXPOSE LA PREMIÈRE RAISON POUR LAQUELLE LE SENS DE LA VUE, QUAND II. n'est PAS CONTENU DANS DE JUSTES BORNES, PEUT CAUSER UN GRAND PRÉJUDICE A LA PERFECTION ETMÊVIE AU SALUT ET ON EN DÉDUIT LA NÉCESSITÉ DE LE SURVEILLER EXACTEMENT.
148. — Parmi les sens dont Dieu a bien voulu douer le corps humain, un des plus nobles est bien, sans nul doute, celui de la vue, à cause de sa vivacité, de sa pénétration et de sa promptitude dans les actes qui lui sont propres. Mais ce sens est encore bien plus digne d'estimo, parce qu'il est, prélérabloraent aux autres, l'organe par bupiol notre âme distingue les objets sur lesquels elle se forme les notions qu'elle doit en avoir, fonde ses jugements, règle ses discours, et exerce les diverses opérations qui se réfèrent à ces mêmes facultés. Mais justement à cause de cela, le sens delà vue expose à plus de dangers, lorsqu'il n'est pas l'objet d'une sévère vigilance; il transmet à l'àme des images qui sont funestes, non--culement à sa perfection, mais encore au salut éternel.
1 lu. — Ici, pour bien comprendre celle imporlaule vérité, il
est à propos d'établir, de concert avec tons les philosophes, que toutes nos passions dépendent totalement de l'imagination, dont elles sont vassales et sujettes, absolument parlant, et cela est au point que ces passions ne peuvent s'émouvoir qu'au gré des impulsions que l'imagination leur communiqiie. Si, par exemple, cette laculté Imaginative représente, à la partie inférieure, quelque objet attrayant, à l'instant l'appétit sensitif s'éveille et imprime son mouvement à la passion de l'amour pour cet objet. Si, au contraire, il s'agit d'un objet repoussant, aussitôt l'appétit sensitii allume une passion de répugnance et d'horreur. Si l'imagination nous montre un objet qui sympathise avec notre nature, aussitôt l'appétit sensitii" est excité au désir de se l'approprier. On peut en dire autant de toutes les autres a£cctions sensibles de l'âme, qu'on nomme les passions. D'autre part, il est parfaitement certain que la plupart des images que cette laculté présente à l'esprit, sont l'effet de la vue, qui nous transmet les formes des objets dont notre esprit se fait des idées, coniormément à cet axiome, qui peut s'appliquer à tous les sens : ISihil est in intellectu, quod prius non fuerit in sensu. On doit conclure de ce qui vient d'être dit, qu **^:)resque toutes les passions qui font la guerre à notre âme, tirent leur origine des yeux, dont on n'a pas surveillé les mouvements, et qui procurent à la faculté Imaginative les formes de ces objets pour lesquels les passions, par leurs mouvements déréglés, sentent de l'attrait. C'est ainsi que les passions de l'amour , les aflectioi:s vicieuses , les désirs impurs s'allument dans l'homme , parce qu'il n'a pas veillé sur ses yeux , et que par le moyen de ce.-; formes qui ont frappé l'organe de la vue, l'imagination, qui les a considérés comme des objets aimables , délectables , dignes d'être considérés, les dépeint à l'âme sous cet aspect séduisant, tandis qu'au fond , ils méritaient plutôt d'être dédaignés et repoussés.
