‹ Guide ascétiqueChapitre 26 sur 89 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ON Y TKAITE DES AUTRES ACTES DE CULTE QUI APPARTII- \\E1\T A LA VERTU DE RELIGION, ET SPÉCLALEMENT DU SACRIFICE QUI EST UN DES PLUS IMPORTANTS DE CES ACTES.

482. — Il est tellement certain que parmi les actes du. culte rendu à Dieu, l'un des plus éminents est le sacrifice, que quand même Dieu n'en aurait pas fait un précepte, la seule iuiitulsion de notre nature raisonnable nous forcerait de le mettre en pratique. En effet, la raison naturelle nous dit que l'on doit reconnaitre par quelque offrande sensible le Créateur de toutes choses ainsi que le font les vassaux qui reconnaissent par quelque tribut payé à leur Seigneur ou à leur prince la suprême autorité qu'il exerce sur eux. C'est pourquoi nous voyons que non seulement les Israélites et les chrétiens, sous l'une et l'autre loi, ont constamment offert des sacrifices au véritable Dieu, mais qu'il en a été de même chez les nations les plus barbares à l'honneur de ces absurdes divinités que leur intelligence abusée prenait pour de véritables dieux. Ex naturali ratione procedit, dit saint Thomas (2. 2. quœst 85. art. \), quod liomo qidbmdam scnsibilibus rébus utatur, offerens cas Deo in signum débit œ subjrctionis et honoris ; secundum similitudinem conim , qui dominis suis aliqua offerunt in recoynitionem dominii. Ensuite le saint Doc-

leur explique en quoi consiste l'esscnre de ce sacrifice qui est si stiictoment dû à la souveraine majesté du Très-Haut. Voiri sfs paroles : Dicendum , quod sacrificin proj)rie dicuntur , quando circa ira Dca ubtatas a/iquid ftf ; quod animalia occidebuntur et comburebantur ; quod panis Jraïu/itur , comedilur , el benediclfur, et hoc ipsum nomen sonat, nam sacrificia dicuntur ex hoc, quod homo facit aliquid sacru?)i. {Ibid. art. 3. ad 3). De là on conclut que le sacrifice n'est autre chose qu'une oûrande laite à Dieu de quelque ob'et sensible en reconnaissance de son excellence infinie qui nous le lait considérer comme notre premier principe et notre dernière fin , avec l'intervention cependant d'un acte lait sur la chose qui est l'objet de l'offrande.

183. — J'ai dit que dans le sacrifice l'offrande doit être sensible, puisqu'elle doit être un signe de notre assujettissement au domaine souverain du Créateur; j'ai dit aussi que la chose offerte doit subir quelque changement , puisque le terme de sacrifice dérive de cet acte qu'on opère sur l'oflirande, et c'est ce que faisaient les Hébiecrx qui, eu oITraut des victimes^ les égorgeaient ou les consumaient par le feu. C'est ce que lout aussi les prêtres du Christianisme qui prononcent des oraisons sacrées sur l'hostie et sur le calice où se trouve la victime qui s'offre à Dieu son père. Ce ne serait pas laire un sacrifice à Dieu que de lui offrir du pain et du vin en le lui présentant sur l'autel , parce qu'il manquerait à cette action une des conditions qui en iont un vrai sacrifice. Et ici on doit remarquer que le choix de la victime n'est pas laissé à notre arbitre pas plus que le rite dont on doit user pour l'ofTrir, mais c'est la loi hturgique seule qui doit régler tout ce qui s'y rapporte, et les ministres n'ont qu a l'exécuter. C'est ainsi que Dieu l'ordonna dans l'ancienne loi et notre divin Rédempteur dans la loi nouvelle.

184. — J'ai dit que l'offrande devait être faite en reconnaissance du souverain domaine de Dieu sur les créatures , vu que le sacrifice extérieur , comme dit saint Thomas , n'a Heu que pour signifier le sacrifice interne par lequel l'âme fait d'ellemême à son Dieu un holocauste : Significat sacrificium , quod offertur exterius , interius spirituale sacrificium , quo anima se ipsam offert Deo. {Ibid. art. 2). C'est ce que Dieu voulut apprendre aux Hébreux par la bouche du prophète David dans le texte précité, quand il leur dit que les bœufs, les veaux, les béliers, qu'on lui immolait sur les autels, appartenaient à Dieu, et que au

lieu de ces animaux ils eussent à offrir à sa divinité un sacrifice ^e louanges et de pieuses affections parties du fond de leur cœur. JUeœ sunt ferœ sylvanim, jumenta in montibus, et boves, etc. Immola Deo sacrificium taudis, et redde altissimo vota tua.

