‹ Guide ascétique (volume 3)Chapitre 24 sur 75 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

AVERTISSEMENTS PRATIQUES AL" DI K.CTtLR SUE LE PRÉSE.>T ARTICLK.

451. — Premier AVERTISSEMENT. Quoique le directeur doive employer tous ses soins à inspirer à chacun de ses pénitents la modestie des yeux, il doit pourtant s'en occuper encore davantage à l'égard des jeunes personnes des deux sexes , car c'est àelle.-que convient principalement cette vertu. Knellesla liberté du regard est bien effectivement plus dangereuse que chez ])eaucoup d'autres. Chez les jeunes personnes dont je veux parler, les passions sont d'autant plus vives, que ces personnes ont moins de prudence et de maturité. Il suffit donc quelquefois d'un regard pour que le cœur s'enflamme, et puis viennent les pensées auxquelles succèdent les aflections impures, et c'est ce qui leur fait perdre en un seul jour les mérites qu'elles ont pu ao quérir dans leurs exercices de piété diu-ant plusieurs mois e| des années entières. Si le dh'ecteur ne veut pas se fier à ma pa» rôle, ie fais un appel à sa propre expérience qui lui prouvera que ie dis vrai. 11 lui arrivera d'avoir sous sa direction une jeune personne du sexe qui faisait concevoir les plus belles espérances par sa tendre piété^ sou assiduité à ruraiâuu, par son

amour j>oiir les mortifications; elle était docile et se laissait fa* cilemeut diriger par les bons conseils qu'on lui donnait; puis, ce directeiu- verra s'opérer en elle un changement subit et devenir en peu de temps pleine de tiédeur, peu amie de la mortification, n'écoutant qu'avec répugnance et prenant en mauvaise part les bons conseils qu'on lui donne, et finalement elle lui tournera le dos et cessera de suivre toute espèce de direction. S'il veut remonter à la source de ce déplorable changement, il recoimaitra que ce n'est autre chose que la liberté du regard. Cette ieune personne, en jetant les yeux sur un objet qui lui a semblé aimable, s'en est loUement éprise, et cette afiection profane, ainsi qu'il arrive ordinaireme^it à ces sortes de personnes, a éteint subitement toute l'ardeur de la piété. Il doit donc veiller avec le plus grand soin pour que les jeunes personnes qu'il dirige tiennent constamment les yeux baissés, surtout dans les lieux publics; toutefois, ce doit être sans afiectation et comme par une habitude naturelle, et si ses jeunes pénitents ont à parler avec des personnes d'un sexe différent, le directeur ne manquera pas de leur recommander, comme il a été dit plus haut, de ne pas fixer les yeux sur la figure ; parce qu'en mettant en pratique une modestie de ce genre, ils prouveront combien leurs affections sont honnêtes, se garantiront de tout sentiment qui blesse la pureté, d'abord pour eux-mêmes, et puis encore en préserveront les personnes avec lesquelles ils sont en relation. On rapporte au sujet de saint Ignace le trait suivant : Le père Ollivier IManareo, ayant reçu de lui une obédience qui le transférait ailleurs, fixa ses yeux sur la figure de saint Ignace, peut-être pour lui faire ainsi connaître le regret qu'il avait de se séparer de lui. Le Saint lui fit donner avis, par le Père Polanco, qu'il eût à s'examiner tous les jours sur le défaut qu'il venait de lui manifester, et lui fit ordonner qu'ayant à lui écrire à titre de politesse ou pour les affaires courantes, il lui rendît compte du soin qu'il avait dû prendre d'accomplir cette pénitence. {Lancis.,opusc.'i, num, 304). Si un saint, doué d'une si haute prudence, put regarder comme une faute considérable le regard qu'un religieux fixait sur son supérieur, au moment de s' an séparer, quel mal ne sera-ce pas pour un jeune homme ou pour une jeune personne, surtout si celle-ci est encore libre d& tout lien conjugal, de fixer les yeux sur les personnes d'un sexe différent, et de boire ainsi à longs traits, s'il

est permis de parler ainsi, ht itoison qui e?t dans le cœur du prochain?