120. — Bien convaincu de cette grande vérité, le saint homme Job avait fait pacte avec ses yeux de ne point le ) fixer sur la figure d'une femme ; car il n'ignorait pas que ces regards font naître des idées mauvaises , qu'à la suite de ces idées s'enflamment les passions, que celles-ci subjuguent la volonté qui les accueille, et qu'enfin ce consentement est la source du péché, la ruine et la perte de l'àme : Pcpigi fœdw^ ''ion oculismeis , ut ne cugitarem quidem de virgine. {Cap 31, 1 ). Le T. lU 7
saint homme dit qu'il a fait un pacte avec ses ycriT de ne point penser à aucune vierge. Il semblerait qu'il devait dire de ne point regarder une vierge, puisque la fonction des yeux n'est pas de penser, mais bien de regarder. FI avait pourtant bien raison de s'exprimer comme il l'a fait, puisque l'acte par lequel on regarde un objet est si inséparaldement lié avec la pensée de cet objet , que cela parait être une seule et même chose. J'ob, ne voulant donc point penser à des objets dangereux eomme le sont, sans nul doute, les jeunes personnes, fit le ferme propos de ne point jeter les yeux sur elles, persuadé que c'était absolument la même chose. Mais l'Esprit saint s'exprime encore d'une manière plus claire dans le livre de l'Ecclésiastique {Cap. 9,;t'. 8, 9): Averle faciem tiiain a muliere compta , et ne circumspicias speciemalienam. Propter speciem mulieris muiU ■perierunt ;et e.r: hoc concupiscentia quasi ir/nis exardescit. Détournez vos yeux de toute lomme, dit l'Ecclésiastique, de toute femme qui s'en va toute évaporée, bien parée et brillante de riches atours; ne regardez pas complaisamment sa beauté si •vous ne voulez que ces regards tuent votre âme , comme cela est aiTivé à tant d'autres. Mais quelle raison y a-t-il, me direz- Tous, de concevoir une telle crainte pour un simple regard ? En voici la raison : Ex hoc concupiscentia quasi ignis exardescit» Parce qu'à la suite des regards viennent, en vertu d'une connexité naturelle, les images perverses qui allument la concupiscence au foyer de l'impureté. Qu'il ferme donc les yeux qu'il exerce sur ses regards une vigilance continuelle, quiconque ne veut pas s'exposer à tomber dans un si grand malheur, et ne veut pas en même temps être réduit à pleurer un jour avec des larmes amères cette curiosité désordonnée de ses yeux , en disant avec le proplièle Jérémie : Oculus meus deprœdatus est animam meam.{Threni,cap. 3, 51) : Mes yeux ont causé la ruine entière de ma pauvre âme, par les pensées, les affections et les passions mauvaises que ces yeux y ont furtivement introduites, 121. — Notre doctrine est si bien fondée sur la vérité, que les poètes eux-mêmes, dans leurs futiles compositions, attribuent ordinairement aux yeux l'origine de leurs profanes amours. L'un d'eux a dit avec raison :
Si itcscis , oculi sunt in amorc duces. On peut traduire ce vers latin par le vers français :
L'amoup a daus nos yeux sou funeste bercean.
Mais l'Esprit saint, dans l'Ecclésiastique, a bien plus énergîqnement exprimé ce sentiment en deux mots : Ut vidi peri'L A peine ai-je fixé mes yeux sur cet objet défendu, que ma perte a été consommée. Cette vérité a reçu pareillement de la bouche d'im sculpteur célèbre un témoignage fan>eux par un mot qu'il "rava au pied d'une statue. C'était une Vénus endormie, et l'inscription était ainsi conçue : Cave, viator, excites a somno deam, sua adaperiens, tua namque claudet lumina. Garde-toi, voyageur (en passant), d'éveiller la déesse, parce que si elle ouvre les yeux, les tiens se fermeront. Il voulait faire entendre que, si nous ouvrons inconsidérément nos yeux corporels pour regarder des objets dangereux, les yeux de notre esprit se fermeront, aveuglés par des affections impures.