185. — De ce qui vient d'être dit, il laut tirer cette conclusiou, que le sacrifice ne saurait être célébré à l'honneur des Saints, mais seulement qu'il doit Tètre à l'honneur de Dieu; parce que les Saints ne sont pas siisceptibles de l'honneur qui résulte du sacrifice, puisqu'il consiste dans une reconnaissance du souverain domaine de Dieu comme étant le premier principe d'où nous tirons notre origine et qui est notre lin dernière en qui réside toute notre félici lé ; en outre, parce quele sacrifice est un hommage de notre dépendance envers lui par le moyeu d'un acte sacré qui en estrex^irossion; or très certainement cela ne peut convenir à d'autres qu'à Dieu , puisqu'il s'agit d'un témoignage de notre intériorité vis-à-vis du Créateur. Néanmoins , dit saint Augustin , nous voyons pratiquer ces actes à l'égard des monarques de la tm-rc auxijuels on ofire {si off'erisce) quelque honneur particulier qu'on ne pourrait déférer à tout autre sans se rendre coupable du crime de lèse-majesté. Hoe enim videmus in omni repiiblica observari, quod summum, rectorem aliquo signo singulari honcrant, quod si cuicumque alteri defcrretur, esset crimen lœsœ majestatis. {De civii-Dei lib. iO. eap. 19). Nous pouvons aussi ofïrir dos sacrifices à l'honneur de Dieu pour rendre un culte de dulie aux saints et pour reniercier Dieu de la gloire dont il a daigné les couronner, soit pour implorer leurs sufiFrages, soit pour obtenir quelque grâce par leur intercession, puisque les Saints se réjouissent beaucou[i de nous voir en union avec eux pour remercier le Seigneur de l'immense félicité dont ils ont été gratifiés, et surtout quand nous le faisons par le moyen d'une action aussi sainte qui prouve au Seigneur une grande gloire et lui est si particulièrement agréable. C'est ce qui fait que les Saints s'empressent de nous accorder leur protection et d'intercéder pour nous afin que nous obtenions les grâces qui sont l'objet de nos supplications. Ce que nous avons dit du sacrifice peut encore s'ap[>liquor à la Cûu-éi'ration des églisi'S et des autels qui, pour la même raison, sont dédiés à Dieu en mémoire des Saints martyrs, comme nous le dit le même saint Augustin. Nulli marlyrum sed ipsi Deo mai tyrum sacrificamus, quamvis in memorias mariyrvm consti'

tna)nus nltnria. [Contra Fansiam tiu. m. rc//;. -21). Los Snints, dans les dt^tlicaoï's, ue fi!;'urent que par le titre sous Ituiurl les éylist's sont con^aprécs et qui sont poiu- eux un sujet d'allégresse, eomuae nous venons de le dire

(A'. B. Le lecteur français romaniuera la diiït'rcnce qui existe nitre les expressions : olhir a l'Iioiawur et oll'rir en l'honneur. Nous otlrons le saerilioe à l'honneur île Dieu, et nous pouvons Ijuleinent l'oflViren rhonfieurdes Saints. Cette nuance est d'une grande importance, comme on peut le voir, d'après ce que l'auteur vient de nous dire dans le n" 185).

18G. — Ou peut encore en déduire celte vérité capitale , que nos sacritices remportent de beaucouj) sur ceux de rancienue loi, puisque nous nouions plus des bœuls, des génisses et de vils agneaux^ mais bien uniquement le Fils de Dieu même, qui est la victime immolée et en même temps le sacrificateur luimême: c'est ce qui fait que Dieu en retire un honneur infini, proportionné à sa grandeur infinie, liieti mieux, tout le prix des sacrifices sanglants des Hébreux était dû à notre sacrifice non sanglant, dr)nt ils n'étaient que le symbole Ainsi, entre les anciens sacrifices et celui de la loi nouvelle, exisle cetLe diiléreuce qui existe entre ce qu. es' figuré et ce qui le figure, entre le corps et son ombre, entre le prototype ou modèle et ce qui n'en est que l'image.

