Celui qui se met à considérer un tableau peint par un
excellent artiste, jette d'abord un coup d'œil général sur cette œuvre et ses yeux en sont satisfaits, puis il se procure un plaisir plus grand encore en contemplant la perfection de toutes les parties, les grâces du visage, l'attitude du corps, la position des meuibres, l'harmonie des vêtements et des draperies, le naturel des gesies , et l'habile disposition des ombres qui font ressortir
to!is les traits. C'est niii-^i ipic nous proei^dons, car après -avoir jeto un coup d'œW tri'usfnihh^ , dans lo clia[>itn3 précàil(!iil, sur ce qiit' nous nous pcfuicttrons d'appeler le porlrait de la force, nous voulons maintenant examiner les degrés de perfection qui en tout l'ornement comme partie intégrante de ce beau portrait, non ^as luiiqueinent pour le plaisir de le contempler, mais à cause du profit spirituel qui peut nous en revenir.
9iK — Le premier degré de perfection de cette vertu est la mortification de toutes les passions, une victoire complète sur tous les vices, une aversion profonde [mur les plaisirs, une pratique terme et constante d(^ toutes les vertus. C'est ce que nous dit Lactance qui, après avoir fait le récit des travaux d'Hercule, ajoute : Opéra sioit isia foi lis viri, hominis tanien. fila enim qvœ vieil, fraf/ilia, et niorla/ia fuenmt. JSulla enim tanta vis , ut ait orator quœ non fer.o debititari , jranyique possit. At ànimum vincere , iraciindiam cohi'/ere, forlissimi est , qiiœille nec Itcit unquam , nec poluit. Hœc qui faeit, non fnodo ego eum suwmis viris coinparo , sed similliinum Deojudico. [Cicer. pro Marcello). Vellem adjecisset de libidine, laxuria, cupiditate, insolentia, ut virtutem ejus impleret , quetn similein Deojudicabat. I\ofi enim forlior judicandus est qui leonem, quum qui vich lenlam in se inclusam ferum saperai irucundiain : aut qui rapaeissi?nas volucres dejicit , quum qui cupiditates avidissimas coercel : aut qui arnazonem bellatricem , quam qui libidinem vincit , pudoris et famce debeliatricem. {Lib. i. de Instit. cap. 9). Les travaux d'Hercule, dit ce grave auteur, furent des actes de force , mais ce ne furent pourtant que des actes d'un simple mortel. Car tuer les hydres, étouffer les lions , vaincre les Amazones, crever les yeux des oiseaux de proie qui ravageaient TArcadie et tout ce qu'Hercule exécuta de plus difficile, ne fut que l'œuvre d'un homme fragile et semblable aux autres mortels. On ne doit pas en faire un très-grand cas, puisqu'il n'est rien, comme dit Cicéron , dont on ne puisse triompher par le fer. Mais se vaincre soi-même , réprimer sa colère (ce qu'Hercule ne fit pas), c'est le propre uniquement d'un homme doué de la vertu de force. Celui qui fait de si belles choses , je ne le compare pas aux hommes les plus dignes d'éloges , mais je le tiens comme très-semblable à Dieu. Lactance ajoute que l'orateur romain devait adjoindre aux qualités de cet homme qu'il met en parallèle avec Dieu , la victoire sur les voluptés , la lu-