122. — Mais pourquoi s'arrêter à mendier l'autorité des éorivains profanes? N'avons-nous pas dans nos saintes Écritures des exemples mémorables de personnages doués de grandes vertus, qui, pour im simple regard, se sont plongés dans un incendie de flammes impures où ils ont été entièrement consumés ? On connaît bien l'histoire d'un simple coup d'oeil fixé imprudemment, du haut d'une terrasse, sur Bethsabée! N'est-ce pas ce qui précipita dans un abominable adultère David, cet homme selon le cœur de Dieu, cet homme élu pour annoncer et prophétiser le divin Messie, et que Dieu avait élevé à l'insigne privilège des communications les plus intimes avec lui-même? Vidit mulierem se lavantem ex adverso supra solarium suum... Missis itaque nuntiis tulit ea7n. {Reg.'2,, cap. 11, 3). Quelle cause induisit ces deux vieillards décrépits, dont les années avaient blanchi la chevelure, ces hommes d'un âge si mûr, et que leur sagesse reconnue avait établis juges du peuple, à tenter de séduire la chaste Suzanne ? Est-ce que ce ne fut pas un regard nullement circonspect qu'ils jetèrent sur elle au moment où elle se promenait dans son iardinl Et videbant eani senes quotidié ingredientem,et deambulantem, et exarserunt in concupiscentiam ejus. {Daniel, cap. 13, S). Ces vieillards la considérèrent avec insistance, à plusieurs reprises , et ces regards multipliés portèrent dans leurs cœurs glacés les flammes de l'incontinence. Tout le monde connaît l'efîronterie avec laquelle cette femme égyptienne sollicita au crime le chaste Joseph, et les violences qu'elle employa pour triompher de ses refus. Mais d'où pouvait venir tant de hardiesse à une femme naturellement timide et
modeste comme le sont d'habitude les personnes du sexe? Le voici : Injecit domina oculos suos in Joseph et ait : Dormi 7/ucum. Elle fixa les yeux sur son serviteur, nous dit le texte sacré, et ce regard lui fit perdre toute pudeur. La chaste Dina perdit-elle autrement son honneur et le trésor de sa virginité? Elle voulut satisiaire ses yeux ; Egressa est auiem Dina filia Liœ, ut videret muiicres regionis illius. (Gènes., cap. -iA). Qu'arriva-t-il ensuite de cette liberté de pouvoir repaître ses yeux des objets que leur ofirait cette région? Princeps terrœ illius adamavit eam; et rapuit, et dormivit cum illa, vi opprimens virgincm. Et un Holopherne, lormidable ennemi du peuple d'Israël, comment futil réduit en esclavage, et comment tomba-t-il misérablement .sous le couteau d'une faible femme? Ce furent, nous dit le texte sacré, les pièges où il se laissa prendre, les chaînes dont 5on cœur tut enlacé : et ce guerrier, vainqueur jusqu'à ce mo- Tnnnt, se laissa enchaîner par les mains d'une femme qui avait déjà fait la conquête de son cœur : Sandatia ejus rapuerunt oculos ejus : pidcJiritudo ejm captivam fecit animam fjics. {Judith, cap. 16, 11).