187. — Samt Jean Glirysostôme faisant des réflexions sur cela, dit éloquemmeut : A quel rang placerons-nous le prèuy qui a reçu l'insigne pouvoir de célébrer un sacrifice si saint et si redoutable? Devrons-nous le laisser conibndu parmi les autres hommes, ou lui donnerons-nous une place dans les chœurs angéliques? Considérez quelle devra être rintégrilé de sa vie, sa piété, sa pureté, la sainteté de son àme? Songeons ù ce que doivent être ces mams, qui touchent des objets divins, quelle doit être cette langue, qui profère clés paroles sisaiule^? Cuin sacerdos spiritum sanctuin invocaverit, sacrificianiqua illud horroieet reverentia plenissimui/i. effc-cerlt , coinrnnin oulniu/n Domino mambus assidue pertraclato, qucero ex te , quulo illuni in ordine coilocabimus? Quantum autem ah illo integritatem exigemus? Quantam reliyionem? CoJisidera enim q'uales manus illa administrantes esse oporteat? Qua denique re non furiorem, sanclioremgue esse conveniat animam, quœ tantum

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il'>/7n tamqiie divinum spirUum recepei U? [De Sacerdot. lib. vi). 11 e.-t certain que les serviteurs do Dieu, qui compreunent bien à quel point est divine l'action de " .' t? • n ud sacrifice , n'osent pas s'en approcher sans une grande pureté de conscience et sans un profond recueillement, uni à une vive ferveur. Saint François de Borgia , avant la messe qu'il célébrait chaque jour, s'entretenait avec Dieu pendant plusieurs heures d'oraison, examinant sa conscience pour la purifier dp toute souillure , et puis après avoir commencé le saint Sacrifice, il en accompagnait les saintes paroles d'un déluge de douces larmes. (P. Bib. in vita lib. iv, cap. 4, num. 14). Saint François Xavier versait aussi d'abondantes larmes durant le saint Sacrifice, et son visage, ainsi que son sein, en était inondé , et les ardeurs de sa charité s'enflammaient tellement pendant cette action sacrée, qu'il était un obiet d'admiration et d'excitation à la piété pour tous ceux qui en étaient témoins. {Turhell. m vila lib. v, cap. 5). Le vénérable Bède raconte que saint Guthberi; ne pouvait jamais célébrer la messe sans verser des larmes abondantes. L'histoire nous apprend la même chose sur plusieurs autres saints. On lit en outre, au sujet du cardinal Osius, que le iour qui précédait celui où il devait célébrer, il purifiait touiours son âme par un jeune rigoureux, en ne prenant que trois bouchées de pain pour toute nourriture, et que, dès le matin de cp jour, il se préparait par plusieurs heures d'oraison, pendant sinielles, mettant de côté toute autre espèce d'afïaires, quelque pressantes qu'elles fussent, il n'entendait le rapport d'aucune. {Sian. Rescius in vita lib. m, cap. 16). Toute personne qui lira ces divers traits, si elle est élevée au rang sublime du sacerdoce, pourra comprendre par ces exemples éclatants quelle doit étie la pureté de ses mœurs, la sainteté de sa vie, et avec quelle ferveur spirituelle on doit mouler au saint autel pour y remplir une fonction si redoutable, qui remplit d'une religieuse horreur les Séraphins eux-mêmes.

188. — Si le lecteur est homme du monde, il devra comprendre quels doivent être la modestie, le recueillement et le j-espect dont il doit être rempli en assistant à un si grand sa» 3rifice. Saint Jean Chrysostôme propose aux simples fidèle! /"exemple des courtisans, qui, en se tenant en la présence de leur prince, ont soin de garder une attitude de respect aussft profond qu'il leur est possible, afin de lui prouver leur soumi»»

•iou et de se concilier sa bienveillance. Assisfit aliquis terreno régi , omyiibimjiie modis molitur, ut quam plurimam ertja iliinn reveirntiam exhibent, quo per hocmajorem illius erqa se conciliet beiievolentiam. A cet eÛet, conlinne le saint Doctenr, les courtisans s'eflorcent de témoigner leur respect, non-seulement par la modestie de leur visage, mais encore par celle de leur voix, par les gestes de leurs mains, jtarleiir manière de se tenir debout, par l'atlilude et tous les mouvements de leur corps. Cujus gratia non solum specie capitis, verum etiam in ipsa voce , ipsa manuupi compositione , ipsa pedum covjunctione , todiisque corporis coniraciione talent reverentiam conanlur ostendere. Il conclut en disant que nous devons assister 'le cette manière au saint sacrifice des autels, en la présence de la Majesté diAnne, l'y voir réellement présent avec les yeux de la foi, saisis de crainte et de Irayeur, pour lui rendre nos hommages et lui payer un tribut de gloire. Sic oportet nos assistere , talent Deo glorificalionem ofjerentes, metuentes, ne t rementes , ac tanquam illum ipsunt mentis oculis intuentcs. {In Isaiam, homil. 1).