152. — Deuxième avertissement. Si ensuite le pénitent de l'un ou de l'autre sexe aspire de quelque manière à la perfection , le Directeur doit s'eilorcer de faire cesser les indécentes légèretés que l'on commet Iréquemmeat dans les conversations, dans les plaisanteries qui semblent les plus innoter.te? , dans la marche et dans les façons d'aîjir avec le prochain, comme oii l'a dit dans le chapitre précédent. Il aura soin de ne pas se montrer d'une facilité trop indulgente dans des choses de ce genre, comme si elles ne méritaient pas qu'on en tînt compte. Ces défauts , tout minimes qu'ils soient, opposent néanmoins des obstacles à la perfection chrétienne, car il est de la dernière évidence que quand on ne peut pas triompher de soi-même dans ces petites choses , on ne pourra pas se vaincre plus aisément dans des cas graves. Pour bien convaincre le Directeur sur ce point, ]e veux me contenter de lui rappeler un fait que rapporte Saint-Grégoire d'une jeune fille app^'lée Musa. Pendant une nuit la reine du Ciel lui apparut accompagnée d'un cortège de vierges rayonnantes d'éclat toutes vêtues de blanc et portant des couronnes de lis. Marie lui demanda ?i elle voulait venir habiter avec elle en société de ces vierges si belles et si brillantes. Musa qui dès le premier instant de celte vision avait été ravie de joie et d'admiration, s'écria : Oh ! je le veux bien et je vous prie de m'accorder cette faveur. Alors Marie lui dit : Si vous désirez venir en notre compagnie, il faut d'aborcl dire un éternel adieu aux rires, aux légèretés, aux puérilités. Si vous vous y décidez, au bout de trente jours vous serez des nôtres. Après cette vision, Q s'opéra dans cette jeune fille un changement complet, elle devint modeste dans ces regards, prit un air sérieux, montra beaucoup de retenue dans ces paroles, et tout son extérieur devint admirablement composé. Les personnes de la maison étomiéts d'un changement aussi prompt, lui demandèrent à quelle cause il fallait l'attribuer , et la jeune fille avec une sainte simplicité expliqua l'apparition dont elle avait été favorisée, les avis qu'elle avait reçus de Marie et la promesse qui lui avait été faite. Au bout de vhigt-cinq jours d'une conduite si pleine de prudence et de modestie, elle lut attaquée d'une lièvre ardente et au trentième jour elle eut pour la deuxième lois le bonheur de voir lu «ainte Vierge accompaguée du même cortège et qui l'iuvitail à

^'approcher d'elle. Musa baissa les yeux par respect, lui dit avec uue humble allégresse : Je viens, ma Reine, Je viens à vous, et eu disant ces mots elle rendit doucement le dernier soupir. Die outem thyesimo, cum horarjus exitus appropinquasset, eamdem gcnitricp.m Dci cum puellis, quas per visionem viderai ad se verdre prospexit ; cuise etiam. vocanti respondere cœpit , el depressis revtrentcroculis, aperta voce clamare : Ecce, Domina, venio ; ecce Pominn, venio : in qua etiam voce spiriium reddidit. (Dial. iih. IV, cap. 27). Il est certain que si les immodesties où se laissait aller cette innocente jeune fille n'eussent pas mis quelque obstacle à sa perfection en laissant dans son âme quelque souillure , la sainte Vierge ne serait pas descendue du ciel pour l'avertii' , et naurait pas exigé qu'elle s'en corrigeât avant de l'emmener avec elle dans le séjour des élus.