123. — Enfin, qui pourrait énumérerles affreux malhc rs, qui n'ont eu d'autre source que la liberté des regards? Je crois bien qu'il serait plus lacile de compter les étoiles du firmament et les grains de sable des mers. Je dirai seulement que la ruine du monde, par le déluge universel, pro\int surtout de cette licence immodérée des yeux. On le prouve par l'Écriture. Oui, il est très-vrai que la cause prochaine et immédiate de cette extermination générale fut la multitude des péchés commis contre la pureté. IS'on permanebit spiritus tneus in hominc, quia caro est. {Gènes, cap. 6, 3). Comme l'expliquent les interpiè'es: Quia est nimis implicatus peccatis carnalibus. Mais le texte sacré 8'exj)rime de la manière la plus précise sur cette immense corruption de la cAair; car nous y lisons que la cause de ce libertinage eLiéné, lut l'imprudence avec laquelle ces hommes du premier âge du monde portèrent leurs regards sur les iemmes : Videntes filii Dci filias hominum, quod esserif pulchrœ, accepcrunt "iibi uxoirs ex omnibus, quas elegerant. C"«'st aloi-s qi:o le Seigneur porta ce terrible arrêt : Dixitque Deus : non /.•?/•;/. anebit lipiiitu» meus in homine in a fcnuun, quia caru ( st. Leurs regards rendirent ces hommes charnels, ctdeveur.s clLirneis ils déplurent à Dieu, qui les punit pai- celte vaste inondation dans
Ifiquelle ils périrent tous. Que celui-là doue qui veut mener une vie pieuse ferme ses yeux, car c'est par eux que la mort entre dans les âmes ; qu'il ne compte pas sur lui-même et sur sa vertu, ni sur son expérience passée, parce que, «Ut saint Grégoire, les yeux sont les lenètre? par lesquelles pénètrent dans les cœurs les mauvais désirs, les coupables complaisances, malgré la volonté qui les repousse, mais qui, après avoir essuyé des assauts m;ilti[»liés et avoir été battue plusieurs fois, ne peut que difficilement éviter de tomber sous l'esclavage de la mort, je veux dire <'n;s celui du péclié. Depriinendi sunt oculi, quasi raptores ad vulpam... Quisquis rnim ncr has fenestras corporis incaute exterivs rcspicit,plcrumq\iein delectatirMem peccatietiam nolens coda, Clique obligatus desideriis , -hTcipit vcUe yod noluit. {Mural, lib. xxi, cap. 2).
124. — Mais quand bien même certaines personnes seraient à l'abri de fautes graves en accordant à leurs yeux quelque liberté, il est certain que les j^ensées déshonnêtes, les désirs impurs entrent malgré nous, comme dit saint Grégoire, dans notre esprit à la suite de ces regards et y laissent quelque souillure, quoiqu'on ait eu soin de rejeter ce qui pouvait être défectueux ; du moins encore ces impressions portent une certaine atteinte à la sérénité de la conscience, en troublent le calme dont le cœur a un si grand besoin pour se livrer à l'oraison et à la pratique de la vertu, Ainsi donc, p ,i' ne pas laisser pénétrer dans l'âme ces pensées immodestes qui, si elles ne sont pas mortelles, sont du moins dangereuses et funestes, il est nécessaire,. conclut le saint Docteur, que la personne spirituelle se précautionne avec une jalouse vigilance à l'égard de ce sens dont la vivacité est si grande, en bien se persuadant qu'il n'est pas permis de porter les yeux sur un objet qu'il est détendu de convoiter. Ne ergo quœdam luhrica in cogitatione versemus, providendiim nobis est : Quia intueri non licet , quod non licet concupiscere. {Eod. loc).
125. — Ici vient se placer fort à propos un fait qui est rap porté par saint Augustin , dans le livre de ses Confessions , au sujet de son ami Alypius, parce qu'il en ressort la preuve convaincante de l'empire qu'exercent les yeux sur les mouvements de notre cœur , non-seulement sur ces afiections tendres dont nous venons de parler, mais encore sur des affections d'une nature barbare , et c'est ce qui démontre encore mieux la vérité
de ce que j'ai dit. Alypius, intime ami de saint Augtistin, se