189. — C'est ainsi que se conduisit ce grand chancelier, cet illustre martyr d'Angleterre, Thomas Morus. \\ savait, d'après le respect qu'il portait lui-même à son roi loi'squ'il était en sa présence, qu'il en devait encore un bien plus grand à son Dieu, lorsqu'd assistait au sacrifice de nos saints autels. C'est avec un respect aussi protond, qu'il assistait tous les jours à la messe où s'immole à JDieu son père, i Agneau immaculé. Un jour, pendant qu'il entendait la messe, il xui appelé à l'audience du roi, qui désirait s'entretenir avec lui d'atlaires très -importantes. En recevant un tel avis, tout autre courtisan aurait tourné le dos à l'autel et aurait volé auprès de son souverain. Mais Morus ne se dérangea pas. Arrive un second messager, mais le chancelier reste constamment devant l'autel. Une troisième lois arrivent d'autres messsagers qui le pressent de laisser là le saint sacrifice , et de se rendre dans l'appartement où le roi l'attend. Thomas répondit à ceux-ci : Dites au roi que je fais ma cour en ce moment à un Maître plus grand que lui, et que je dois commencer par accomplir cet acte d'hommage et de respect envers cette majesté : Respondit se obsequium prCB' stare, et perficere opus prius oportere. {Stnpleton in vifn, cnp. 6). Toute persoime qu'anime mie foi vive pour les divins mystères, T. m. M

comme en était rempli cet illustre chancelier, ùoit montrer pour le sacrifice de nos autels un pareil sentiment de considération, et quand on y assiste, on doit, à l'exemple de ce saint personnage, témoigner le plus profond respect pour cet auguste sacrifice , en s'y tenant dans l'attitude la plus modeste et la plus recueillie à l'extérieur, ainsi qu'en se laissant pénétrer intérieurement de la piété la plus tendre et la plus sincère.

d90. — Jusqu'à ce moment nous avons parlé de sacrifices qui portent rigoureusement ce nom, parce qu'il? en contiennent l'essence. Mais il y a encore d'autres actes saints . qui, ne pouvant à la vérité s'appeler strictement des sacrifices, parlicipnit néanmoins à leur nature, s'ils «ont pratiqués par un motif d'immolation qui leur soit propre. C'est le sentiment de saint Thomas (2, 2. Qu. 85, art 3, in corp). En efiet, tout acte de vertu que l'on fait par le motil d'une autre vertu, rentre dans l'espèce de celle-ci et acquiert une beauté nouvelle, qui le rend digne d'une plus haute estime. C'est ainsi que la récitation des psaumes où l'on paye un tribut de louanges à Dieu , ou bien celle d'autres prières est une espèce de sacrifice. En efiet, le Prophète royal nomme cette aclion un sacrifice de louange, sacrificium laudis , soit qu'on y vaque à voix basse dans sa ■chambre et en particulier, soit à haute voix , par un chant alternatii dans les assemblées religieuses , porce que dans le temps qu'on profère d'une manière orale les divines louanges , on élève son cœur à Dieu et l'on s'unit aux concerts des anges qui louent en même temps le Seigneur^ C'est ainsi que, mortifier son corps en laisant comme une viclime en riiomieur du Très-Haut, c'est (aire un acte de sacrifice , et c'est ce que nous dit l'Apôtre saint Paul : Exhibealis corpora veslra hostiam viventem. {ad Roman. 12, 1). Distribuer des aumônes et «n faire à Dieu une oûrande avec l'intention de lui rendre hominage par cet acte de bienfaisance, c'est encore un sacrifice, et le même Apôtre nous l'apprend : beneficentiœ et communionis nolite oblivisci , talibus enim hostiis promeretur Deus. {Ad Uebrœos, 13, 16). Ainsi saint Augustin donne le nom de sacrifice non-seulement à la mortification corporelle, par le moyen d'une sévère tempérance et d'autres macérations, conformément à ce que dit l'Apôtre, mais encore à l'abandon du monde pour se consacrera Dieu, pourvu que de telles ofîrandes soient l'ailes par un motif de la gloire et de l'honneur de Dieu. Ipse