153. — Troisième avertissement. Le Directeur s'attachera encore davantage à ce que les prêtres, les rehgieux, les moines, pratiquent encore plus exactement la modestie dans leurs regards, leurs entretiens et toutes leurs actions ; s'il leur arrive de diriger des personnes qui appartiennent à ces divers états, parce que dans celles-ci la modestie est pour les séculiers un grand sujet d'édification, tandis qu'une conduite mal réglée étonne les mondains et devient pour eux un sujet de scandale. C'est pourquoi Jésus-Christ leur recommande spécialement dans son saint Évangile de briller devant le monde par l'éclat du bon exemple, lequel dépend en grande partie de cette régularité qui doit présider à toutes leurs actions. Vos estis lux 77mndi.... sic luceat lux vestra coram hominibus , ut videant opéra vestra bona (Matth. cap. 5. 14.16). Saint Paul, en parlant àTimothée des évèques et des prêtres , dit qu'il leur convient de tenir une conduite irréprochable aux yeux des étrangers, c'est-à-dire des gens du monde. Or ou arrive à ce but, mieux que par tout autre moyen, en observant la modestie dans les regards , la retenue dans les entretiens, une décence exacte daiis le maintien du corps ainsi que dans les vêtements. Oportet auiem illum testimonium habere bonum ab iis, qui foris sunt [\ ^ad Timoth. cap. m, ,7). L'apôtre déske que les personnes consacrées à Dieu recheichent l'estime du public, non point par vanité ni ambition, mais afin que les gens du monde ayant de ces personnes une bonne opinion, se rendent plus dociles à leui-s enseignements et à leurs avii et reçoivent en bonne part le^ ''imoiitrances qu'on leur adresse.

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On sait fort bien qu'une tache sur le visage dr^plait beaucoup plus qu'une grande plaie ou une cicatrice considérable sur toute autre p£u*tie du corps. De même une légère immodestie dans des religieux et dans des prêtres qui sont la partie la plus noble et comme la face de la sainte Église , blesse plus la susceptibilité des laïques qu'un péché grave parmi les séculiers, qui sont la partie moins noble de ce corps mysti(jue. On voudra bien réfléchir sur ce que dit à ce propos Saint Basile. {In Regul. fus. explic. Qu. 22). Ncque enim , si quid indecorvm geritur , id similiter in obscuris hominibus , et in iis qui illustres sunt , animadverti pe^ rinde solet. Nam de vulgo aliquis, si aut scurriles voces emittat^ aut in ganeo crebro verseiur , aut alia hujus modi flagitia agat^ haud facile quisquam attendit ; quippe cum quisque existimet fada m a universœ vitœ ejus instituto respondere. Ai qui vitœ genus perfectum profitetur, hune, si latum unguem ab officio suo recedere visus sit, omnes confestim observant : ipsique probri loco illud objiciunt ; et faciunt, quod in evangelio scriptum est. Conversi disrumpent vos. Le saint Docteur dit qu'une action indécente est envisagée différemment dans une personne d'un certain rang et dans un homme obscur. Si un homme du peuple se livre à des bouffonneries ou à d'autres actes peu décents, on n'y fait pas attention, parce que ces sortes de manières viles appartiennent à celte classe. Mais si un homme professant un état, qui du moins suppose la perfection, comme ceux qui sont dans un ordre monastique ou tiennent un rang dans l'ordre clérical , vient à commettre un acte que la décence n'approuve pas et s'écarte de l'épaisseur d'un ongle des bornes de son devoir, tout le monde le remarque , tous en murmiu-ent comme s'il était tombé dans nne faute grave.

154. — Le Directeur ne manquera pas de considérer combien saint Grégoire dans ses dialogues {Lib. m. cap. l-i) a dit vrai, quand il a fait ressortir les hautes vertus et les dons surnatureli: dont était doué le bienheureux Isaac, moine des environs de Spœ. lette. Il nous dit que c'était un personnage éminent dan? sef waisons mentales, profondément humble, grand ami de 1| pauvreté et ceci est prouvé par le refus qu'il fit de très-impor» tantes possessions et de riches revenus, en disant que : Monachus qui in terra possessiones quœrit , vionachis non est. Sic quippe metucbat paupertatis suœ severitaiem perdere , sicut avari divi^ tes soient perituras divitias custodire. Saint Grégoire nous dit