trouvant à Romn à l'époque où l'on célébrait los jeux du cirque, ot tout le peuple accourant en foule où des gladiateurs s'entregorgeaicnt, fut invité par ses amis à s'y rendre en leur compagnie. Alypius en homme qui professait une grande horreur pour i^es divertissements cruels dont le plaisir consistait uniquement 11 voir le sang couler, refusa l'invitation. Toutefois , vivement pressé par toutes les personnes de sa connaissance et entraîné comme par force, il finit par céder à leurs instances pour ainsi dire invincibles, mais bien résolu à assister seulement de corps à ce spectacle, sans y faire participer son esprit, et déterminé à ne pas jeter le moindre regard sur ces jeux inhumains. Le voilà donc parti, il s'assied comme les autres, et ferme les yeux, ayant soin d'élever les pensées de son àme à des pensées plus dignes. Mais au moment où il s'y attendait le moins, un coup d'épée, que porta avec une singulière adresse un des gladiateurs à soa adversaire, excita dans le théâtre une bruyante acclamation et des applaudissements pour le vainqueur. Alypius ne put se conlenii', il ouvrit les yeux et se mit à regarder comme tout le monde. Ce regard, dit saint Augustin, frappa son âme d'un coup plus terrible que celui dont le gladiateur vaincu avait été atteint sur sou corps, et Alypius succomba plus malheureusement que ce dernier. Aperuit oculos, et percussus est graviori rndiiere i7i anima, quam ille in corpore, quem cernere concupirit ; ceculilque miserabilius , quam ille , quo cadente, (aclus esl clamai'. Cependant après avoir cessé de tenir ses yeux fermés, il se prit â considérer avec plaisir la fureur qui animait les gladiateurs, à se délecter de ces cruels combats, à s'enivrer de ces barbares délices. Mais quoi encore? il se laissa tellement impressionner par ce spectacle sauguinaii'e,qu'il joignit se cris à ceux dfcs assistants, prit part à leurs ap[)laudissements, mèlmit ses cris aux clameurs de tout le peuple. Sed fixit aspectutn ^ et. hauricbat furias , et nesciebat; et delectabatur scelcre ccrtaminis, et cruenta voluptate incbriabatur. — Spectavit, clamavit, l'xarsit ; abstulit inde sccuni insaniam {Cap. S). Il rentra chez lui tant changé, dit saint Augustin eu terminant, qu'il n'avait plus besoin qu'on le poussât pour le faire assister à ces sortes de spectacles; il y allait non-seulement sans y être invité, m;iis il y conduisait les autres, tiuit, à ce seul regard, avait péuétiv au fund de sou cœur ce plaisii" barbare et inhumain ! Or, si uu
?! 112 pie cmip d'œil fut assez puissant pour chani^er le cœur iioliic. et si sage d'un homme tel qu'Alypins, si ce reganl pmt. lui taire goûter un plaisir dans ces hai-hai'es jou'x, si ]>cii rowformcs à la natiu'e de l'iiomuie tels que doivent l'être des coups meurtriers, quelle sera la puissance qu'auront ces regards fixés sur une personne d'un sexe difîérent, dont l'extérieur est agréable, avenant, plein de charmes, si propre à exciter des affections tendres dont le cœur se laisse si avidement pénétrer et qui finissent par se changer en un poison qui donne la mort. 4 26, — Il faut donc veiller sur ses yeux et pratiquer la modestie dans ses regards, car il ne peut y avoir sans cela une véritable spiritualité, pas même une vertu ordinaire. Quiconque veut tenir son esprit élevé aux cieux, doit tenir ses regards modestement baissés. Siimme custodiendus est oculus, dit le même saint k\\^n?,ïm, quia janua cordis est.{Serm. 31, ad fratres in Eremo), Nous avons dit plus liaut, en parlant des autres sens, que les yeux sont les fenêtres du cœur. Saint Augustin dit en outre qu'ils en sont la porte. Tout le monde entre dans la maison par la porte, bien peu y entrent par les fenêtres, parce que l'accès est bien plus facile par la première que par les dernières. Et puis encore , pour entrer dans la maison par les portes, il suffit qu'elles soient ouvertes, mais cola n'est pas suffisant pour y pénétrer par les fenêtres. Donc si, selon saint Augustin, les aufi-es sens de l'homme sont les fenêtres des pceliôs ot si U's vcrk sont leurs portes, il en résultera que eeux-ci pcuvt^iM inijiM- .ims l'âme quand les yeux s'ouvrent sans retenue. Sunnue custodiertrdus est oculus f qma janua cordis est.