— in —

homo Dei nonini coiisfcrdliis, r/ Drodcrotits, in quantum mundo

morifi/r, ut Dca virât sacri/iciu,» fst Corpus 7iostru>n. cum

pcr tiiDpenwtiam castiyamus, si hoc quetnciflmodum d/'bcmus, propter Deuv> fucitmis, sacrificiwn est. Ad quod exhortator a/iostolus ait: Obsrcro itaquc vos, fratres, ncr miscricordiam Dei, ut exhibcatis corpora vestra hostiam viventem , sanctam, Deo placentem, rationabilc obsequivm vestrvm , si ergo corims incrifîcium est, qitanto mngis anima cum se refert ad Di'um, fit sacrificium. (Decivit. Dei , lib, \, cap. 16). Le lecteur doit donc, voir qu'en acquérant la vertu de religion et en la pratiquant habituellement, il peut revêtir tontes ses vertus d'un nouveau Inetre, peut rendre à Dieu plus de gloire et s'enrichir lui-même de plus grands mérites.

191 . — Le vœu est un acte de cuite. On ne peut en douter, car Isaïe l'a dit : Cotent eumiJi hostiis, et muneribus , et vota vovebunt Domino, et sotrrnf. {Isaiœ 19, 21). Us rendront un culte à Diui. dit le Piophèle, oar des oblalions, des victimes et des vœuy, et ils les accompliront. Et la raison en est que le vœu est une promesse iaite à Dieu , d'accomplir une chose qui lui est agréabli", c'est-à-dire une chose qui l'honore. iNlais pour que le vœu rende honneur à Dieu, il doit s'unir avec la fidélité à maintenir h» lU'Oinesse qu'on a laite. C'rst ce que nous dit le prophète David : Vovete, et reddife Diinino Deovestro. [Psalm. 75, 12). Autrement, au lieu de rendre gloire à Dieu, ce serait lui faire outrage.

192. — 11 est un autre acte de culte, c'est le serment. En efiet, quand on appelle Dieu en témoignage de quelque vérité, on honore sa sagesse infinie, sa souveraine véracité, qui lait qu'il ne peut ni nous tromper, ni se tromper. Les canons anciens voulaient qu'on portât au serment le même respect qu'au très-saint sacrement, et comme celui-ci ne se donne que quand 3n est à jeun pour honorer la sainte humanité du divm Rédempteur, ces canons ordonnaient que le serment se fit aussi à ieun, par respect pour Dieu qui est la vérité éternelle. Mais afin que le serment rende honneur à Dieu, on doit le l'aire pour des choses graves , vraies, ncites et honnêtes. Prendre Dieu à témoin pour des choses fausses , pour des choses qui ne sont pas exemptes de péché, ce ue serait pas honorer Dieu, mais le déshonorer et l'outrager. Prendre Dieu à témoin i)our des choses vraies, mais d'une faible importance, ce serait ne pas

avoir pour lui le profond .espect que mérite sa grandeur infinie.

493. — Il y a encore beaucoup d'autres actes de culte, comme par exemple , les génuflexions, les prosternements du corps, les inclinations de la tète. Ou fait des actes de ce genre en se découvrant le iront, en joignant les mains, en se frappant la poitrine, en baissant les yeux à terre, en les élevant vers le ciel, en se tenant les bras en croix, en se couchant le front contre terre, en adorant la croix, en vénérant les images ou les reliques , en les portant sur soi , avec une pieuse décence. On peut encore donner le nom d'actes de culte, au soin d'orner les temples ou de les bâtir, de les décorer de marbres et de peintures, de parer les autels, de les enrichir d'or ou d'argent. Les cérémonies ecclésiastiques sont aussi des actes de culte, de même que se revêtir des ornements sacrés, porter les saints vases, psalmodier, chanter de pieux cantiques. On peut encore y classer les pèlerinages, les encensements, les processions, et en général tout ce qui peut contribuer à prouver notre dépendance et nos hommages à l'égard de Dieu, comme étant notre Créateur et notre éternelle béatitude.

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