qn'il était privilégié du don de prophétie parla vortiT dnque?!? annonçait ce qui devait arriver, qu'il avait pareillement le dor» de délivrer ceux qui étaient possédés du démon. Touteibis saint Grégoire ne dissimule pas un défaut qui accompagnait en lui de si excellentes qualités. C'est que [saac ne savait pas cacher Tallégresse intérieure de son âme et la laissait s'épanouir avec une excessive liberté dans son extérieur. Mais qu'y a-t-il donc en cela de rôpréhensible ? me direz- vous ; une telle allégresse produite au dehors et qui avait sa source dans un motif à coup sûr très-louable, me semble avoir bien plutôt l'apparence et la couleur d'une vertu que d'un vice. Pourtant saint Grégoire en parlant d'un homme livré aux exercices d'une vie solitaire et remarquable par son austérité , ne fait pas difficulté de dire que cette allégresse exorbitante était répréhensible, et il ajoute que ce délaut seul était suffisant pour l'empêcher d'être regardé comme un homme grandement vertueux, si d'autre part la sainteté de sa vie n'ept pas été clairement démontrée.Tantilestvrai que les personnes qui vivent dans un état de perfection, si leurs manières extérieures ne sont pas sévèrement réglées, risquent de perdre beaucoup de l'estime qu'elles méritent auprès des gens du monde. Ces personnes sont obligées de préserver de toute atteinte l'estime qu'on a pour elles afin que la gloire de Dieu n'en soit pas compromise. Voici les paroles du saint Docteur : Hic enim cum virtvte abstinentiœ ^ contemptu rerum trarr seuntium , propkeiiœ spiritu , orationis intentione esmt incomparabiliter prœditus , unum erat , quod in eo reprehensibile esse vidcbatur , quod non numqumn ei lanta lœtilia inerat , ut illis tôt virtu'Abus nisi sciretur esse plenus , nullo modo crederetur. Nous devons donc conclure avec saint Jérôme que la modestie et la tenue décente d'un religieux , ce qui s'applique à tout ecclésiastique , doit être telle que son langage , sa manière de marcher, sa figure, et toute sa personne soient autant de prédications qui portent à la vertu., De ludo monasteriorum hujîcsce modi volumus egredi milites ^ quorum habitus , serma vultus, iJicessus doctri/na virtutum sit. {Epist. ad Rustic.)

155. — Quatrième avertissement. Si le directeur s'aperçoit que certains de ses pénitents s'affectionnent pour la belle vertu de modestie et manifestent le désir de l'acquérir il leur proposera comme le moyen peut-être le plus efficace, l'examen particulier dont nous parlons dans le traité précédent, il les instruira sur la

manière dont il faut procéder pour extirper siiooe^^ivpment quelque défaut parle moyen de cet examen. Quand un L^(;néral d'armée veut couquérir un royaume il ne livre pas bniaille sur tous les points à la fois, et il ne prétend pa= d'un seul coup s'emparer de toutes les places, mais il assièpfe d'abord une cité, puis une autre, et par ces triomphes successifs il étend peu à peu sa domination sur tontes les parties de ce royaume. iJi' même, cpiand on veut placer sous l'empire de la raison, par la vertu fJe modestie, toutes ses actions extérieures, toutes ses démarches, on déclare d'abord la guerre anx yeux, comme les plus sujets à des imprudences et par l'examen particulier on leur impose des règles. Ou attaque ensuite la langue comme im sens trèsintempérant, et par l'examen on la modère et la réprime. On en use delà même manière pour tous les autres sens, l'un après l'autre et par l'examen particulier on leur impose le frein qui leur est propre. En agissant de la sorte on se rendra facilement maître de tous les sens par des elforts réitérés et successifs, et l'on tiendra sous une règle invariable toutes ses opérations extérieures, afin de paraître aux yeux d'autrui dans un état de décence et de modestie qui en feront l'édification.

-loG. — Cinquième avertissement. Pour ce qui regarde la manière de s'habiller chez les personnes qui veulent marcher dans les voies spirituelles, le directeur aura grand soin de les tenir éloignées autant qu'il sera possible de tout ce qui sent la vanité. Je ne veux pas dire qu'elles doivent quitter leurs premiers habits, parce qu'on ne doit pas faire cela sans en avoir pris conseil, sans le consentement de ses parents, ou sans un espoir bien fondé qu'il leur sera possible de faire concorder leur conduite avec la sainteté du nouvel habit, parce qu'il est arrivé quelquefois, que certaines personnes ont déshonoré par une vie peu régulière le saint habit dont elles s'étaient revêtues trop légèrement et qu'elles ont ensuite quitté. Je veux dire seulement que selon leur état elles doivent s'habiller d'une manière la plus simple et la plus modeste qu'il leur sera possible, parce qu'il y a deux grands obstacles qui anètent les femmes dans le dessein qu'elles ont de se donner à Dieu. Ces obstacles sont la l)eauté du visage dentelles tout un trèsgrand cas, et les parures dont elles aiment à étaler la recherche, nuand ellessont parvenues à faire disparaître ces empêchements, elles se retirent du monde sans dillioulté, comme nous le jtrouve l'expéricuce et s'adonnent à la pratique de la modestie, de la ro-

