‹ Guide ascétiqueChapitre 21 sur 89 · T. III. S · texte numérisé non relu

T. III. S

pérance, et de l'autre côté, s'Uarmonisera avec plusieurs autref vertus.

147. — Il appartient principalement à cette vertu de régler «e que j'ai dit dans le lieu précité du second traité, c'est-à-dire ^e qui concerne le boire et le manger, en ce que l'on doit moins chercher le plaisir qui en résulte , que le besoin de conserver son existence et de maintenir en bon état la santé et les forces pour les consacrer au service de Dieu, et puis encore à garder les convenances propres à son état et à sa position dans le monde. Ce sont là des fins honnêtes , telles que les prescrit le Docteur angélique, et avant lui, saint Augustin dont voici les pèr«l^ : HàS^t fJ^ tewperans in t^us hujus vitee rêgftzlam utroque testamento firniatam, ut eorum nihil diligat, nihil per se appetendum putel, sed. ad vitœ hujus, aique o/ficioru7n necestitaiem, quantum salis est usurpet, iiteniis modestia, non aman' Us affectu. {De moriOus eccles. cap. 21). Telle est, dit ce grand Docteur, la règle que doit observei l'homme tempérant^ et qui est établie dans l'un et l'autre testament, sur l'usage qu'on doit faire des choses agréables de la vie ; c'est que l'homme ne doit pas les désirer pour elles-mêmes et pour le plaisir qu'elles peuvent nous procurer, mais seulement parce qu'elles sont nécessaires à l'existence et aux forces dont on a besoin pour remplir les obligations de son état, sans y attacher son afiection, mais en n'en usant qu'avec modération. Si l'on n'observe pas ces règles si sages , il est certain qu'on péchera contre la tempérance.

148. — Il appartient encore à la tempérance , ainsi qu'il a été dit, de modérer et de contenir bîs plaisirs des sens en ce qui touche les délectations de la chair. Mais comme je ne juge pas à propos de remuer cette impure fange [questo fango), en entrant dans des explications détaillées, je dirai en peu de mots, que chez les personnes qui ne sont pas engagées dans les liens du mariage, toute délectation ou complaisance dans ce genre est mortelle. Ce vice n'a pas de matière légère, comme en ont des péchés d'un autre genre. Il n'existe point pour Lï corps de poison aussi mortel que lest pour l'àme ce plaisir contraire à la chasteté. Il n'en faut qu'une goutte pour donner la mort à l'âme et la conduire à sa perte éternelle. On doit donc user de la plus minutieuse précaution en cette matière, et il n'est riea ipi mérite mieux d'éveil 1er les appréheusious d'une âme déli-

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eato que co qui a du r;ii>i>oii à ois délcctalions. Les personnes mariées ont donc d'abord à observer les règles que nous avons tracées, on ce qui concenio l'usage dos aliments, et puis elles doivent bien se garder de s'écarter de la décence , en ce qui regarde la substance même de l'acte, la manière, le temps, la rectitude de la fin qu'on se propose et les intentions.

4 19. — Pour ce qui est de la modéiation dont il faut user dans les délectations de la vue, de l'odorat et de l'ouïe, se rapportant toutes à la verlu do tempérance, je ne m'en occupe pas ici, puisque jo me suis longuement étendu sur tout cela dans le deuxième traité. Le lecteur doit en passant me permettre de lui rappeler qu'il doit user de beaucoup de vii^ilance sur luimême pour ce qui concerne l'ouïe , les regards portés sur des objets vicieux ou dangereux, qui pourraient mettre obstacle à quelque bien moral, et de ne pas rechercher dans l'usage de ces sens le plaisir sensible et matériel qui en est le résultat, mais de s'en servir uniquement pour une fin homicte.

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