traite, de l'oraison et de toutes les autres vertus. Serico et pur» pura indutœ, dit saint Gyprien, en parlant des vierges, Christum sincère induere non possimt : auro et margaritis ornatœ, et monUibus, ornamenta mentis et corporis perdant (De habituvirgin. lib. iv). Les dames vêtues de soie et de pourpre, dit le Saint, ne peuvent pas se revêtir parfaitement des livrées de Jésus-Christ, et si elles se parent d'or, de perles et de pierres précieuses, elles perdent tout ce qui ornait leur âme et leur corps. Le saint Docteur avait puisé cette doctrine dans le prince des Apoties saint Pierre qui, s'adressant aux femmes chrétiennes leur détend tout ornement de tète, toute parure d'or et de luxe de vêtements. Quarum non sit extrinsecus capiUaiura, autcircircumdatio auri, aat indamenti vesti mentor tan cultus. (I Eptist. cap. 3, 3). Néanmoins saint Paul leur permet quelque modesle parure, en disant que leur vêtement doit être décemment orné, mais qu'il improuve toute coifi are recherchée de cheveux, toute parure où entrent For et les pierres précieuses, tous vêtements de prix qui tiennent du luxe et du laste. Similiter et mulieresin habituornato, cum verecundia, et sobrietate ornantes se, et non in tortis crinibus, aui auro, aut margaritis, vel veste pretiosa ; sed quod decet mulieres promittentes pietatem per opéra bona. {V, Ad Timoth. cap. 2, 9). Si le directeur est habitué depuis longtemps à conduire des âmes, il aura reconnu par son expérience que les Saints ont eu grandement raison de parler comme ils l'ont fait, et il s'efiorcera d'éloigner ses pénitentes de toutes ces vanités, surtout si elles sont dans les voies de la spiritualité. J'ai parfaitement connu une dame qui avait déjà dit adieu au monde et était déjà entrée dans le chemin de la perfection mais qui , dans une circonstance , s'étant mise en éléuai.te toilette, reprit avec cette parure tout son ancien goût pour les vanités et pour toutes ses anciennes frivolités. Tant est grande rinfluence que la vanité exerce sur les personnes du sexe,

157. — Finalement , si le directeur désire acqueiu- une véritable et juste idée des vêtements que doit porter (.'t Te la conduite que doit tenir dans le monde une femme qui pratique la vie spirituelle , je lui mets sous les yeux ce que dit saint Grégoire de Nazianze : {Adversus mulieres ambitiosius se ornantes) : Malierum ornamentum est morian probitateet elegantia florere; domi ut plarimum manere; colloqidum CU771 divinis oraculis habere ; fmo et lanœojjeram dare; ancillis T. n. 9

opéra manâare ; scrvos vitare; oculis , labiis, genis, vinculum injicere; pedem limine non fréquenter e /ferre ; pudicis quidem omnibus mulieribus delectari. La parure et la grâce d'une femme, dit le Saint, doivent consister dans la régularité et la bonne conduite ; dans l'assiduité à rester dans l'intérieur de sa maisovi ; à s'entretenir souvent avec Dieu par l'oraison ; à s'occuper des travaux de laine et de lin; à surveiller le ménage et à donner des ordres à ses servantes ; à luir toute lamiliarité avec les serviteurs; à réprimer la liberté de ses regards, l'intempérance de sa langue, et les mouvements de sa physionomie, toutes choses qui n'étant pas retenues dans de justes bornes finissent par imposer de vaines exigences ; à ne pas sortù- souvent de sa maison, mais s'entretenir dans l'intérieur de sa demeure avec d'autres femmes honnêtes et d'une bonne réputation. Toute lemme qui se tracera une telle règle de conduite et se montrera exacte à la suivre, marchera en toute sûreté dans le chemin de la perlection.

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